Trois ans plus tard, la NASA se bat encore contre les fuites d’Artemis
La fusée lunaire Artemis 2 subit les mêmes défaillances que sa prédécesseure. Des fuites d’hydrogène ont de nouveau compromis un test majeur. La NASA peine à corriger un problème pourtant identifié depuis des années.

Depuis plusieurs mois, la NASA prépare le lancement d’Artemis 2, une mission historique censée marquer le retour des astronautes au-delà de l’orbite terrestre. Cette étape est essentielle dans le programme Artemis, qui vise à établir une présence durable sur la Lune avant de viser Mars. Alors que la date du décollage était fixée au 8 février, l’agence spatiale américaine a dû repousser l’échéance à la suite d’un incident survenu lors d’un test crucial de ravitaillement.
Ce test, appelé répétition générale humide, a pour but de simuler un compte à rebours réel, avec remplissage des réservoirs de la fusée en conditions opérationnelles. Mené entre le 1er et le 2 février, il a permis d’atteindre plusieurs objectifs, mais a été interrompu par des fuites d’hydrogène détectées sur la plateforme de lancement. Ces fuites proviennent du même point de connexion qui avait déjà causé des retards lors de la mission Artemis 1 en 2022. À l’époque, trois retours au bâtiment d’assemblage avaient été nécessaires avant un lancement réussi.
La NASA échoue à corriger des fuites connues depuis Artemis 1 sur Artemis 2
Les récents essais sur Artemis 2 montrent que les problèmes de ravitaillement en hydrogène n’ont toujours pas été entièrement résolus. D’après l’analyse de Space.com, la fuite détectée sur la plateforme provient du même point de connexion que celui déjà mis en cause lors de la mission Artemis 1. Cette fois encore, l’équipe a dû interrompre la simulation avant son terme. Malgré le remplissage complet des réservoirs et un compte à rebours poussé jusqu’à T-5 minutes, les conditions de sécurité nécessaires à un vol habité n’ont pas été validées. La NASA reporte donc le lancement à la prochaine fenêtre disponible en mars.
Les responsables de la mission évoquent plusieurs causes possibles. Le joint pourrait avoir été endommagé par les vibrations subies lors du transport de la fusée vers la rampe, un trajet de plus de 4 heures à faible vitesse. Chaque exemplaire du lanceur SLS étant unique, les marges d’erreur restent élevées. D’après les ingénieurs, certaines fuites n’apparaissent qu’en présence de carburants cryogéniques, rendant les tests au sol peu fiables. “Cette interface est extrêmement complexe, et l’hydrogène est une molécule très difficile à contenir”, a reconnu l’un des directeurs techniques. Malgré l’expérience d’Artemis 1, les équipes ne s’attendaient pas à voir ressurgir cette défaillance.