Moins chères et plus durables, ces batteries sans lithium signent leur entrée dans la cour des grands
Extraire du lithium coûte cher et détruit des écosystèmes entiers. Une alternative existe depuis des années, mais peinait à s'imposer. Un contrat record vient de lui donner une légitimité industrielle sans précédent.
Le lithium domine le marché des batteries depuis des décennies. Sa demande a explosé avec l'essor des voitures électriques et des systèmes de stockage d'énergie. Mais son extraction reste coûteuse, polluante et concentrée dans quelques pays. CATL, numéro un mondial des batteries, avait annoncé en 2025 sa volonté d'industrialiser ses batteries sodium-ion. L'objectif était de proposer une alternative moins chère, sans sacrifier les performances.
Dans ce contexte, le recyclage des batteries s'impose comme une priorité mondiale, avec des réglementations de plus en plus strictes. Mais une autre piste progresse en parallèle. Le 27 avril 2026, CATL et l'intégrateur HyperStrong ont signé un accord stratégique de trois ans. Il porte sur 60 GWh de batteries sodium-ion. Il s'agit de la plus grande commande de ce type jamais passée dans le secteur.
CATL et HyperStrong signent la plus grande commande de batteries sodium-ion jamais passée
Selon CnEVPost, qui a relayé l'annonce officielle de CATL, cet accord couvre la recherche, le développement et la mise en œuvre de projets de stockage d'énergie. Le volume de 60 GWh représente environ la moitié des batteries de stockage livrées par l'entreprise sur toute l'année 2025. La firme affirme avoir surmonté les principaux défis de la production en masse. Elle cite notamment la densité énergétique, le contrôle de l'humidité et les risques de déformation à la fabrication.
Les avantages des batteries sodium-ion sont concrets. Le sodium est environ 1 000 fois plus abondant que le lithium dans la croûte terrestre. Son approvisionnement est bien moins sensible aux tensions géopolitiques. Les cellules de CATL affichent une densité énergétique de 160 Wh/kg et une durée de vie dépassant 15 000 cycles. Elles fonctionnent entre -40 °C et 70 °C, une plage bien plus large que la plupart des batteries lithium-ion. CATL les a conçues avec les mêmes dimensions que ses produits lithium-ion. Les intégrateurs peuvent les adopter sans modifier leurs infrastructures. Un dirigeant du secteur a comparé l'impact de cet accord à celui de DeepSeek sur l'IA, estimant qu'il pourrait réduire les coûts de stockage à grande échelle.
