Prise en main du Robot Phone de Honor : tout est dans la tête !
Depuis près d’un an, Honor montre parcimonieusement son Robot Phone. Après l’avoir vu fonctionner en vrai à Barcelone, nous avons enfin eu l’occasion de le prendre en main. Fait-il de bonnes photos ? Comment fonctionne sa caméra ? Et à part ce bras motorisé, ce téléphone est-il premium ? Voici nos impressions.
Certaines innovations technologiques ne se voient pas forcément. Un objectif photo à ouverture variable. Une batterie à la densité énergétique élevée. Un écran qui retient la lumière bleue sans impacter la couleur. Un modem qui se connecte plus vite à un réseau. Un matériau qui dissipe davantage de chaleur. Etc. Et, plus rares, il y a des innovations qui se voient.
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En 2026, trois nous ont marqués. D’abord, le circuit avec liquide de refroidissement du RedMagic 11 Pro. Un effet visuel incroyable. Et une hausse significative de la stabilité des performances. Ensuite, le format 4/3 du Samsung Galaxy Z Fold 8. Lors de notre prise en main, nous avons tout de suite constaté l’impact de l’écran de ce téléphone pliable sur l’usage multimédia, notamment la lecture, la consultation de site Web ou le visionnage de film. Et la troisième est le Robot Phone de Honor.
Le Robot Phone n’est pas un étrange concept, mais une réalité
Le Robot Phone, c’est ce téléphone étrange avec un bras motorisé qui regarde et analyse ce qui l’entoure. Il y a un an, Honor dévoilait cet étrange produit mettant en avant sa capacité à utiliser l’IA. Une présentation énigmatique suivie de nombreux teasers. Et en mars 2026, lors du Mobile World Congress, nous l’avons vu pour la première fois « en chair et en os » (ou plus précisément en verre et en métal). Une rencontre qui nous a laissé de bonnes impressions, même si la frustration était immense.
Et ce n’est pas tout. Le 13 aout dernier, Honor a annoncé que le Robot Phone serait bien commercialisé, mais uniquement en Chine, information confirmée par la filiale française de la marque. Cela n’a pas manqué de nourrir notre frustration. Heureusement, tout n’est pas perdu, puisque Honor envisagerait de déployer la prochaine génération de son Robot Phone à l’international, notamment en Europe. Une seconde mouture qui ne pourra être que meilleure, que ce soit au niveau technique qu’ergonomique.
Et en attendant la venue de ce futur fleuron, dont nous préférons ignorer le tarif potentiel, Honor nous a donné l’opportunité d’essayer cette première génération de Robot Phone qui en servira de base. Nous avons donc pu éprouver le moteur qui sert à animer le bras articulé au bout duquel se trouve le capteur principal. Nous avons pu évaluer le poids du système et son équilibre. Et surtout, nous avons pu nous rendre compte si le Robot Phone est utilisable au quotidien.
Le Robot Phone a un gros corps, mais un petit écran
Et le premier contact est globalement bon. Les matériaux sont premium, les finitions léchées (mention spéciale pour les tranches texturées) et l’équilibre du téléphone, quand le bras est rangé, est bien optimisé. Le smartphone n’est pas très léger, avec ces 248 grammes. Mais, face à un iPhone 17 Pro Max, par exemple, ce petit surplus ne se ressent pas. Notez que cette prise en main était assez courte : nous ne savons donc pas si les 248 grammes deviennent gênants au bout d’une journée complète.
Si le poids du téléphone n’est pas un problème, son épaisseur l’est un peu plus. Il mesure 9,6 mm d’épaisseur, sans compter la protubérance du module photo. Regardez l’espace au-dessus et en dessous du port USB-C : c’est assez large. Si la préhension, améliorée par une largeur contenue (73 mm), est meilleure qu’attendu, la manipulation n’est pas toujours très aisée. L’épaisseur supplémentaire bloque parfois le pouce pour atteindre certains endroits de l’écran. Et ce même si cette dalle n’est pas très grande : 6,31 pouces seulement.
