Voici pourquoi la jumelle de la Terre n’a aucune lune, la réponse est brutale
Vénus figure toujours parmi les deux uniques mondes du système solaire dépourvus de lune. Une équipe de recherche américaine a simulé ce qui serait arrivé au compagnon qu’elle aurait éventuellement possédé. Leur résultat condamne totalement ce corps aujourd’hui absent.

Certaines planètes possèdent des dizaines de compagnons naturels. Au printemps dernier, quinze nouvelles lunes ont rejoint les cortèges de Jupiter et Saturne. Mercure et Vénus font figure d’exceptions, chacune parcourant son orbite autour du Soleil sans aucun compagnon. Elle suscite davantage d’intérêt chez les spécialistes. Ses dimensions, sa masse et sa nature rocheuse en font un monde similaire à la Terre.
L’origine de tels corps célestes mobilise toujours fortement les spécialistes. La Lune aurait pris forme extrêmement rapidement, juste après l’impact subi par la Terre au début de son histoire. Dans ses premières années, Vénus aurait encaissé autant de collisions comparables que notre planète. Stephen Kane, de l’université de Californie à Riverside, s’est donc demandé quel sort attendait un éventuel compagnon vénusien. Son équipe a conçu un modèle reposant uniquement sur la gravitation, avant d’en vérifier la fiabilité grâce à une reproduction précise de l’histoire du système Terre-Lune.
Vénus aurait attiré son satellite jusqu’à sa destruction
D’après les travaux mis en ligne sur la plateforme arXiv, un compagnon orbitant autour de Vénus n’aurait jamais connu l’éloignement progressif observé pour la Lune terrestre. Sa trajectoire se serait finalement renversée, le ramenant vers la planète jusqu’à ce que les forces gravitationnelles vénusiennes le mettent en pièces. Son sort semblait donc scellé. Les spécialistes ont confronté deux modèles mathématiques distincts des marées afin d’écarter toute dépendance à une seule série d’hypothèses. Même une masse supérieure ne l’aurait pas sauvé. Plus ce corps était massif, davantage il ralentissait la rotation vénusienne et accélérait sa disparition.
Stephen Kane envisage toutefois un cas très limité permettant à ce compagnon de survivre. La journée sur Vénus aurait dû durer moins d’environ douze heures, tandis que l’astre ne pouvait excéder la masse de notre Lune. De tels paramètres correspondent mal aux scénarios retenus pour ce monde à ses débuts. Au bout de plusieurs milliards d’années, aucun indice observable ne permet désormais de confirmer directement cette histoire. Des fragments tombés au sol auraient néanmoins pu imprimer une signature chimique dans l’atmosphère. La sonde DAVINCI de la NASA tentera de la détecter. L’étude attend toujours une évaluation par les pairs.