Cette nouvelle mention sur Apple Music promet de démasquer les faux artistes
Les plateformes de streaming musical voient affluer toujours plus de morceaux produits par intelligence artificielle. Apple cherchait depuis plusieurs mois comment réagir sur son propre service. Le groupe a finalement choisi une solution, mais celle-ci affiche déjà plusieurs faiblesses.

Il suffit désormais de quelques secondes pour obtenir un morceau crédible avec un générateur. Ces créations rejoignent ensuite immédiatement les services d’écoute, sans véritable contrôle. Deezer a mesuré l’ampleur du phénomène dans son propre catalogue. Presque un titre ajouté chaque jour sur deux vient d’une intelligence artificielle. Pendant l’écoute, aucun indice ne permet au public de le distinguer.
Devant cette déferlante, les plateformes adoptent chacune leur propre stratégie. Spotify signale désormais les pages d’artistes entièrement générées, sans appliquer cette indication directement aux chansons. Jusqu’ici, Apple privilégiait une méthode plus discrète, uniquement destinée aux professionnels du secteur. Un message envoyé à ses partenaires de l’industrie vient toutefois de changer la situation.
Apple Music ajoutera la mention « Made With AI » aux morceaux générés
Apple Music commencera à afficher son étiquette « Made With AI » (Fait Avec IA) avant la fin de l’année. D’après le courriel récupéré par The Hollywood Reporter, les labels et distributeurs devront la déclarer lorsqu’une partie significative d’un morceau provient d’une intelligence artificielle. Une chanson produite avec un service génératif est donc concernée. Apple ne donne encore aucune date précise de déploiement. Directement visible dans l’application, ce marquage rend public un dispositif jusque-là cantonné aux coulisses.
Sur Apple Music, le système dépend entièrement de l’honnêteté des fournisseurs de contenu. Pourtant, l’entreprise possède déjà des outils internes capables d’identifier les morceaux artificiels. Elle ne prévoit pas d’utiliser ces détecteurs pour appliquer automatiquement la mention et n’a annoncé aucune sanction. Deezer adopte l’approche inverse en analysant chaque dépôt avec son propre système de détection. Sans déclaration, un morceau humain restera donc impossible à différencier d’une création artificielle non signalée.
Apple Music utilise déjà ces balises depuis mars, mais elles étaient jusqu’à présent facultatives et cachées au public. Elles peuvent concerner la pochette, l’enregistrement, la composition ainsi que le clip. Oliver Schusser, vice-président du service, expliquait plus tôt cette année que plus d’un tiers des morceaux ajoutés chaque mois provenaient entièrement d’une machine, alors qu’ils représentaient moins de 1 % des écoutes réelles. Le badge n’indiquera pas davantage si une chanson résulte d’une simple requête ou seulement d’une assistance au mixage.