Les marques chinoises se copient désormais entre elles et Xiaomi en fait les frais devant les tribunaux
En Chine, copier le design d'un concurrent est une pratique courante. Xiaomi en sait quelque chose, ses propres modèles ont souvent été accusés de plagiat. Cette fois, c'est le constructeur qui se retrouve dans le rôle de l'accusé.
Le marché automobile chinois est devenu l'un des plus compétitifs au monde. Des centaines de constructeurs s'y affrontent, des géants comme BYD aux petits fabricants locaux de véhicules électriques low-cost. Ces derniers, appelés LSEVs, sont des mini-véhicules sans permis destinés aux trajets urbains courts. Leur prix réduit et leur simplicité d'usage en font un produit très populaire dans les zones périurbaines chinoises. Honor, Xiaomi et d'autres grandes marques s'inspirent régulièrement les unes des autres sur le plan du design.
Dans ce contexte, Xiaomi Auto fait face à une attaque inattendue. Shandong Yanlu New Energy Vehicle fabrique des voiturettes électriques sans permis sous la marque Yunlei. Cette petite entreprise d'une vingtaine d'employés a contesté trois brevets de design déposés par Xiaomi. Ces brevets concernent le pare-chocs avant, le pare-chocs arrière et les phares avant de la SU7 et du YU7. Une audience orale s'est tenue le 26 mars devant l'Administration nationale de la propriété intellectuelle en Chine.

Shandong Yanlu accuse Xiaomi de lui avoir copié ses designs et saisit la justice chinoise
Selon CarNewsChina, les trois brevets ont été déposés en janvier 2023. Celui concernant les phares a nécessité plus de deux ans pour être accordé, contre six à huit mois en moyenne habituellement. L'Administration nationale de la propriété intellectuelle avait pourtant confirmé leur validité en mai 2025. Elle avait comparé les designs à ceux de Porsche, Audi, Nissan et Toyota, sans y trouver de problème. Shandong Yanlu conteste malgré tout ces conclusions et réclame l'invalidation des trois titres.
L'ironie de la situation n'échappe à personne. Xiaomi est lui-même régulièrement pointé du doigt pour ses inspirations très marquées chez Apple et d'autres marques occidentales. Se retrouver accusé de plagiat par un fabricant de voiturettes sans permis représente un retournement savoureux. La SU7 engrange pourtant les succès en Chine, avec 15 000 commandes en 34 minutes lors du lancement de la version 2026. L'issue de l'audience déterminera si les trois brevets restent valides.
