Bluetti poursuit le développement de son catalogue avec sa nouvelle batterie nomade Elite 400. Un développement à vitesse grand V et notre petit doigt nous dit qu’il n’est pas près de ralentir.
test réalisé par Emmanuel Armanet
La série Elite correspond chez Bluetti aux batteries nomades haut de gamme, les modèles Apex se destinant à une utilisation plus sédentaire. La Bluetti Elite 400 inaugure un nouveau design et une capacité jamais vue jusqu’alors avec quasiment 4000 Wh. De quoi alimenter beaucoup d’appareils durant de nombreuses heures donc.
Disponibilité
La station mobile Bluetti Elite 400 est disponible sur le site de la marque et chez ses revendeurs habituels au prix de 1 899 € au moment de la rédaction de cet article (au lieu de 2 999 € habituellement). Et avec le code 100EL400, il est même possible de profiter de 100 euros de réduction, ce qui porte l'appareil à 1 799 €. C’est certes une somme, mais le rapport prix / capacité surclasse la concurrence et notamment l’Ecoflow Delta Pro 3. En effet, cette station de 4 kWh et de plus de 50 kg est aujourd’hui vendue 3 299 €. Elle est certes plus puissante (4000 W de sortie AC par exemple), mais pour 1400 € de plus… En outre, la Bluetti Elite 400 se transporte plus facilement. Elle est livrée simplement avec un robuste câble de charge secteur et une vis de mise à la terre.
Une affaire qui roule
Avec ce nouveau modèle, Bluetti s’adresse aux personnes ayant besoin de puissance tout en souhaitant conserver une station d’énergie transportable et facile à manipuler. Pour cela, l’Elite 400 adopte un format « valise », c’est-à-dire plus vertical que les autres itérations de la série Elite. Pour pousser encore plus loin le mimétisme avec une valise, elle intègre deux roues crantées et une poignée de transport télescopique.
Grâce à ce dispositif, l’Elite 400 peut facilement être transportée entre la maison et un véhicule, par exemple. Évidemment, l’opération est plus difficile sur un sol caillouteux ou meuble, mais les 39 kg de la bête se feront la plupart du temps oublier. Pour autant, deux larges poignées permettent de la porter pour la monter dans le coffre de votre voiture, par exemple. On remarque aussi la présence de pieds antidérapants pour lui offrir une stabilité parfaite lorsqu’elle est stationnée debout, mais également couchée. Le tout mesure 42,7 x 28,6 x 104,2 cm. Cela demeure donc un beau bébé, mais qui nous réserve bien d’autres surprises.
Une capacité énorme
En effet, comme son nom le laisse supposer, l’Elite 400 affiche l’impressionnante capacité de 4000 Wh… Enfin pas tout à fait, puisque sa capacité exacte est de 3840 Wh. C’est vraiment énorme, puisque même des systèmes stationnaires ne font souvent pas aussi bien. Concrètement cela donne quoi ? Selon Bluetti, l’Elite 400 pourrait recharger un drone doté d’une batterie de 62 Wh plus de 40 fois, faire fonctionner une scie de 1200 W 2,7 heures ou encore faire tourner un réfrigérateur plus de 3 jours !
En réunissant deux qualités de prime abord antinomiques, capacité élevée et (relative) facilité de transport, Bluetti présente un produit apte à s’adapter à d’innombrables besoins : de l’artisan au campeur en passant par monsieur et madame tout le monde en quête d’une solution de secours en cas de coupure.
Des technologies de pointe
Évidemment, en « ouvrant » cette « valise », on verra des cellules LiFePO4 (3500 cycles de charges / décharges en conservant 80 % de la capacité originelle) pour une durabilité supérieure entourées d’une électronique avancée avec un MPPT pour contrôler l’entrée solaire et un BMS. Le Battery Management System assure la protection des cellules contre les risques de surcharges, de surintensités… et il est complété par la puce maison UltraCel+ pour encore plus de fiabilité. 3500 cycles représentent plus de 9 ans d’utilisation avec un cycle quotidien. De quoi voir venir donc mais il ne s’agit là que d’une estimation.
L’Elite 400 embarque une double connectivité Bluetooth et Wi-Fi. La marque affirme avoir optimisé au maximum tout ce petit monde, afin de réduire la consommation électrique en veille de sa station. L’idée est qu’elle se décharge le plus lentement possible lorsqu’elle n’est pas utilisée. Bluetti annonce une consommation en veille allant de 3 W sans prise activée à 13 W lorsque les prises AC et DC sont activées.
De plus, pour aller plus loin encore dans cette optimisation, la Bluetti Elite 400 peut être programmée via l’application pour alimenter ou non des appareils branchés sur une de ses prises. La station d’énergie en elle-même peut entrer en veille lorsque sa capacité passe sous un certain niveau. Le système de refroidissement s’appuie sur deux ventilateurs qui respirent derrière une grille qui logiquement, doit rester libre pour garantir un fonctionnement optimal.
Pour faire face à une telle capacité, le système doit être capable d’accepter une forte puissance de charge. Pour cela, l’Elite 400 peut combiner une recharge par une prise secteur et par des panneaux solaires. En entrée secteur, la puissance maximale admissible est de 2300 W et en DC (solaire) elle atteint 1000 W. La station d’énergie peut donc accepter 3300 W en simultanée pour passer de 0 à 80 % en 60 minutes selon la marque. Avec le Charger 2 installée dans un véhicule, la station se contentera de 1000 W en entrée, car elle ne dispose pas d’une entrée 50A Anderson. Il faudra alors plus de 3 h 30 pour passer de 0 à 80 %.
