ChatGPT : oui, des inconnus sont payés pour lire vos conversations, voici comment l’empêcher
Partez du principe que tout ce que vous pouvez demander ou dire à un chatbot IA sera, un jour ou l’autre, lu par un inconnu et notamment à des fins d’amélioration du modèle. C’est d’ailleurs exactement ce que fait OpenAI, qui paie des prestataires pour analyser vos conversations avec ChatGPT grâce à un paramètre activé par défaut. Heureusement, il existe une solution rapide pour protéger – autant que faire se peut – la confidentialité de vos futurs échanges.

- Les failles du « Projet Lily » d’OpenAI : une confidentialité illusoire
- Recourir à des réviseurs humains : une pratique courante chez les géants de l’IA
- Voici comment empêcher OpenAI d’utiliser vos conversations pour entraîner ChatGPT
- Une leçon à tirer : faites toujours attention à ce que vous confiez aux chatbots IA
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Nous sollicitons aujourd’hui l’IA pour tout et n’importe quoi : pour trouver des recettes à partir d’ingrédients qui s’apprêtent à passer l’arme à gauche au fond de notre frigo, pour réviser ou nous expliquer un concept abstrait, pour obtenir des conseils sur l’entretien d’une succulente ou sur la façon de réagir après une dispute avec l’être aimé, mais également pour se sentir moins seul.
Oui, décidément les chatbots IA endossent une multitude de costumes qui ne sont pourtant pas taillés pour eux : ceux de professeur, de confident, de psychologue et même de petit-ami dans certains cas extrêmes. Évidemment, cela s’accompagne de dérives inhérentes – dont certaines aux conséquences dramatiques.
L’une de ces dérives est le faux sentiment d’intimité que crée l’interface des chatbots, et qui encourage les utilisateurs à se confier plus que de raison. Cette impression de huis clos est illusoire. On a évoqué l’an dernier déjà l’archivage public de plus de 130 000 conversations avec des LLM. Mais un autre problème se pose : l’examen des discussions par des réviseurs humains. Il est activé par défaut sur ChatGPT. Mais une solution pour désactiver rapidement ce paramètre préoccupant existe : on vous la présente.
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Les failles du « Projet Lily » d’OpenAI : une confidentialité illusoire
C’est un rapport de 404 Media qui vient de mettre au jour le « Projet Lily » d’OpenAI. Il s’agit d’une initiative de révision interne pour laquelle la maison-mère de ChatGPT recrute des centaines de prestataires humains pour analyser vos conversations avec le chatbot. L’objectif ? L’entraîner manuellement afin qu’il semble « moins robotique ».
Concrètement, ces réviseurs humains lisent une requête soumise par un véritable utilisateur, résument son intention et notent de 1 à 7 quatre réponses potentielles de ChatGPT. Dans leur cahier des charges, ils ont pour mission d’éliminer trois tics du chatbot : le « langage IA » (émojis inutiles, conclusion encourageant l’engagement…), l’anthropomorphisme – par exemple quand ChatGPT prétend avoir vécu certaines situations typiquement humaines – et la flagornerie.
Et si OpenAI joue la carte de l’anonymat des comptes en brandissant comme joker un « Filtre de confidentialité » automatisé développé pour gommer les détails identifiables, le rapport de 404 Media révèle que ce système n’est pas exempt de failles critiques pour la confidentialité des utilisateurs. L’entreprise reconnaît d’ailleurs elle-même que son filtre peut faire des erreurs.
Surtout, elle fournit aux réviseurs un « résumé des souvenirs de l’utilisateur » qui peut trahir, de manière involontaire, son lieu de résidence, sa profession et autres détails qui auraient dû rester confidentiels.
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Recourir à des réviseurs humains : une pratique courante chez les géants de l’IA
Que l’on soit bien d’accord : OpenAI n’est pas la seule entreprise à recourir à ce type de prestataires, Google pour Gemini et Anthropic pour Claude en recrutent également. Mais la firme de Mountain View – jusqu’à récemment du moins – indiquait explicitement en bas des conversations la possibilité que des réviseurs humains puissent lire lesdites discussions.
Notez toutefois la mention de « réviseurs humains » est actuellement enfouie dans la rubrique « Utilisation de vos données » du Guide sur la confidentialité accessible via un lien cliquable « Votre confidentialité et Gemini » en bas des conversations.

Bref. Revenons-en à OpenAI. La possibilité que les discussions soient analysées est évoquée lorsque vous vous connectez à ChatGPT. Mais une fois que vous êtes authentifié, elle n’apparaît plus en bas des conversations.

Surtout, le paramètre permettant l’examen de vos échanges avec le chatbot est activé par défaut. Heureusement, il est possible de le désactiver. Mais encore faut-il savoir comment. On vous explique la marche à suivre.
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Voici comment empêcher OpenAI d’utiliser vos conversations pour entraîner ChatGPT
Sachez d’abord que ce paramètre est automatiquement désactivé sur les comptes Enterprise, Business et Éducation, mais qu’il est activé sur les comptes personnels. Ainsi, voici la procédure si vous possédez un compte Gratuit, Plus ou Pro et ne souhaitez pas que vos futures discussions avec ChatGPT puissent être lues par des réviseurs humains.
Commençons par la marche à suivre sur mobile :
- Ouvrez l’application ChatGPT – et connectez-vous si ce n’est pas déjà fait,
- Ouvrez le panneau latéral (l’icône avec deux traits horizontaux),
- Appuyez sur l’icône des Paramètres (l’engrenage),

- Faites défiler jusqu’à la section Paramètres de l’application,
- Sélectionnez Gestion des données,
- Désactivez l’interrupteur Améliorer le modèle pour tout le monde

Si vous utilisez ChatGPT via votre navigateur web sur un ordinateur, voici le processus de désactivation :
- Ouvrez l’application web ChatGPT,
- Ouvrez la barre latérale,
- Cliquez sur votre profil,
- Sélectionnez les Paramètres,

- Sélectionnez l’onglet Gestion des données,
- Cliquez sur Améliorer le modèle pour tout le monde,

- Désactivez l’interrupteur

Et le tour est joué ! Mais sachez qu’en désactivant ce paramètre, vous n’avez fait que stopper l’hémorragie…
Une leçon à tirer : faites toujours attention à ce que vous confiez aux chatbots IA
Premièrement, ce processus n’a pas de valeur rétroactive : vos anciennes discussions, si elles font partie du jeu de données destiné à l’entraînement du modèle, n’en seront pas exclues.
Ensuite, vos futurs échanges avec ChatGPT ne seront pas exemptés des analyses automatisées qui ont pour vocation de détecter les violations des règles de sécurité et de conditions d’utilisation.
Cette situation peut être considérée comme une piqûre de rappel cruciale : prenez garde à ce que vous partagez avec un chatbot IA. Si ce n’est pas un prestataire recruté pour améliorer les réponses du LLM qui lit vos discussions, ce pourrait être, tôt ou tard, n’importe quel inconnu.