Présentée comme une prouesse, cette batterie n’était qu’une simple cellule lithium-ion
La batterie solide de Donut Lab promettait de bouleverser les véhicules électriques. Des dizaines d'experts ont décortiqué la fameuse cellule. Leur verdict est sans appel, la prétendue merveille n'était qu'une vulgaire batterie lithium-ion.

Les batteries à l'état solide sont présentées depuis des années comme la prochaine grande rupture des voitures électriques. Elles promettent plus d'autonomie, une recharge éclair et une meilleure sécurité. Pourtant, les annonces se multiplient sans jamais déboucher sur un produit concret. Régulièrement, une batterie solide annoncée comme une révolution finit par se heurter à la réalité des laboratoires.
Dans ce contexte, une jeune pousse finlandaise a créé la surprise. Au CES 2026, Donut Lab avait promis une batterie solide à la recharge ultra rapide, annoncée à 400 Wh/kg et 100 000 cycles. La société comptait équiper la moto électrique Verge dès le premier trimestre. Très vite, plusieurs spécialistes ont jugé ces performances trop belles pour être vraies.
La fameuse batterie miracle de Donut Lab cachait une banale cellule lithium-ion
Le verdict tombe après une analyse minutieuse. Selon une enquête publiée sur YouTube par le chercheur en batteries Ziroth, la cellule de Donut Lab est bel et bien une batterie lithium-ion. Plus de vingt experts indépendants ont confirmé ce constat. Les courbes de tension trahissent une chimie au nickel classique. La cellule se stabilise autour de 3,7 volts à mi-charge, là où une batterie sodium-ion plafonne sous 3,5 volts. La densité réelle atteint environ 298 Wh/kg, contre les 400 annoncés par la startup.
Un second indice se révèle encore plus accablant. Lors de la charge, l'expansion de la cellule dévoile une anode en graphite, incompatible avec une vraie batterie sodium-ion. Les ions sodium restent trop gros pour s'y glisser. L'origine de la technologie interroge tout autant. Elle provient de l'allemand CT Coatings, une société aux brevets éclectiques, allant des dalles sérigraphiées aux triangles de signalisation. Quant à Nordic Nano, censé fabriquer les cellules, il n'aurait jamais produit la moindre batterie.
Cette affaire risque surtout d'écorner l'image des batteries solides auprès du grand public. La technologie progresse pourtant réellement chez des acteurs sérieux. Toyota a investi plus de 15 milliards de dollars, soit environ 14 milliards d'euros, et vise une production avant 2028. Samsung exploite de son côté la plus grande ligne pilote au monde. En Finlande, les autorités financières et pénales examinent désormais le dossier Donut Lab.