IPTV : pourquoi le piratage a la cote chez 1 Français sur 4
IPTV, streaming et téléchargements illégaux, quelles sont les raisons qui poussent les Français à pirater ? Une nouvelle étude apporte des réponses.

Le sujet du piratage des films, séries, jeux vidéo ou retransmissions sportives est presque aussi vieux qu'internet. En France, le débat est revenu au centre des préoccupations quand DAZN a obtenu les droits de diffusion de la Ligue 1. Les prix très élevés pratiqués par DAZN et la qualité des contenus avaient poussé les spectateurs vers le piratage et l’IPTV, avait alors révélé une étude commandée par la LFP à l'institut Ipsos. Cette fois, c'est une étude Sharesub, toujours réalisée par Ipsos, qui nous en apprend plus sur les habitudes de piratage des Français, et surtout les raisons pour lesquelles ils ont recours aux plateformes illégales pour visionner du sport, la télévision et le cinéma.
Les formes de piratage les plus répandues sont le téléchargement et le streaming illégal. 22 % des répondants affirment avoir déjà téléchargé illégalement du contenu multimédia, tandis que 23 % d'entre eux admettent avoir déjà eu recours au streaming illégal. Il existe un écart significatif de cette pratique entre les hommes et les femmes. 30 % des hommes ont déjà téléchargé illégalement et 31 % ont pratiqué le streaming illégal, contre seulement 15 % des femmes pour les deux catégories. Les hommes sont donc deux fois plus nombreux à pirater que les femmes.
Le prix des solutions légales encourage le piratage
Interrogées sur les raisons qui les poussent à passer par l'IPTV, le streaming et les téléchargements illégaux, 65 % des personnes concernées citent le prix trop élevé des solutions légales comme point de crispation et facteur majeur du recours à des alternatives hors-la-loi. Mais d'autres motifs sont aussi invoqués pour justifier ces pratiques :
- 29 % indiquent ne pas trouver certains contenus de manière légale.
- 26 % évoquent la démultiplication du nombre d’abonnements nécessaires pour accéder aux contenus.
- 22 % mentionnent des restrictions géographiques.
- 19 % trouvent que les solutions légales (avant proposées sans pub) abusent des publicités.
La disparition des supports physiques a rendu complexe l'accès à certaines oeuvres. Pour le sport, certaines compétitions ne sont tout simplement pas diffusées légalement en France. Ce fut le cas pendant un temps pour la Serie A italienne de football, par exemple. Dans ce cas, soit on accepte de ne pas voir un contenu, soit on est obligé de le pirater.
La fragmentation de l'offre est un autre argument qui revient souvent. Payer un abonnement pour disposer de nombreux contenus est acceptable, d'où le succès de Canal+. Mais la multiplication des plateformes a fatigué les téléspectateurs, qui ne souhaitent pas payer pour tout. C'est vrai aussi bien pour les services de SVOD (Netflix, Prime Video, Disney+, HBO Max, Apple TV+, Paramount+…) que pour les chaînes de sport. Les fans de foot doivent par exemple souscrire à Canal+ pour la Premier League anglaise et la Ligue des Champions, à Ligue 1+ pour 8 matchs de Ligue 1 sur 9, à beIN Sports pour la Liga espagnole, la Bundesliga allemande et le dernier match de Ligue 1 par journée, et même à DAZN pour la Serie A italienne.
Restrictions géographiques et de partage de compte
Le blocage de contenus par géolocalisation est aussi frustrant, surtout en France, où la chronologie des médias nous contraint à recevoir les derniers films des mois après les autres pays sur les plateformes de SVOD. Ces dernières sont en outre de plus en plus efficaces pour détecter les VPN, poussant les utilisateurs dans les bras du piratage. Le fait que les services de streaming vidéo aient commencé à diffuser de la publicité en a aussi agacé plus d'un. Netflix, Prime Video, Disney+, HBO Max, presque tout le monde s'y est mis, et a augmenté le tarif des formules premium sans publicité dans le même temps.
“Dans ce contexte, 62 % des répondants estiment qu’une plateforme sécurisée et légale de partage d’abonnements constitue une alternative au piratage. Une solution perçue comme un moyen de réduire les coûts grâce au tarif de groupe, tout en continuant à accéder aux services numériques, dans un cadre légal et qui contribue à financer la création de contenu”, explique le rapport. Sauf que là encore, la situation a évolué. Les plateformes font la chasse au partage de compte, limitant le nombre d'écran en simultané et allant même jusqu'à bannir les appareils qui utilisent une adresse IP différente de celle du foyer principal.