Cette mystérieuse planète serait la 9e du Système solaire : voici la théorie folle qui divise les scientifiques
Il existe plusieurs moyens mnémotechniques pour retenir les huit planètes du Système solaire. Mais d’ici quelques années, peut-être devrons-nous les adapter. Alors que Pluton n’est plus considérée comme une planète depuis vingt ans, la théorie d’une autre neuvième planète évoluant aux confins du Système solaire a émergé il y a de ça une décennie. Mais existe-t-elle vraiment ? Voici l’histoire de la bien-nommée Planète 9.

On dit souvent qu’on ne connaît jamais vraiment les gens et il semble qu’il en soit de même pour notre Système solaire. Selon la décennie pendant laquelle vous êtes allés à l’école, on vous aura peut-être appris qu’il était composé de neuf planètes : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton.
Et pour cause, c’était ce qui était communément admis. Mais en 2006, sur décision de l’Union Astronomique Internationale, Pluton a été déclassée au rang de planète naine, faisant ainsi passer le nombre de planètes du Système solaire à huit. Pourtant, saviez-vous que depuis dix ans maintenant plane l’ombre d’une neuvième planète ? On vous raconte aujourd’hui l’histoire de cette mystérieuse « Planète 9 ».
Planète 9 : une planète hypothétique évoluant aux confins du Système solaire
Oui, « Planète 9 » : c’est ainsi que cet hypothétique objet massif aux confins de notre Système solaire a été sobrement surnommé – son existence restant à prouver, les astronomes ne lui ont pas (encore) attribué de nom officiel. Mais d’où vient cette théorie d’une neuvième planète appartenant au Système solaire alors même que Pluton en a été évincée ? On vous l’explique.

En 2016, des astronomes du California Institute of Technology (Caltech) – au premier rang desquels Konstantin Batygin et Michael Brown – formulent l’hypothèse d’une Planète 9 pour expliquer l’alignement étonnant d’objets transneptuniens (ce surnom vient de leur orbite qui croise ou se trouve au-delà de celle de Neptune).
Selon leur étude « Indice sur une planète géante distante dans le Système solaire », Planète 9 se déplacerait sur une orbite elliptique, inclinée et distante, et elle possèderait une masse de 5 à 7 fois celle de la Terre. Et si l’idée d’une Planète 9 exerçant une influence gravitationnelle sur les orbites d’objets transneptuniens est séduisante, elle n’en reste pas moins débattue.
Planète 9 : une théorie séduisante… mais controversée
Ce qui intrigue les astronomes, c’est le fait que la distribution de ces fameux objets ne soit pas aléatoire et que tous aient la même orientation dans le ciel alors qu’ils sont trop loin de Neptune pour être influencés par elle. Leur orbite pourrait donc s’expliquer par l’influence d’une planète qui n’a pas encore été découverte : Planète 9.
Mais les résultats de Batygin et Brown ont suscité un certain scepticisme au sein de la communauté scientifique, les objets étudiés étant soumis à des biais observationnels, notamment parce qu’ils sont trop peu nombreux et que les relevés astronomiques qui les ont révélés proviennent de nombreuses personnes.
Qu’à cela ne tienne, une équipe de chercheurs – notamment composée de Batygin, Brown et Alessandro Morbidelli – a adopté une nouvelle approche : ils se sont intéressés à une autre classe d’objets transneptuniens « a priori moins sujets aux biais observationnels » selon les termes d’un article du CNRS. Ceux-ci ont une orbite qui croise celle de Neptune. Ils sont très instables, brillants et relativement plus près de nous – donc plus faciles à observer – et leurs biais seraient plus simples à modéliser.

En comparant deux modèles, l’un avec Planète 9 et l’autre sans elle, l’équipe a conclu, là encore, que seule une planète encore inconnue peut expliquer leurs orbites. Mais ces résultats ne font toujours pas l’unanimité : selon Sean Raymond et Jean-Marc Petit, il pourrait demeurer des biais cachés. Ainsi, selon eux, même si on a de bonnes raisons de croire qu’elle existe, « on ne devrait jamais croire que quelque chose existe avant de l’avoir trouvé ».
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Planète 9 : la preuve de son existence va se jouer dans les neuf prochaines années
Face à ces remises en question, c’est la nature même de l’astre hypothétique qui a été interrogée : et s’il ne s’agissait en réalité pas d’une planète, mais d’un trou noir ou d’un disque de corps célestes ? Ces deux hypothèses ont toutefois été balayées d’un revers de main, notamment par Alessandro Morbidelli qui considère ces idées comme « loufoques ».
Non, décidément, si astre massif exerçant une influence gravitationnelle il y a, ce serait bien une planète. C’est en tout cas la théorie la plus probable puisque, lors de leur croissance, les planètes géantes expulsent des planètes de quelques masses terrestres qui peuvent se retrouver sur une orbite excentrique distante – ce pourrait être le sort qui aurait été réservé à Planète 9.
Mais si son existence reste encore à prouver, les astronomes disposent depuis 2025 d’un nouvel atout dans leur manche : le télescope Vera C. Rubin. Ce géant chilien possède la plus grande caméra du monde et une optique à large champ. Selon le CNRS, il est capable, en seulement trois nuits de prises de vue, de capturer en haute définition et dans six couleurs l’intégralité de la voûte céleste australe. Ses capacités lui permettront, pendant ses dix ans de service, de révéler jusqu’aux objets les plus lointains et les plus sombres du cosmos.
Aucune garantie n’existe quant au fait que Vera C. Rubin parviendra à débusquer Planète 9, quand bien même elle existerait. En revanche, si même lui n’y parvient pas, continuer de croire en son existence deviendra plus compliqué. Alors Planète 9 ou pas de Planète 9 ? Seul l’avenir nous le dira… Après tout, il reste à Vera C. Rubin encore 9 ans d’observation.