Le patron d’Instagram choque avec sa réponse face aux accusations d’addiction
Le patron d’Instagram s’est exprimé devant un tribunal américain. Interrogé sur l’usage intensif de la plateforme par des mineurs, il a livré une réponse inattendue.

Les réseaux sociaux occupent une place majeure dans le quotidien de beaucoup. En 2024, plus de 5 milliards de personnes les utilisaient dans le monde. Depuis plus de dix ans, des chercheurs alertent sur leurs effets sur la santé mentale des adolescents. Une étude publiée en 2025 par l’Université d’Amsterdam avance que certains effets négatifs ne proviendraient pas seulement des algorithmes, mais de leur structure même. Selon ses auteurs, les mécanismes de publication et de mise en avant des contenus favoriseraient la polarisation et la recherche d’attention.
Face à ces critiques, plusieurs entreprises ont annoncé de nouvelles mesures. YouTube a récemment introduit des options permettant aux parents de limiter ou désactiver totalement les Shorts pour les comptes de mineurs. Le format vidéo court est souvent associé à une consommation excessive, notamment chez les plus jeunes. C’est dans ce climat de vigilance accrue qu’Instagram se retrouve aujourd’hui au cœur d’un procès très suivi aux États-Unis.
Instagram estime devant un tribunal qu’utiliser l’application 16 heures par jour n’est pas une addiction
Adam Mosseri, directeur d’Instagram depuis huit ans, a témoigné cette semaine devant un tribunal de Californie. D’après la BBC, il s’agit du premier dirigeant de Meta à comparaître dans cette affaire. Le procès vise à déterminer si Instagram a joué un rôle majeur dans les troubles psychologiques d’une adolescente désignée par ses initiales K.G.M. Les avocats ont évoqué une journée durant laquelle la jeune fille aurait utilisé l’application pendant 16 heures. Le patron de l’application a qualifié cette durée d’« usage problématique », mais a refusé de parler d’addiction clinique. Il a expliqué que la frontière entre usage excessif et dépendance relevait d’une appréciation individuelle.
Lors de son audition, le dirigeant a également reconnu qu’Instagram devait faire davantage pour protéger les mineurs. Des documents internes présentés au tribunal montrent qu’une enquête menée auprès de 269 000 utilisateurs indiquait que 60 % d’entre eux avaient vu ou subi du harcèlement en une semaine. Le procès doit durer six semaines et pourrait faire jurisprudence. Meta, tout comme YouTube, Snapchat et TikTok, fait face à d’autres procédures similaires aux États-Unis.