Des chercheurs ont laissé rôtir deux voitures au soleil pour enfin savoir si une voiture noire chauffe vraiment plus à l’intérieur
La couleur d’une voiture pèse lourd sur la température de sa carrosserie sous un soleil de plomb. Deux berlines identiques, l’une noire et l’autre argentée, ont passé une journée entière à cuire pour départager ces croyances. Le vrai responsable de la fournaise estivale se cache pourtant ailleurs.
Chaque été, les automobilistes retrouvent une voiture brûlante après quelques heures de stationnement. Sous le pare-brise, la chaleur accumulée menace aussi les objets oubliés sur les sièges, et nous avons récemment détaillé récemment les gestes à adopter pour épargner un smartphone durant un pic caniculaire. Vient alors immanquablement le débat sur la teinte de la carrosserie. Beaucoup de conducteurs jurent qu’un modèle sombre transforme le moindre trajet en supplice.
Traquer les degrés en trop occupe désormais tout le monde, au point qu’un développeur rennais a bâti un GPS français capable de privilégier les itinéraires ombragés. Côté automobile, la couleur d’une voiture revient dans la conversation à chaque canicule. Plusieurs relevés de surface ont circulé ces derniers jours. En plein soleil, une carrosserie noire atteindrait 62 °C, contre 51 °C pour du rouge et 47 °C pour du gris. Le blanc s’en tire avec 43 °C, soit 19 °C de moins que le sommet du classement.
Une voiture noire dépasse de 25 °C sa jumelle de couleur argentée sur la carrosserie et de 5 °C dans l’habitacle
Pour trancher, des chercheurs ont garé deux Honda Civic strictement identiques côte à côte, face au sud, pendant toute une journée de juillet. Seule la couleur séparait la première voiture de la seconde. Leur étude, publiée dans Applied Energy, montre qu’après une heure d’exposition l’air mesuré à hauteur de visage n’affichait que 4,4 à 6,4 °C d’écart entre les deux berlines. Le toit noir grimpait pourtant jusqu’à 25 °C au-dessus de l’équivalent clair. La peinture cuit, l’habitacle beaucoup moins.
Traversant le pare-brise, le rayonnement solaire représente l’essentiel de la chaleur emmagasinée à bord. Surface vitrée, orientation du stationnement, toit panoramique ou couleur des sièges pèsent davantage que la peinture extérieure d’une voiture. Reste un effet mesurable sur la climatisation. Les chercheurs ont calculé qu’il fallait 3,83 kW pour ramener le modèle sombre à 25 °C, contre 3,34 kW pour son jumeau argenté. Sur un véhicule électrique, cette énergie est prise directement sur la batterie. En Europe, près de 80 % des autos produites en 2024 arboraient déjà une teinte blanche, noire, grise ou argentée. Se garer à l’ombre reste plus efficace que renoncer au noir.
