Un an après le Honor 400, voici son remplaçant. Il s’appelle Honor 600. Et il veut se démarquer de son prédécesseur par une plus grande batterie et un design plus actuel et mieux protégé contre l’eau. Mais l’expérience a-t-elle changé ? Est-elle suffisamment meilleure pour contrebalancer la hausse tarifaire subie ? Réponse dans ce test complet.
Il y a un an, nous avons testé le Honor 400. Le téléphone n’est pas mauvais. Au contraire, il est très correct. À moins de 500 euros (prix public conseillé au lancement), il profitait d’une fiche technique plutôt équilibrée avec plusieurs améliorations par rapport à son prédécesseur : le module photo 200 MP, le design certifié IP68 et l’écran mieux calibré. En revanche, nous y avons vu quelques défauts. Notamment l’abandon du téléobjectif, ainsi que la stagnation sur la batterie et le processeur.
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Un an plus tard, Honor remet le couvert. La marque chinoise propose le Honor 600, nouveau smartphone milieu de gamme qui prend le relais du Honor 400. Nous avons publié mi-avril un article sur la fiche technique du téléphone et sur son nouveau design. Et nous remarquions déjà que les nouveautés n’étaient pas nombreuses. Et parmi les changements, il s’agit souvent de « mises à jour ». Quand nous avons publié cet article, nous ne connaissions pas encore le prix, mais nous nous doutions qu’il y aurait une inflation. Et c’est le cas. Augmentation d’un côté. Stagnation de l’autre. Que vaut le Honor 600 une fois allumé ? Voici notre avis complet.
Prix et date de disponibilité
Le prix public conseillé du Honor 600 démarre à 549 euros. Ce montant est 50 euros plus élevé que celui de la configuration la plus légère du Honor 400. Et, double peine, si le tarif augmente, le volume de stockage baisse de moitié. Le Honor 600 se décline en deux versions, avec 128 Go ou 256 Go de stockage interne, à chaque fois accompagnés de 8 Go de RAM. Deux remarques : il n’y a plus de version avec 512 Go de stockage et, pour un volume de stockage égal, le Honor 600 est 150 euros plus cher que son prédécesseur. Voici les tarifs :
- 8 + 128 Go : 549 euros
- 8 + 256 Go : 649 euros
Positionné à un prix autour de 600 euros, le Honor 600 doit se battre contre des experts du rapport qualité prix. Nous y retrouvons notamment le RedMagic 11 Air pour les gamers et le Pixel 10a pour les amateurs de photo. La liste comprend aussi le Galaxy A57 de Samsung, le Poco F8 Pro, le Realme 16 Pro+, le Motorola Edge 70 Fusion « Power » ou encore le Nothing (4a) Pro. Que du beau monde.
Le Honor 600 est disponible à partir d’aujourd’hui en France. Vous le retrouvez chez de nombreux distributeurs, ainsi que la boutique officielle. Le téléphone se décline en trois coloris : noir, blanc « golden white » et orange, ce dernier habillant notre version de test. Dans la boite, le smartphone est accompagné d’un outil pour ouvrir la carte SIM et un câble USB-C vers USB-C.
Design et interface
Commençons ce test avec le tour du propriétaire. Le Honor 600 ne ressemble pas à ses deux prédécesseurs sortis en France, les Honor 200 et 400. Contrairement à Samsung, Honor préfère changer régulièrement l’esthétique de ses téléphones milieu de gamme. La marque abandonne donc le module photo triangulaire qui rappelait fortement certains modèles de Huawei (notamment les Pura).
Ce nouveau téléphone préfère s’inspirer dans ce domaine d’Apple, avec un module photo rectangulaire, bien intégré dans la coque. Légèrement protubérant, il s’étale sur toute la largeur de son dos et qui arbore deux objectifs indépendants. La coque est en fibre composite. Ce n’est donc pas du verre, contrairement à la face avant où l’écran est protégé par du verre, ainsi qu’une protection supplémentaire contre les rayures.
En façade justement, vous retrouverez un écran aux bordures qui ont été affinées (0,98 mm). Cette dalle intègre un poinçon pour un capteur selfie et un lecteur optique d’empreinte digitale. Ce dernier fonctionne bien, même s’il est placé un trop bas. Les tranches sont en aluminium. Tous les éléments habituels s’y trouvent. Et même un peu plus encore, puisque le Honor 600 se voit doté d’un bouton multi-usage paramétrable (avec une petite dizaine de choix possibles pour les trois interactions possibles) qui fait office de déclencheur photo. Contrairement au même bouton du Magic8 Pro, celui du Honor 600 n’est pas tactile.
