La Lune aurait mis seulement cinq heures à se former autour de la Terre après un choc géant
Durant vingt ans, le scénario dominant faisait de la Lune le fruit d’un anneau de matière regroupé lentement autour de notre planète. Des spécialistes américains ont relancé les simulations avec un élément rarement pris en compte. Le calcul ramène cette durée, autrefois estimée à des centaines d’années, à seulement une poignée d’heures.

Les programmes spatiaux replacent la Lune au centre de leurs priorités. Les dix années à venir doivent enchaîner vols habités, sondes automatiques et projets de bases permanentes. Cette mobilisation n’empêche pas les surprises. Cet été, des travaux indiquaient que des microbes terrestres pourraient survivre sur le sol lunaire en se cachant dans les irrégularités du terrain.
Des questions anciennes restent sans réponse depuis des dizaines d’années. Vers le pôle sud, la glace lunaire se concentre principalement dans les secteurs privés de lumière depuis le plus longtemps, un processus compris pour la première fois cette année. Les débuts de cette histoire restent mal connus. Il y a quelque 4,5 milliards d’années, un impact colossal aurait amorcé cette naissance. La chronologie exacte après cet épisode échappe toujours aux spécialistes.
Une planète de la taille de Mars se serait désintégrée sur la Terre pour donner la Lune en cinq heures
Adeene Denton dirige l’équipe du Southwest Research Institute à l’origine de ces travaux, publiés dans The Astrophysical Journal Letters. Le modèle intègre la résistance des matériaux, liée à la température interne des deux astres lors de l’impact. Un astre chauffé se déforme davantage. L’énergie de l’impact se distribue différemment et la matière éjectée ne suit plus la même trajectoire autour de la Terre. Une Théia encore brûlante modifie alors complètement le scénario. Elle frappe notre planète moins de 60 millions d’années après la formation des planètes, vole en morceaux et produit un énorme disque de matière. À peu près cinq heures suffisent pour obtenir une Lune entière.
Le scénario change du tout au tout avec un impacteur plus tardif et plus froid. L’anneau de débris subsiste alors. Notre satellite s’assemble progressivement, et une bonne partie de Théia finit par fusionner avec la Terre. Dans les deux cas, la Lune proviendrait surtout du manteau de cet astre disparu. Sa ressemblance chimique avec notre planète reste donc inexpliquée. Ailleurs dans la galaxie, la chasse aux exolunes pourrait aussi en pâtir, puisque des disques aussi brefs seraient presque impossibles à surprendre autour d’une exoplanète rocheuse.