Une puissance largement suffisante
Comme souvent pour ne pas dire toujours, l’essentiel se passe à l’avant de la station d’énergie. Au centre, nous retrouvons un grand écran parfaitement lumineux et lisible. Toutes les informations s’affichent en toute clarté, entrées et sorties, puissance en entrée et, le cas échéant en rouge les alertes (surchauffe, surtension…). Dessous, trois gros boutons permettent d’allumer la batterie et d’activer les prises AC et DC.
Pour les prises AC de type Schuko, leur nombre est de deux, contre quatre sur les Elite 400 américaines. La raison est simple et logique: les prises européennes sont nettement plus encombrantes. Les deux prises peuvent au total délivrer 2600 W avec comme toujours deux autres valeurs. Le mode « Power Lifting » de 3900 W à activer manuellement dans l’application permet à un appareil consommant entre 2600 et 3900 W de démarrer avec une tension de sortie abaissée. Il s’agit d’appareils résistifs simples comme une bouilloire ou un sèche-cheveux. La Bluetti Elite 400 pourra encaisser quelques fractions de seconde un pic de 5200 W avant de se mettre en sécurité.
Du côté DC, la station offre deux USB-C de 100 W, deux USB-A de 15 W et enfin une prise allume-cigare (120 W max). La puissance en sortie AC+DC est de 2800 W.
Enfin, la fonction onduleur en cas de coupure soudaine de courant répond à l’appel avec un temps de réaction de 15 ms.
Une recharge rapide et paramétrable
Comme toujours, nous allumons la station d’énergie pour ensuite la connecter à l’application pour lancer une mise à jour. L’Elite 400 est effectivement lourde, quasiment 40 kg, et pour la porter en utilisant ses poignées, il faut déployer pas mal d’efforts. C’est là que Bluetti a eu une idée de génie avec les deux roues et la poignée escamotable. La station devient alors facilement manipulable à l’extérieur, à condition d’avoir un sol assez lisse même si nous avons pu faire rouler l’Elite 400 sur de l’herbe grâce aux roues crantées. Évidemment, le sable et les sols rocailleux sont à proscrire. Dans la maison, pour changer la batterie de pièce notamment, c’est du bonheur et adieu les tours de reins.
L’Elite 400 nous étant parvenue avec environ 60 % de charge, nous décidons donc de la recharger totalement. Sur le secteur, il est possible de choisir parmi trois modes : silencieux (1000 W en entrée), normal et turbo. Bluetti va même un peu plus loin avec un quatrième mode personnalisé. Cela peut sembler superflu, mais, au final, cela apporte un vrai plus. La première raison est évidente : si vous dormez aux côtés de l’Elite 400, dans un van aménagé par exemple, le mode de charge silencieux réduit fortement les nuisances sonores. Logiquement, plus la batterie se recharge rapidement, plus son système de refroidissement doit s’employer et donc faire du bruit. Recharger le plus rapidement possible peut dépanner en cas d’urgence ou pour profiter des heures creuses. Pour notre part, nous avons défini un mode personnalisé à 1500 W environ qui nous permet en journée d’utiliser quasiment l’intégralité de notre surplus solaire.
L’entrée XT60 nous a permis de brancher un panneau solaire flexible de 400 W qui a été immédiatement reconnu par la station avec un rendement, vive le sud, allant au zénith entre 280 et 360 W.
Un champ des possibles immense
Nous voilà donc en une heure avec une batterie pleinement chargée. Pour notre premier test grandeur nature, nous nous rendons sur un terrain que nous possédons à quelques centaines de mètres de la maison, un terrain de loisir sans électricité. Nous allons utiliser la Bluetti Elite 400 pour alimenter un rotofil et une tondeuse à gazon. Avec une puissance de 700 et 1600 W, l’ensemble a utilisé 20 % de la batterie en une grosse heure de travail. Voilà un exemple parfait de l’utilisation de ce nouveau modèle.
Pour aller encore plus loin, nous avons branché les deux outils en même temps et, une nouvelle fois, l’Elite 400 a assuré. De retour à la maison, la machine à laver avec un cycle long n’en est toujours pas venue à bout. La station a pu également alimenter un sèche-linge, appareil particulièrement gourmand avec des pointes de consommation électrique autour des 2250 W. Même chose pour une bouilloire qui flirte elle aussi avec les limites théoriques de puissance.
Toutes les promesses de la marque semblent tenues pour l’instant. Qu’en est-il de la fonction UPS ? Pour cela, nous procédons comme d’habitude. Nous branchons notre ordinateur de bureau et un moniteur avant de simuler une coupure d’électricité. Tout a continué de fonctionner comme si de rien n’était. Évidemment, mesurer le temps de réaction est impossible pour nous, mais les 15 ms annoncées semblent cohérentes. L’application permet de contrôler précisément cette fonction UPS. Nous avons apprécié le mode ASI « Contrôle du temps ». Il permet de programmer la recharge de l’Elite 400 sur une plage horaire donnée, par exemple durant les heures creuses.
Pour les prises DC, nous avons alimenté directement via un câble USB-C Apple un MacBook Pro 14 pouces qui est venu puiser 65 W dans la Bluetti Elite 400. De quoi recharger plusieurs dizaines de fois l’ordinateur ! Pour les smartphones, nous nous heurtons une nouvelle fois à l’utilisation par certains constructeurs de technologies propriétaires.
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Bluetti1799€

