L’écran est d’ailleurs l’une des forces de ce produit : une dalle AMOLED LTPO 120 Hz dont la définition est 2K pour une résolution ultrafine de 464 pixels par pouce. C’est parfait. L’écran est protégé par du verre minéral « Giant Rhino », comme la version chinoise du Magic 8 Pro. Et il profite d’un antireflet qui, lui, n’est pas si efficace. À l’arrière aussi, vous retrouvez du verre minéral, sous le module photo. Il est nervuré et très agréable au toucher.
Le Robot Phone est un gros bébé bien articulé
Parlons aussi du bras motorisé, dont le châssis est en titane. Il déséquilibre assez peu le téléphone quand il est déplié. Mais ses mouvements sont fluides, sans aucune saccade gênante, même quand la caméra regarde librement son environnement. Le gimbal, qui sert de stabilisateur omnidirectionnel, est efficace. Pour déployer le bras, il suffit d’ouvrir manuellement la trappe du bras articulé et d’appuyer sur l’icône sous le déclencheur virtuel de l’application Appareil Photo. Pour le ranger, on fait l’inverse. C’est facile.
La procédure de déploiement et de rangement du bras motorisé peut sembler archaïque, puisqu’elle demande à l’utilisateur d’ouvrir et fermer la trappe manuellement. Mais elle est logique du point de vue de la sécurité du mécanisme. Et parce que cette trappe existe, le smartphone n’est pas étanche : il est simplement protégé contre la poussière grossière et les éclaboussures d’eau (IP54).
L’utilisation est relativement simple, que ce soit pour prendre des photos ou des vidéos, en mode standard ou en mode selfie. Les travellings pour le suivi de mouvement sont également fluides. Un petit joystick virtuel permet de contrôler l’orientation, même si le suivi du sujet est évidemment possible. Et les possibilités pour les créateurs de contenu sont multiples. Quand il est rangé, le capteur photo au bout du bras articulé est le module principal du téléphone. C’est un capteur 200 MP très grand (1/1,28 pouce) avec un stabilisateur intégré (en plus du gimbal) et un objectif ouvrant très grand (f/1.6).

La fiche technique du Robot Phone est résolument premium
À droite du bras articulé, vous pouvez voir deux autres capteurs (téléobjectif 200 MP avec zoom optique 2,7x et ultra grand-angle 50 MP avec angle de vue de 122°, tous deux avec autofocus à détection de phase). Dans ce module, vous retrouvez aussi un autofocus laser et un capteur colorimétrique, comme dans le Magic 8 Pro. En plus, vous disposez d’un capteur selfie de 50 MP. Ce dernier est-il vraiment utile quand vous disposez d’un bras motorisé ? Ça se discute. Sur la tranche de droite, vous avez un déclencheur photo qui cache une surface tactile pour zoomer. Ce n’est pas inédit, mais c’est pratique.
Nous n’avons que très peu évoqué la fiche technique dans cette prise en main. Et pourtant, elle n’est pas inintéressante. Loin de là. Elle est en grande partie basée sur celle du très bon Magic 8 Pro. Snapdragon 8 Elite Gen 5 avec 12 ou 16 Go de RAM et 512 Go ou 1 To de stockage. Batterie 7060 mAh, ce qui peut paraitre peut compte tenu de l’épaisseur du téléphone. Mais le bras articulé prend une place folle. Charge rapide 120 watts en filaire et 50 watts sans fil. Lecteur d’empreinte digitale sous l’écran. Bluetooth 6.0 et WiFi 7. Haut-parleur stéréo. USB 3.2 compatible DisplayPort. On est dans le haut du panier.
Nous n’avons pas effectué de test technique sur ce téléphone, que ce soit sur les performances et l’autonomie. D’abord parce que nous avons manqué de temps pour le faire. Ensuite, et surtout, parce que nous ne trouvons pas cela pertinent : si un futur Robot Phone doit arriver en Europe, il bénéficiera d’une autre plate-forme. Et les performances seront donc meilleures. En revanche, nous avons trouvé cette prise en main très intéressante à faire, car elle préfigure de ce dont nous bénéficierons dans un futur proche. Et ce futur… a le cou bien articulé !










