Voici pourquoi votre cerveau n’aimerait pas du tout que vous abusiez de ChatGPT
En scrutant le cerveau d'utilisateurs réguliers de ChatGPT, des chercheurs ont fait une découverte troublante. Leur étude a comparé plusieurs groupes pendant la rédaction d'essais. Les images recueillies montrent un effet inattendu sur certaines fonctions mentales.

Les assistants conversationnels se sont glissés dans presque tous les gestes du quotidien. On les sollicite pour résumer un texte, trouver une idée ou rédiger un message. Cette commodité séduit, mais elle nourrit aussi de nombreuses craintes. Des compétences acquises pendant des années pourraient se déliter à force de déléguer la réflexion. Certains scientifiques redoutent déjà une perte de savoir-faire humain. Les prouesses de ChatGPT terrifient même une partie des chercheurs.
Face à ces inquiétudes, une équipe a voulu mesurer ce qui se joue réellement dans la tête des utilisateurs. Le sujet touche directement le monde étudiant, où la rédaction occupe une place centrale. Loin des clichés sur la triche, les jeunes se servent surtout de l'IA pour apprendre et s'organiser. Cette nouvelle recherche s'est penchée sur les effets de l'IA sur leur cerveau pendant l'écriture. Les résultats obtenus dépassent le simple débat d'opinion.
Voici pourquoi votre cerveau n'aimerait pas du tout que vous abusiez de ChatGPT
Cette étude émane du Media Lab du MIT et porte un titre évocateur, « Your Brain on ChatGPT », ou « votre cerveau sous ChatGPT » en français. Les chercheurs ont suivi 54 participants âgés de 18 à 39 ans pendant quatre mois. Trois groupes ont rédigé des essais dans des conditions différentes. Le premier travaillait sans aucune aide, le deuxième utilisait un moteur de recherche, le troisième s'appuyait sur le chatbot d'OpenAI. Des casques d'électroencéphalographie enregistraient leur activité cérébrale en temps réel. Les zones liées à la concentration et à la mémoire s'activaient nettement moins chez les adeptes de l'outil.
Le constat le plus frappant concerne la mémoire immédiate des participants. Plus de 83 % des utilisateurs du chatbot se montraient incapables de citer leurs propres phrases juste après. Ce taux tombait à 11 % dans les deux autres groupes. Les auteurs parlent alors de dette cognitive, une forme de paresse mentale installée par l'assistance permanente. Cet effet persistait même quand les volontaires devaient ensuite écrire seuls. L'équipe rappelle toutefois les limites de ce travail préliminaire, mené sur un échantillon réduit et peu varié.