Le taxi aérien autonome de Boeing dangereux ? Une plainte sème le doute
Une ingénieure de Whisk Aero, filiale de Boeing, estime avoir été licenciée parce qu'elle a averti de risques de sécurité concernant le taxi aérien de la firme. Que s'est-il passé exactement ?

Les taxis volants ne sont pas vraiment une nouveauté. En tout cas en tant que concept. Aux États-Unis, d'où ils ont majoritairement originaires, aucun n'a encore reçu la certification de la Federal Aviation Administration (FAA). Une étape obligatoire pour avoir le droit de transporter des passagers et donc de lancer le taxi aérien sur le marché.
Ça n'empêche pas le développement de tels appareils cela dit. Boeing en est déjà à sa 6e génération par exemple, par l'intermédiaire de sa filiale Whisk Aero, rachetée en 2023. Sa particularité : il navigue sans pilote.
L'engin, visible sur la photo servant à illustrer cet article, a d'ailleurs effectué son premier vol en décembre 2025. Mais derrière ce succès se cache une affaire qui pourrait bien ternir le tableau. Briahna O’Neill, ancienne ingénieure du département Logiciel chez Whisk Aero, accuse son employeur et donc Boeing de l'avoir licenciée parce qu'elle a soulevé des problèmes de sécurité concernant le taxi volant.
Pourquoi une ex-ingénieure accuse Whisk Aero et Boeing de représailles ?
“J’ai passé des années chez Wisk, convaincu de la mission de l’entreprise et de l’avenir de cette technologie. Lorsque j’ai fait part à l’entreprise de mes inquiétudes en matière de sécurité, je l’ai fait parce que j’estimais que c’était la bonne chose à faire, non seulement pour moi-même, mais aussi pour tous les passagers qui, un jour, voyageraient grâce à cette technologie. La réaction de Wisk n’a pas été celle d’une entreprise responsable, mais celle d’une entreprise qui a exercé des représailles“, explique l'ingénieure à nos confères du Seattle Times.
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Dans le détail, O’Neill raconte qu'elle s'inquiétait à propos du logiciel qui contrôle le vol et la navigation du taxi aérien. Très mal codé selon elle, il ne passerait pas les tests demandés par la FAA. En février 2025, l'ingénieure dépose une plainte interne à ce propos. Puis une deuxième en décembre la même année. Elle y affirme que la direction de Whisk a délibérément réduit les tests logiciels pour tenir les délais fixés. Une décision potentiellement très dangereuse pour les futurs passagers.
Briahna O’Neill est licenciée environ 2 semaines après le dépôt du second rapport. La plainte déposée devant la cour supérieure de Santa Clara, en Californie, retient des fait de discrimination, de représailles et un licenciement abusif. À ce jour, Whisk Aero n'a pas réagi. Boeing a répondu que l'entreprise ne commentait pas les affaires en cours.
Source : The Seattle Times