Voitures électriques : AXA se retrouve au centre d’un bad buzz après avoir faussé une étude

 

Ce vendredi 3 septembre, la branche suisse d'AXA a publié une étude complète sur la dangerosité des véhicules électriques, entre risques d'incendie plus élevés, trop grande puissance et ratés des technologies d'aides à la conduite. Seulement, l'assureur a eu la bonne idée de bidonner un crash-test pour confirmer ses positions. Le bad-buzz a été immédiat. 

crash test axa
Crédits : AXA

Si le marché des voitures électriques se porte particulièrement en France et dans le monde, avec un record des ventes battu en juin 2022, les VE ont encore de nombreux préjugés qui leur collent à la peau. A commencer par leur supposée dangerosité supérieure face aux véhicules thermiques, plus précisément les risques plus élevés d'incendie à cause des batteries.

Il faut dire que les exemples d'incendie de VE ne manquent pas, à l'image de cette Tesla Model Y qui s'était transformée en brasier au beau milieu d'une route canadienne en mai 2022, ou encore de cette Model 3 qui avait pris feu subitement en novembre 2021.

AXA publie une étude discutable sur les véhicules électriques

Pour tenter de démêler le vrai du faux, la branche suisse d'AXA a publié ce vendredi 3 septembre une étude complète sur le sujet baptisée “Accidents de voitures électriques :  de nouveaux risques pour la sécurité routière ?”. Ce rapport, réalisé auprès de 1200 personnes, tend d'abord à prouver que les conducteurs de VE sont à l'origine de 50 % de collisions supplémentaires que les propriétaires de voitures thermiques.

La faute notamment à l'overtapping, ou l'accélération involontaire. En raison du couple élevé offert par les modèles de VE les plus puissants, les conducteurs peuvent être surpris par de fortes accélérations subites en effleurant la pédale. C'est d'ailleurs ce phénomène qui a conduit à l'accident mortel à Paris d'un taxi en Tesla Model 3.

Pour étayer son propos et prouver la dangerosité des voitures électriques, AXA s'est livré à un crash-test maison durant lequel l'assureur sacrifie une Tesla Model Y, pour le bien commun évidemment. Malheureusement, et c'est un point essentiel qui a échappé à certains médias, ce crash-test a été bidonné de A à Z par AXA !

Un crash-test bidon de A à Z

Dans l'objectif de rendre cet accident plus impressionnant, la voiture test “était dépourvue de batterie et l'incendie a été déclenché à distance” à l'aide d'artifices, comme l'a précisé à postériori AXA dans un communiqué d'excuses officielles. “En outre, le crash test effectué avec un modèle de la marque Tesla n'a pas causé au soubassement de la voiture des dommages de nature à déclencher un incendie de batterie, contrairement à ce que pourrait suggérer les images enregistrées”, reconnaît l'assureur.

Difficile de comprendre pourquoi AXA s'est laissé séduire par une telle supercherie, d'autant que l'étude de l'assureur précise que les risques d'incendies sur un VE en cas d'accident ne sont pas supérieurs à ceux sur un véhicule thermique, bien au contraire. Un fait confirmé par d'autres études officielles, à commencer par celle de la NHTSA (agence américaine en charge de la sécurité routière), qui dévoile que les VE ont un taux de 25 incendies pour 100 000 véhicules, contre 1530 pour les voitures thermiques.

Rétrospectivement, ce test destiné à illustrer un risque supposé aurait dû être conçu différemment. Nous avons clairement indiqué dans notre communiqué de presse que, selon les statistiques d'AXA Suisse, les. voitures électriques ne sont pas plus sujettes à un incendie que les véhicules à combustion classiques”, avoue l'entreprise. Concernant l'affirmation selon laquelle les conducteurs de VE causent plus d'accidents, ici encore la méthode employée nous invite à remettre en question ce résultat. En effet, AXA ne tient pas en compte de la catégorie, de la puissance ou encore du prix du véhicule.



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