Le Honore 600 est un produit assez qualitatif une fois en main. Et il est facile à utiliser. Il pèse 185 grammes et mesure 7,8 mm d’épaisseur. Ces chiffres sont assez proches des modèles précédents. En revanche, le Honor 600 s’en distingue par la résistance élevée à l’eau, puisqu’il est certifié IP68/69K.
En sortie de boîte, le Honor 600 fonctionne sur MagicOS 10, une version basée sur Android 16. Cette version est esthétiquement très proche de celle du Magic8 Pro. Deux écrans d’accueil. Deux volets différenciés pour les réglages rapides et les notifications. Tiroir d’application désactivé par défaut. Des icônes qui peuvent s’élargir pour devenir des widgets interactifs. Le volet de raccourci IA n’est pas activé par défaut. Et pourtant, il est bien pratique. Honor promet ici 6 ans de mise à jour de l’OS et de patch de sécurité.
L’IA fait vraiment son entrée ici. Outre Gemini et Circle to Search, nous retrouvons de plusieurs « agents » spécialisés. Un pour les photos (amélioration, création et même transformation en vidéo). Un pour aider à retrouver un paramètre spécifique du téléphone. Un autre pour mémoriser et analyser des informations (un peu comme Essential Space chez Nothing). Un dernier, développé avec Booking, sert à planifier des voyages. La détection de deepfake est également de la partie ici, en plus de toutes les fonctions déjà croisées dans MagicOS : portail magique, suggestions IA, traduction, transcription, rédaction, etc.
Lors de notre test du Magic8 Lite, nous avons remarqué une recrudescence considérable des sollicitations commerciales et marketing : applications préinstallées nombreuses, affichage de publicités dans certaines applications système et dans l’interface, cases précoces dans certains formulaires, etc. Si le Magic8 Pro n’a pas été concerné (et heureusement), le Honor 600 subit cette stratégie de plein fouet. Plus de deux douzaines d’applications non sollicitées qui sont installées par défaut ou qui s’installent sans possibilité de le refuser. Une pratique compréhensible avec un téléphone à 200 euros. Moins quand le montant frôle les 600 euros.
Écran, performances et batterie
En façade, nous trouvons ici un écran AMOLED de 6,57 pouces, contre 6,55 pouces avec le Honor 400. La différence est anecdotique. C’est un écran qui conserve « presque » le même ratio que précédemment : 19,5/9e. La définition est la même : elle s’adapte simplement à la nouvelle hauteur de l’écran en rajoutant 8 pixels. La résolution passe de 460 pixels par pouce à… 458 pixels par pouce. Ce léger changement est dû, selon nous, aux nouvelles bordures.
Autre amélioration importante pour l’utilisateur : la luminosité. Honor annonce avoir augmenté la luminosité automatique en pointe locale avec contenu HDR de 5000 nits à… 8000 nits ! La différence est énorme. À l’usage, la luminosité au quotidien est bonne. Elle est même meilleure que l’année dernière, puisque le smartphone atteint 836 en mode manuel. C’est largement suffisant, même en extérieur. Et cela peut monter encore plus haut en mode automatique.
La fréquence de rafraichissement maximale de cet écran est de 120 Hz. Ce n’est pas une dalle LTPO, mais une dalle LTPS : la gestion de ce taux n’est pas d’une grande finesse : 60 Hz, 90 Hz ou 120 Hz. Par défaut, la gestion est dynamique, mas vous pouvez choisir que cela soit fixe (60 Hz ou 120 Hz en permanence). Comme toujours, la gradation est très élevée : elle peut monter à 3840 Hz. Mais cela ne change pas par rapport à 2025.
Sans être parfait, le calibrage de l’écran est très correct. Vous avez trois modes ici : standard, naturel et vif. Les deux premiers tirent davantage vers le bleu avec des Delta E moyen au-dessus de 3. En revanche, le mode standard offre une colorimétrie bien maitrisée, même si c’est moins précis qu’avec le Honor 400. Le Delta E moyen atteint 2,1, la température moyenne est à 6644° et le gamma est à 2,2. La température du blanc avec ce mode est à 6663°.
Sous le capot, nous retrouvons ici un Snapdragon 7 Gen 4. Il remplace le Snapdragon 7 Gen 3 qui animait les deux générations précédentes. Il était donc largement temps d’effectuer une mise à jour. Le SoC est accompagné de 8 Go de mémoire vive, auxquels s’ajoutent 8 Go de RAM virtuelle (option qu’il est possible de désactiver).
