Enquête antitrust : Apple affirme avec aplomb qu’il n’étouffe aucun concurrent dans son écosystème

 

L’enquête antitrust aux Etats-Unis conclut dans son rapport que Apple, Facebook, Google et Amazon sont des « monopoles » historiquement exceptionnellement puissants qui évoquent la ruée vers l’or noir ou les barons des chemins de fer américains. Apple refuse pourtant d’admettre une quelconque position dominante dans son écosystème. 

Apple App Store antitrust

Le rapport antitrust de la Chambre des représentants américaine est enfin public, et il est accablant pour Facebook, Google, Amazon et Apple. Dans le document de 450 pages on peut en effet lire que les géants américains de la tech « sont devenus des sortes de monopoles jamais vu depuis l’ère des barons du pétrole ou du chemin de fer« .

Le rapport recommande notamment que les plateformes dominantes n’aient plus le droit d’entrer dans de nouvelles activités adjacentes, que les agences antitrust voient par défaut les fusions de plateformes dominantes comme anticoncurrentielles, et que les élus américains forcent les plateformes à mettre les services et applications concurrentes sur un pied d’égalité avec leurs propres solutions d’écosystème.

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Apple refuse d’admettre un quelconque abus de position dominante

Mais le document va plus loin et détaille la situation des différentes firmes visées par l’enquête. Notamment Apple :

« Par contraste, Apple possède le système d’exploitation iOS de même que le seul moyen de distribuer du software sur les appareils iOS. Apple joue de son rôle en tant que fournisseur de système d’exploitation en interdisant les alternatives à l’App Store et facture des frais et commissions pour certaines catégories d’apps qui atteignent les clients. Et répond aux tentatives de contourner ces frais par un retrait de l’App Store. A cause de cette politique, les développeurs n’ont d’autre option que de jouer selon les règles fixées par Apple pour atteindre les clients qui possèdent des appareils iOS. Les propriétaires d’appareils iOS n’ont pas de méthode alternative pour installer des applications sur leur smartphone« .

Apple n’a pas tardé à réagir… pour mieux réfuter en bloc les accusations et conclusions du rapport. La firme explique sans ciller dans un communiqué de presse cité par MacRumors qu’elle ne détient « aucune position dominante dans les catégories dans lesquelles elle fait des affaires » : « Nous avons toujours dit que rendre des comptes est raisonnable et approprié, mais nous réfutons avec véhémence les conclusions de ce rapport en ce qui concerne Apple », lance la firme dans sa réponse.

Avant d’ajouter : « Notre entreprise n’a aucune position dominante dans les catégories dans lesquelles elle fait des affaires. Depuis ses débuts il y a 12 ans avec seulement 500 applications, nous avons construit l’App Store comme un espace sûr et digne de confiance pour que les utilisateurs puissent découvrir et télécharger des applications tout en soutenant les développeurs pour qu’ils puissent créer et vendre des applications dans le monde entier ».

Apple veut faire croire qu’elle favorise, au contraire, la concurrence au travers de l’App Store

Et la firme de poursuivre : « En répertoriant plus de 2 millions d’apps à ce jour, l’App Store a honoré sa promesse tout en se conformant aux plus hauts standards en matière de vie privée, sécurité et qualité. L’App Store a activé de nouveaux marchés, services et produits qui étaient inimaginables il y a 12 ans et les développeurs ont été les premiers bénéficiaires de cet écosystème« .

Apple donne ensuite quelques chiffres : « L’année dernière aux Etats-Unis, l’App Store a facilité plus de 138 milliards de dollars de transactions commerciales, dont 85% seulement grâce à l’action de développeurs tiers. La commission prélevée par Apple est fermement fixée au niveau le plus courant par rapport à ce que d’autres magasins d’applications et plateformes de jeux vidéo pratiquent ».

La firme conclut : « La concurrence stimule l’innovation et l’innovation nous a toujours défini chez Apple. Nous travaillons sans cesse à délivrer les meilleurs produits à nos clients, avec la sécurité et la vie privée à coeur, et nous continuerons à le faire ». On se souvient pourtant du traitement longtemps réservé à Spotify, qui était jusqu’à il y a encore peu exclu des commandes Siri ou de l’Apple Watch.

Spotify accuse désormais Apple d’abuser à nouveau de sa position dominante avec Apple One qui inclut Apple Music sans possibilité de le substituer par une autre application concurrente. Mais ce qui agace encore plus les développeurs tiers, c’est la commission de 30% pratiquée par Apple. Cette surtaxe est prélevé sur le prix des applications payantes, ainsi que des recettes de leurs achats intégrés, y compris des abonnements.

Nombre de plateformes dont Netflix ne permettent plus de souscrire un abonnement directement dans l’application iPhone pour cette raison – faute de quoi il faudrait facturer l’abonnement plus cher aux abonnés iPhone. Epic Games, l’éditeur de Fortnite a récemment tenté de forcer Apple à infléchir sa position, en activant unilatéralement son propre système de transactions dans son jeu. Ce qui a conduit Apple à bannir l’application de l’App Store.



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