ChatGPT déjà en danger de mort ? Microsoft veut retirer son soutien à OpenAI

Microsoft va développer ses propres modèles d'IA au lieu de compter sur ceux d'OpenAI. Pourtant pionnière du secteur avec ChatGPT, l'avenir s'assombrit pour la société dirigée par Sam Altman.

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Crédits : Adobe Stock

Fin 2022, OpenAI se rendait célèbre aux yeux du grand public en lançant ChatGPT, son chatbot aux capacités conversationnelles remarquables. La plateforme s'est très vite imposée comme indispensable aux yeux des utilisateurs, dont certains ne peuvent plus se passer au quotidien. Le terme “ChatGPT” est même entré dans le langage courant pour désigner l'IA en général, comme on peut dire qu'on “Google” une requête lorsqu'on effectue une recherche web. Et pourtant, malgré ce succès fulgurant, OpenAI semble aujourd'hui en danger.

Interrogé par le Financial Times, Mustafa Suleyman, responsable de l'IA chez Microsoft, a indiqué que la firme était en train de préparer la transition des modèles d'IA d'OpenAI à ceux qu'elle développe elle-même actuellement. “Nous devons développer nos propres modèles de base, qui sont à la pointe de la technologie, avec une puissance de calcul à l'échelle du gigawatt et certaines des meilleures équipes d'entraînement en IA au monde”, a-t-il déclaré.

Microsoft s'éloigne peu à peu d'OpenAI

Contrairement à Google, qui a mis au point ses propres modèles d'IA pour alimenter ses différents produits, Microsoft a fait le choix d'investir massivement dans OpenAI pour ne pas perdre de temps, étant donné que l'entreprise était en avance sur toute l'industrie à l'époque. Microsoft détient d'ailleurs 27 % de la branche commerciale d'OpenAI, créée après l'engouement suscité par ChatGPT, alors qu'il s'agissait auparavant d'une organisation à but non lucratif. Une nouvelle entité à but lucratif limité a depuis été inaugurée. Microsoft dispose aussi des droits de propriété intellectuelle sur les modèles d'IA jusqu'en 2032. Ce sont ces mêmes modèles qui alimentent les fonctionnalités d'IA de Windows, de la suite Microsoft 365 (anciennement Office 365) et des autres logiciels du groupe.

Microsoft prévoit de déployer ses premiers modèles d'IA en 2026. Autrefois allié, il va de facto devenir un concurrent direct d'OpenAI, qui doit aussi composer avec des acteurs majeurs comme Google, Amazon ou Anthropic, qui vient de rendre gratuites de nombreuses options avancées de son IA Claude. OpenAI peut craindre que les modèles d'IA de Microsoft lui subtilisent des clients et des parts de marché, mais surtout que son investissement se tarisse, alors qu'il en est dépendant.

Microsoft a déjà commencé à se désengager d'OpenAI. Les deux organismes ont négocié l'automne dernier une révision du contrat qui les lie. Cette nouvelle version de l'accord permet à OpenAI de négocier des ressources de calcul auprès de sociétés de cloud concurrentes à Microsoft Azure. Microsoft ne veut plus assumer tous les risques croissants que représente OpenAI.

ChatGPT et Sora sont des gouffres financiers

Nous vous rapportions il y a peu qu'OpenAI essuie des pertes financières hallucinantes. Les revenus générés par les abonnements à ChatGPT et ses autres services sont loin de compenser les coûts engendrés par le fonctionnement de ses systèmes. En 2025, le générateur d'images Sora 2 aurait coûté à OpenAI environ 15 millions de dollars US par jour, soit 5 milliards de dollars US sur l'ensemble de l'année. Autant dire que ce service est très loin d'être rentable.

Accepter de perdre de l'argent à court terme pour capter les utilisateurs, puis monétiser cette audience une fois acquise à sa cause, est une stratégie courante pour les plateformes numériques. Spotify a pendant très longtemps été déficitaire, tout en étant le numéro 1 sur le marché du streaming musical. Mais il n'est absolument pas certain qu'OpenAI parvienne à fidéliser ses utilisateurs une fois qu'il faudra obligatoirement passer à la caisse ou payer plus cher. ChatGPT va commencer à afficher de la publicité, la réaction du public nous donnera déjà un indicateur sur sa tolérance.

La société a un désavantage majeur par rapport à Google, Microsoft ou Amazon : son écosystème de produits qui peuvent bénéficier de ses propres modèles est quasi inexistant. Quitter ChatGPT pour Claude, Mistral ou Gemini est aisé. Abandonner Windows, Android ou Amazon l'est bien moins. L'avenir d'OpenAI passera sans doute plus par les revenus générés par les API permettant d'accéder à ses modèles depuis d'autres plateformes que par ChatGPT et Sora.

Alors que l'IA suscite des craintes pour ses effets sur l'humanité, Mustafa Suleyman se veut rassurant à cet égard. “Il faut revoir notre approche et partir du principe que nous ne devrions créer un tel système que si nous sommes certains de pouvoir le contrôler et qu'il fonctionne sous notre autorité. Ces outils, comme toutes les technologies du passé, sont conçus pour améliorer le bien-être humain et servir l'humanité, et non pour la dépasser”, explique-t-il. Mais la gestion de la course à l'IA par Microsoft dans Windows n'invite pas à la confiance.


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