Nous connaissons bien le Snapdragon 7 Gen 4, puisque nous l’avons testé avec le Motorola Edge 70, le Realme 16 Pro+ et le Nothing Phone (4a) Pro. C’est donc l’occasion idéale d’évaluer l’intégration de Honor et l’impact de MagicOS 10. Et justement, le Honor 600 se positionne un peu en dessous, mais la différence est très faible. Plus faible que l’écart de mémoire vive entre le Honor 600 et ses adversaires, tous pourvus de 50 % de RAM physique supplémentaires. C’est donc une belle performance. En revanche, face au Honor 400, la différence est nette : il y a un gain de puissance. Mais pas suffisamment pour en faire une machine de jeu.
3DMark le confirme d’ailleurs : non seulement le Honor 600 ne prend pas en charge le ray-tracing, mais ses scores graphiques sont modestes. Heureusement, sa stabilité est épatante : plus de 90 % dans tous les tests. Rien d’étonnant à cela, puisque le Snapdragon 7 Gen 4 est, comme son prédécesseur, un bel exemple de maitrise des performances sur la durée. La température du smartphone atteint les 47°C en façade, 46°C sur la coque à l’arrière et 44°C sur le point le plus chaud des tranches.
Pour alimenter cette plate-forme, Honor opte ici pour une batterie silicium carbone de 6400 mAh (contre 7000 mAh pour la version chinoise et internationale). C’est mieux que la version européenne du Honor 400 avec sa batterie de 5300 mAh : le gain est de 1100 mAh, soit une hausse de 21 % (expliquant le léger embonpoint). Et cette hausse permet au smartphone de passer la barre des deux jours d’autonomie en usage standard, ce que son prédécesseur n’a pas pu atteindre. PCMark nous indique qu’il tient 17 heures et 30 minutes. Soit 4 heures de plus que son prédécesseur.
Face à la concurrence, le Honor 600 joue plus la carte de l’équilibre esthétique que de la générosité. S’il se positionne sur le haut du panier en termes de capacité de batterie, il est dépassé par Poco, Realme et RedMagic sont au-dessus. Le Realme 16 Pro+, par exemple, vendu pratiquement au même prix, dispose d’une batterie de 7000 mAh, pour une autonomie qui dépasse les 19 heures. Et le Nothing Phone (4a) Pro offre une autonomie presque équivalente, avec une batterie moins importante. Ainsi, comme pour les performances ou la colorimétrie, le Honor 600 est bon, sans être excellent.
Une fois la batterie déchargée, nous passons à la recharge. Dans ce domaine, le Honor 600 est meilleur que le Honor 400, sans rattraper le Honor 200. Et face aux concurrents, il est très bien positionné, grâce à une charge rapide filaire qui peut monter jusqu’à 80 watts. Armés de notre chargeur Huawei 88 watts, nous avons rechargé le Honor 600 en 57 minutes précisément. Et nous dépassons les 50 % en moins de 25 minutes. La performance est très correcte. Voici nos mesures intermédiaires :
- 10 min : 24 %
- 30 min : 61 %
- 50 min : 94 %
Le Honor 600 ne propose pas la recharge sans fil, un bien petit compromis pour augmenter la capacité de la batterie. Pour soigner cette dernière, le Honor 600 propose différents réglages : la charge intelligente, la charge limitée (avec une limite comprise entre 70 % et 90 % et la charge sécurisée (qui s’arrête à 100 % pour reprendre à 95 %).
Photos, vidéo et audio
Officiellement, la photo est présentée comme un domaine de prédilection du Honor 600. Et face à un Galaxy A57 ou un Motorola Edge 70 Fusion, il n’est pas incohérent. Seulement, il n’a pas que ces deux adversaires à gérer : il a aussi le Realme 16 Pro+ et le Poco F8 Pro, tous deux intégrant un téléobjectif, en plus d’un capteur principal assez qualitatif. De fait, nous devenons un peu plus exigeants. D’autant plus que la configuration du Honor 600 est directement reprise du Honor 400, sans aucune exception. En voici tous les détails :
- Principal : capteur 200 MP mesurant 1/1,4 pouce, ouverture f/1.9, autofocus à détection de phase, stabilisateur optique
- Panorama : capteur 12 MP, ouverture f/1.9, autofocus à mesure de contraste, angle de vue 112°
- Selfie : capteur 50 MP mesurant 1/2,44 pouce, ouverture f/2.0, focale fixe
Le tout est aidé d’un capteur colorimétrique. Les résultats obtenus par cette configuration ? De jour, ils sont bons. Aidé d’une belle luminosité, le smartphone réalise de très jolies photos avec son capteur principal. Les couleurs sont très contrastées, mais pas trop. La plage dynamique est assez large. La mise au point est précise et le piqué est bon. Attention cependant aux sujets en mouvement : l’autofocus est certes assez rapide, mais la capture du cliché n’est pas si rapide, engendrant du bruit. Et attention aussi à la balance des blancs qui n’est pas pertinente à tous les coups.
