Créé par l’IA, ce médicament pourrait inverser le vieillissement
Des chercheurs ont constaté qu’un médicament par forcément prévu pour ça à l’origine avait un effet positif sur l’âge biologique des patients. Autrement dit : le traitement semble inverser le processus de vieillissement.

« Who Wants to Live Forever », chantait le mythique groupe Queen en 1986. Vivre éternellement n’est peut-être pas désirable en effet, mais vivre le plus longtemps possible en profitant d’un corps en bonne santé, pourquoi pas ? La quête du traitement anti-vieillissement n’est plus l’apanage des scénarios de science-fiction désormais. Avec l’intelligence artificielle capable d’accomplir en quelques jours ce que des scientifiques mettraient des dizaines d’années à faire, les espoirs sont permis.
L’IA, les équipes d’Insilico Medicine s’en sont servies justement. Avec son aide, l’entreprise de biotechnologie basée à Boston a développé le Rentosertib, un médicament pensé pour traiter la fibrose pulmonaire idiopathique. Cette maladie chronique entraîne une cicatrisation et un durcissement progressifs des poumons, de manière irréversible. Mais dans le même temps, les chercheurs ont voulu savoir si le Rentosertib avait des effets sur le vieillissement. Plus précisément, est-ce qu’il pouvait l’inverser ?
Un médicament développé à l’aide de l’IA pour inverser le vieillissement ?
L’étude s’est portée sur 42 patients répartis en 3 groupes. Le premier recevait deux doses de 30 mg de Rentosertib chaque jour. Le second une seule dose quotidienne de 60 mg, tandis que le troisième groupe recevait un placebo (un faux médicament sans aucun effet). Le tout a duré 12 semaines. Avant de parler des résultats, il faut s’accorder sur les indicateurs permettant de dire si le vieillissement a été impacté ou non.
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Ici, on s’est intéressé à ce qu’on appelle les horloges protéomiques du vieillissement. On prélève du sang puis on mesure les protéines qui y circulent pour estimer l’âge biologique réel du corps, ainsi que celui des organes. En l’occurrence, les chercheurs ont pris en compte six « horloges » différentes, en les analysant toutes dans chaque échantillon sanguin. La conclusion est claire : les deux groupes de patients ayant pris du Rentosertib ont vu leur âge biologique baisser par rapport à ceux sous placebo. Il faut cependant rester prudent.
Des résultats encourageants, mais rien n’est encore fait
Précision intéressante : en ce qui concerne l’inversion du vieillissement, prendre deux doses quotidiennes de Rentsertib est plus efficace qu’en prendre une seule. Alors que la quantité finale de médicament est la même. Pour le moment, on n’explique pas cette influence du dosage. Cela étant dit, il est important de dire qu’à ce stade, rien ne permet d’affirmer avec certitude que le Rentsertib est la « pilule anti-âge » miracle que tout le monde attendait.
La raison principale étant que le traitement a effectivement amélioré la condition des poumons des patients. Rappelez-vous que son but premier est de traiter la fibrose pulmonaire idiopathique. Partant de ce constat, est-ce que la baisse de l’âge biologique observée chez les participants est due au médicament lui-même, ou bien au fait que leurs poumons allaient mieux ? Les chercheurs ont voulu en savoir plus.
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Pour ce faire, ils ont récupéré des données relatives aux schémas de vieillissement de 55 000 personnes enregistrées à la UK Biobank, une banque de données biomédicales. Ces informations ont ensuite été comparées aux modifications protéiques relevées lors de l’étude.
Là, les résultats changent un peu. Le groupe ayant reçu deux fois 30 mg de Rentsertib montre une vraie inversion des modifications protéiques normales liées à l’âge. Mais ce n’est pas le cas du groupe à qui l’on a demandé d’en prendre 60 mg par jour en une seule fois.
De l’aveu même des équipes, d’autres études sont nécessaires afin de mieux comprendre ce qui se trame vraiment. Une chose est déjà sûre cependant : le Rentsertib a des effets positifs sur la fibrose pulmonaire idiopathique, et c’est déjà une très bonne nouvelle pour les personnes atteintes de cette maladie.
Source : Nature Biotechnology