Réarmement démographique : et si les smartphones étaient l’ennemi numéro 1 des gouvernements mondiaux ?
Le smartphone, redoutable tue-l'amour ? À force de trop être connecté virtuellement, on finit par ne plus l’être dans la vraie vie. Plusieurs études aux résultats concordants mettent en lumière le rôle du smartphone dans la chute de la natalité – et pas seulement.

La baisse de la fécondité est un réel sujet à l’échelle mondiale. Face à la crainte que cela soulève en France, l’État s’immisce jusque dans les foyers : les Français de 29 ans recevront une lettre du gouvernement dans le cadre d’une campagne pour le « réarmement démographique ».
Plusieurs facteurs se télescopent pour expliquer cet effondrement de la natalité mondiale depuis le début des années 2000. On pourrait citer, entre autres, l’allongement des études, l’inflation, l’éco-anxiété, une sensibilisation et une démocratisation des moyens de contraception… Mais deux études pointent du doigt un nouvel élément qui s’est imposé dans notre quotidien : le smartphone comme tue-l’amour.
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Le smartphone, un redoutable contraceptif mondiale depuis les années 2000
Les téléphones ont fait leur entrée dans nos vies au début des années 2000, ils sont désormais comme des extensions de nous-mêmes. Ils nous accompagnent partout, tout le temps, du réveil au coucher. S’ils favorisent la connexion numérique, ils appauvrissent les liens réels, physiques. On s'en doutait depuis des années, mais la baisse de la natalité s’étant amorcée à la même période, plusieurs équipes de chercheurs américains se sont penchées sur le sujet. Et leurs résultats sont sans appel. Surtout, ils mettent en lumière des statistiques encore plus inquiétantes – à court terme – que la baisse de la fécondité.
Le premier document de travail cité par le site Gizmodo provient du National Bureau of Economic Research (NBER). Deux chercheurs du Middlebury College y expliquent que « l’iPhone, et l’ère du smartphone qu’il a inaugurée, ont accéléré le déclin de la fécondité après 2007 ». Cette observation a également été faite par une étude connexe menée par des chercheurs de l'Université de Cincinnati et publiée en avril.
Les scientifiques du NBER ont même chiffré cet impact : l’iPhone serait responsable d’environ 52 % de la baisse de la natalité entre 2007 et 2011 – soit la période étudiée, qui correspond à la vente exclusive de l’appareil par l’opérateur AT&T.
Cette influence de l’iPhone sur la fécondité relèverait de trois mécanismes probables : la baisse des interactions réelles, mentionnée plus haut ; l’accès facilité à la pornographie, qui aurait pu se substituer à de vraies relations charnelles pour certains ; ou encore l’accès à une meilleure éducation sexuelle (contraception, avortement…).
Plus d’anxiété, moins de relations sexuelles : le schéma inquiétant de la jeune génération
Et si cette tendance au déclin touche toutes les tranches d’âge, il s’avère qu’elle est prédominante chez les jeunes. Mais le smartphone n’est pas seulement responsable d’une baisse des rapports sexuels (et donc de la fécondité) chez la génération Z, il est aussi à l’origine de problèmes de santé mentale – qui peuvent aussi expliquer une baisse de la libido.
C’est aussi ce que soutient le psychologue social américain Jonathan Haidt, qui milite de fait pour l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, puisqu’il estime que la démocratisation massive des téléphones a profondément restructuré le cerveau des individus nés après 1995.

L’étude récente réalisée par les chercheurs de l’Université de Cincinnati affirme qu’en plus de produire une chute de la fécondité chez les jeunes, le smartphone engendre aussi « une vague de suicides chez les adolescents ».
Les entreprises ont conscience de cette « surconnexion » virtuelle qui coupe les utilisateurs de leur environnement et des interactions sociales. C’est probablement pour cela que des initiatives vues comme des « smartphone killers », telles que l’AI Pin, ont été lancées. Mais l’expérience ratée de Humane montre l’attachement – pour ne pas dire l’addiction – des utilisateurs à leurs smartphones… C’est pourquoi les constructeurs, comme Apple, adoptent une tout autre stratégie pour leurs nouveaux wearables : renforcer l’écosystème autour du téléphone. C’est le serpent qui se mord la queue.