Une usine française va produire la batterie qui doit tout changer pour la voiture électrique
Voilà plusieurs années que les batteries solides multiplient les grandes promesses, alors que leur arrivée en usine se fait toujours attendre. ProLogium assure avoir enfin dépassé cet obstacle. Deux laboratoires indépendants ont certifié sa cellule. Le groupe taïwanais envisage ensuite de fabriquer cette technologie à Dunkerque, au cœur d’une gigafactory nettement supérieure par sa taille à son installation d’aujourd’hui.
Le secteur automobile électrique attend une telle solution depuis une décennie. À masse identique, elle devrait offrir davantage d’autonomie, raccourcir fortement la charge et limiter les incendies. Les échéances reculent malgré cela régulièrement, tandis que plusieurs présentations déçoivent. Dès les premiers mois de l’année, la startup Donut Lab avait communiqué des résultats exceptionnels avant qu’une analyse réalisée par un tiers indépendant ne remette sa technologie en cause. La méfiance s’est installée chez nombre d’observateurs.
La Chine a donc choisi d’encadrer ces pratiques. Pékin applique maintenant une norme permettant de séparer un modèle entièrement solide d’une imitation. Obtenir cette qualification exige un essai sous vide à 120 degrés démontrant qu’aucun électrolyte liquide n’est présent. ProLogium a commencé en 2012 à développer une solution céramique au lithium. Mercedes-Benz figure parmi les investisseurs du groupe.
À Taïwan, ProLogium produit en série une batterie solide atteignant 381 Wh/kg
D’après son communiqué, ProLogium indique que la Gen 3.5 est maintenant fabriquée en série à Taoyuan. Le TÜV a obtenu 381 Wh/kg et 903 Wh/L avec une cellule de grande taille de 185,4 Ah, des valeurs supérieures d’environ 30 % à celles des références lithium-ion répandues. UL Solutions a également conservé le même exemplaire six heures sous vide à 120 degrés conformément à la norme chinoise. Son poids a reculé de moins de 0,05 %, face à un maximum autorisé de 0,5 %. La société promet aussi un passage de 5 à 80 % en moins de dix minutes.
Les quantités imposent toutefois de rester prudent. Taoyuan débute avec 0,5 GWh annuels, l’équivalent de quelque 6 000 packs de 80 kWh, presque rien face à l’industrie automobile. ProLogium veut doubler ce niveau d’ici 2030 et mise principalement sur la France. Sa future gigafactory de Dunkerque commencera à 4 GWh lors de la première phase, huit fois la capacité taïwanaise en service, avant de monter jusqu’à 44 GWh. Nio appartient aux partenaires historiques du groupe. Aucun constructeur n’a encore annoncé un modèle de série équipé de cette cellule.
