La mémoire va représenter la moitié du coût des smartphones d’entrée de gamme en 2026, les prix vont augmenter
L'explosion des coûts de la RAM et du stockage pose des défis de développement aux constructeurs de smartphones d'entrée de gamme. Près de 50 % des coûts de production des mobiles à moins de 200 euros vont être consacrés à la mémoire.
La flambée des prix de la mémoire impacte grandement le marché de l'électronique grand public. Les fournisseurs de composants DRAM et NAND concentrent leur production de puces pour les serveurs dédiés à l'IA de leurs clients afin d'augmenter leurs marges, délaissant le reste de leurs activités. On assiste donc à une pénurie de mémoire, et les fabricants de smartphones doivent payer bien plus cher qu'il y a quelques mois pour sécuriser un stock leur permettant d'assurer la production de leurs appareils.
D'après le rapport Memory Price Tracker du cabinet d'analyse Counterpoint Research, les prix de la DRAM ont augmenté de plus de 50 % et ceux de la mémoire flash NAND de plus de 90 % au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, qui avait déjà vu une forte hausse des coûts. Cette envolée va forcément être répercutée sur le prix final des produits, et ce sont les smartphones d'entrée de gamme qui en souffrent le plus, la part du coût de la mémoire dans l'ensemble des coûts de production étant la plus élevée pour ce type d'appareils.
Dans un smartphone à 200 €, presque la moitié des coûts proviendrait de la mémoire
Pour les smartphones qui coûtent moins de 200 euros, en supposant que les coûts des autres composants restent stables, “une configuration mémoire typique de 6 Go LPDDR4X + 128 Go eMMC entraînera une hausse de 25 % du coût total”, estime Counterpoint. La mémoire représentera alors 43 % du coût total d'un appareil, près de la moitié. Jusqu'ici, le processeur et l'écran constituaient les éléments les plus coûteux d'un mobile. Désormais, la mémoire occupe également un rang très important.
“En 2026, les fabricants auront du mal à concilier le coût des composants, les marges brutes et les objectifs de livraison. Ceux qui misent fortement sur les modèles d’entrée de gamme pour gagner des parts de marché s’exposeront à un risque important de pertes à court terme”, déclare Shenghao Bai, analyste en charge de l'étude.

Pour atténuer ces pressions, les marques vont devoir s'adapter. Elles vont probablement réduire leur production de modèles d'entrée de gamme, qui ne peuvent plus être compétitifs en l'état actuel du marché. Un renforcement du contrôle des configurations matérielles et une réduction des spécifications non essentielles vont aussi être nécessaires pour compenser les coûts. Autrement dit, les constructeurs vont devoir réaliser des concessions techniques.
Mais même en réduisant les coûts sur les autres composants, il sera difficile d'absorber la totalité des augmentations de coûts de la mémoire. “Une hausse des prix de détail semble inévitable en 2026. Nous prévoyons une augmentation d’environ 30 $ US pour les modèles d’entrée de gamme”, annonce Counterpoint. Sur des appareils à tarif bas, il s'agit d'une très forte majoration, surtout pour des smartphones qui ne devraient pas apporter d'améliorations par rapport aux générations précédentes.
Les smartphones premium sont aussi touchés
Pour les smartphones de milieu de gamme, dont le prix se trouve entre 400 et 600 euros, la part de la mémoire DRAM et de la mémoire NAND dans le coût total de fabrication devrait atteindre respectivement 14 % et 11 % au premier trimestre 2026, en se basant sur une configuration basique de 8 Go de RAM LPDDR5X et 256 Go de stockage UFS 4.0. Ces taux devraient ensuite grimper à 20 % et 16 % au deuxième trimestre 2026. Pour l'instant, la mémoire représente donc environ un quart du coût d'un mobile milieu de gamme, et cela va bientôt passer à plus d'un tiers.
On pourrait penser que l'impact sur le prix des smartphones les plus haut de gamme serait moindre, car ils embarquent des puces et des écrans très coûteux qui constituent une bonne partie des dépenses. Mais comme il s'agit aussi des modèles qui embarquent une très grande quantité de mémoire, ils souffrent finalement de problèmes similaires.
“Les flagships seront confrontés à une double pression sur les coûts, due à la mémoire haute capacité et aux SoC premium gravés en 2 nm. Pour une configuration haut de gamme avec 16 Go de mémoire LPDDR5X HKMG et 512 Go de stockage UFS 4.1, le coût total des composants devrait augmenter de 100 à 150 $ US d’ici au deuxième trimestre 2026. À cette date, la mémoire DRAM et la mémoire NAND représenteront respectivement 23 % et 18 % du coût total des composants”, apprend-on.
On l'a vu avec les iPhone 17 et les Galaxy S26, les constructeurs suppriment les options avec le moins de stockage pour soigner leurs marges. Counterpoint prévoit des hausses de prix de 150 à 200 $ US sur le haut de gamme dans les mois à venir.