De nuit, le capteur principal perd légèrement en luminosité, mais les couleurs restent bonnes. Le piqué en revanche baisse. Le capteur principal est également en charge des zooms, lesquels montent à 30x en mode automatique et 10x en mode nuit. En journée, le rapport 10x est la limite avant que le bruit ne soit trop fort. En soirée, même le rapport 4x, pourtant annoncé comme « lossless » n’est pas convaincant.



Le module principal est en charge des portraits. Dans ce mode, les photos sont excellentes, notamment avec le rapport de zoom 1,5x. Et ce de jour comme de nuit. Le capteur selfie est comme souvent bon, même si sa colorimétrie est plus froide, quel que soit le moment de la journée. Attention, si les outils d’embellissement sont désactivés en mode photo avec le capteur principal, ce n’est pas le cas avec le capteur selfie. Étrange. De même, le bokeh est désactivé par défaut avec le capteur selfie.






Le module ultra grand-angle est meilleur qu’avec d’autres téléphones. Même si la plage dynamique est plus faible, la colorimétrie est bonne de jour ou de nuit. Et les distorsions sont bien gérées. En revanche, le piqué n’est pas bon. Dernier détail en photo : le mode « cliché nocturne » ne sert à rien, quel que soit le capteur, puisqu’il se déclenche automatiquement en mode photo, sans donner le contrôle à l’utilisateur.


En vidéo, le smartphone offre une bonne expérience avec le capteur principal, de jour comme de nuit. C’est bien à condition de ne pas zoomer au-delà de 4x, même en journée. La nuit, les reflets sont très nombreux sur le capteur principal. Le réglage des ISO est très moyen. Et le bruit est présent dès le rapport 2x. Autant dire que le zoom maximal, 10x, est inutile. L’ultra grand-angle est trop clair en journée et trop sombre en soirée. Il faut l’éviter autant que faire se peut.
L’intégration d’un mode portrait en vidéo est une fonction encore peu intégrée. Et elle est ici plutôt efficace. Dommage que cela ne soit pas compatible avec le capteur selfie. En revanche, on peut passer du capteur principal au capteur selfie en une seule prise. Et ça, c’est chouette.
Finissons avec l’audio. Le smartphone est équipé de deux haut-parleurs asymétriques offrant une expérience correcte, mais sans éclat. Certes, le son est puissant : inutile de monter au-dessus des 50 % pour bien entendre les contenus. Cependant, les deux haut-parleurs sont déséquilibrés. Alors que d’autres smartphones font tout pour proposer une stéréo équilibrée, le Honor 600 propose une puissance et une largeur de scène bien plus importantes avec le haut-parleur principal que le secondaire. La différence est flagrante.
Autre point faible, cette configuration fait la part belle aux médiums et oublie les autres fréquences. Les basses sont inaudibles sous la barre des 60 Hz. Et les aigus sont trop discrets au-dessus des 12 kHz. Préférez donc des écouteurs pour profiter de vos contenus. Dans ce domaine, le Honor 600 profite de la version 5.4 du protocole Bluetooth. Il prend en charge les codecs AAC, SBC, LE Audio (LC3 et Auracast), LHDC 5 et aptX (HD, Lossless et Adaptive).
Le Honor 600 dispose aussi d’un égaliseur qui ne s’active qu’à la connexion d’un accessoire audio externe. Il intègre non seulement l’audio spatial (avec ou sans suivi de la tête), mais aussi des profils spécifiques pour les jeux, la musique ou les films. Il y a également un profil personnalisé où les experts pourront agir sur 10 bandes de fréquences et même booster la puissance des basses.
Alors, on achète ?
Le Honor 600 est un smartphone correct qui parvient à se démarquer grâce à son design très inspiré par une certaine firme américaine (à défaut que ses influences proviennent de son ancienne maison mère), son engagement fort sur l’intelligence artificielle et son écran très lumineux. Pour le reste, il n’est pas mauvais. Mais il ne se différencie pas vraiment.
En photo, ça manque d’un petit téléobjectif. En jeu, ça manque un peu de puissance. Sur l’interface, ça manque de clarté (à cause des applications installées par défaut). En audio, ça manque de finesse. Même côté autonomie et recharge, certains adversaires vendus au même prix, font mieux. Alors oui, il a une belle coque orange. Mais cela ne contrebalance pas la baisse de générosité.
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Fnac502€
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Darty502€
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Honor FR649.9€
































