Après 8 ans dans l’espace, 2 vaisseaux vont enfin atteindre Mercure pour en percer les secrets
Le trajet fut long, mais l’arrivée est en vue. Un vaisseau parti en 2018 dans le cadre de la mission BepiColombo s’approche de Mercure pour lâcher les deux sondes charger d’étudier la planète sous tous les angles.

Tout le monde ou presque a les yeux tourné vers la planète Mars, objet de tous les fantasmes de colonisation de l’espace par les humains. Mais il y a d’autres planètes dans notre système solaire. Parmi elles, Mercure est la moins étudiée. En 1974 et 1975, trois survols rapides de la sonde Mariner 10 de la NASA dévoilent à quoi ressemble la surface de l’astre. Ils permettent aussi de constater la présence d’une atmosphère très ténue et d’un champ magnétique. Puis, plus rien jusqu’en 2011.
Cette fois-ci, c’est le vaisseau Messenger de la NASA qui s’y colle. Bardé d’instruments de mesures en tout genre, il étudie Mercure pendant 4 ans, s’approchant à seulement 24,9 km de sa surface vers la fin de sa mission. Malgré les données recueillies, les astronomes se retrouvent avec plus de questions que de réponses. On se rend compte, par exemple, qu’il y a de mystérieuses fosses lumineuses aux parois abruptes sur la planète. De même, le centre du champ magnétique de la planète est largement décalé par rapport à son noyau, ce qui est inhabituel.
Pire : Messenger n’a pas pu cartographier les éléments présents à la surface de Mercure. Les instruments prévus pour le faire reposaient sur le fait que les roches de la planète seraient riches en fer et assimilés. Sauf qu’elles n’en contenaient pas. Enfin, le vaisseau n’a pu voir que l’hémisphère nord de Mercure, laissant la partie sud inexplorée. Voilà en résumé ce sur quoi se concentre la mission BepiColombo lancée en 2018.
La mission BepiColombo entre dans sa dernière phase d’approche
Fruit d’une coopération entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA), la mission BepiColombo est constitué de deux sondes, MPO et Mio, transportées par un seul vaisseau. Le 3 septembre 2026, ce dernier les a larguées sans encombre afin qu’elles continuent leur voyage seules, pour l’instant accrochées l’une à l’autre. Cela prendra encore quelques mois et plusieurs étapes. Autre au total.
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En imaginant que le calendrier prévu sera respecté, voici ce qu’il va se passer :
- 21 novembre 2026 : les deux sondes entrent dans l’orbite de Mercure.
- 9 ou 10 décembre 2026 : la sonde MPO lâche Mio dans son orbite finale (590 km de la surface de Mercure au plus près, 11 640 km au plus loin).
- 16 décembre 2026 : MPO se sépare du bouclier solaire de Mio et continue vers sa propre orbite.
- 10 mars 2027 : MPO atteint son orbite finale (480 km de la surface au plus près, 1 500 km au plus loin).
- 6 avril 2027 : débuts des mesures.
Il reste donc au mieux 7 mois avant que les deux sondes puissent se mettre au travail.
Que vont étudier les sondes de la mission BipoColombo ?
La sonde européenne (MPO) se servira de ses 11 instruments pour, entre autres, établir une carte du relief de Mercure, tout en étudiant ses cavités et ses dépôts volcaniques. Elle pourra y parvenir malgré l’absence de fer dans les roches. Quant à l’orbiteur japonais (Mio), il se concentrera surtout sur l’atmosphère et la magnétosphère de la planète, ainsi que sur les poussières présentes autour de l’astre.
L’étude de l’hémisphère sud de Mercure se révèlera particulièrement intéressante. On devrait obtenir les premières images de gisements cachés de glace d’eau. En théorie, ils se trouvent dans des cratères suffisamment profonds pour ne pas être touchés par la chaleur du soleil. Tous ces éléments pourraient permettre de comprendre comment Mercure s’est formée et, par extension, comment notre système solaire a vu le jour.
Source : Space