Avec le Cooler Pro 8, RedMagic promet une solution très efficace pour dissiper la chaleur émise par les smartphones quand ils sont fortement sollicités. Mais au-delà de la promesse alléchante et un prix abordable, le Cooler Pro 8 n’est pas fait pour tout le monde. Et on vous explique pourquoi dans ce test complet.
Depuis le passage aux architectures 64 bits en 2013 et 2014, les processeurs des smartphones sont devenus extrêmement puissants. L’écart avec les cœurs 32 bits était alors énorme. Mais depuis leur arrivée, les téléphones sont victimes d’un autre phénomène : ils chauffent beaucoup. Nous l’avons remarqué dans certains tests réalisés dans nos colonnes : certains modèles dépassent les 50°C sur la coque, voire même les 60°C avec le RedMagic 11 Air, par exemple.
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Dès lors, les designers des smartphones ont dû prendre en compte la dissipation de la chaleur émise par le SoC, notamment dans les flagships. Feuille de graphite. Caloduc. Chambre à vapeur. Ventilateur. Et même circuit de refroidissement liquide dans le RedMagic 11 Pro. Tout est bon pour améliorer la dissipation de la chaleur. Le but est double : d’un côté, offrir des performances hautes et stables ; de l’autre, ne pas bruler l’utilisateur en pleine partie.
Si la dissipation passive est largement suffisante dans un usage quotidien, parce que le SoC n’est pas sollicité, ce n’est malheureusement pas le cas dans un usage gaming avancé. Que ce soit avec les RedMagic testés récemment ou les flagships plus classiques. D’où l’idée d’apporter un peu d’aide extérieure : des ventilateurs tels que le Cooler Pro 8 de RedMagic que nous avons découvert au Mobile World Congress 2026. Si sur le papier, cette solution semble idéale, l’est-elle vraiment à l’usage ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce test.
Prix et date de disponibilité
Le prix public conseillé du Cooler Pro 8 s’élève à 59 euros. C’est le même prix que le VC Cooler 6 Pro à son lancement. Il n’y a donc pas d’inflation appliquée à ce produit. Le Cooler 8 Pro est le ventilateur le plus onéreux dans le catalogue de RedMagic. Il existe une solution plus abordable appelée Cryo Cooler 8 Air. Elle est vendue 39 euros par RedMagic.
À 59 euros, le Cooler Pro 8 se positionne sur le haut du marché des ventilateurs pour smartphone. En surfant sur Internet, vous retrouvez beaucoup d’autres produits qui ont la même fonction, mais qui coûtent entre 15 euros et 30 euros. Ces accessoires sont moins avancés ou moins complets.
Dans la boite, le ventilateur est accompagné d’un câble USB-C vers USB-C, d’un autocollant magnétique ainsi que d’un petit autocollant décoratif représentant Mora, l’idole virtuelle de RedMagic. Le Cooler 8 Pro se décline en deux versions, avec ou sans accroche dorsale. Si vous optez pour la seconde, vous disposez d’un système supplémentaire dans la boite qui n’utilise pas le magnétisme, mais un support avec des griffes qui enserre le téléphone au centre des tranches. Cette version est vendue 65 euros. Pour les besoins de ce test, nous disposons de la première.
Design et installation
Démarrons ce test avec le design du ventilateur. Son format est assez classique : un cube écrasé sur la hauteur. Il mesure 70 mm en longueur, 63 mm en largeur et 31 mm en hauteur. Il pèse 113 grammes, un poids qui va s’ajouter à celui du smartphone. Sachant que les smartphones gaming sont généralement plus lourds que la moyenne, cela impacte évidemment l’usage sur une longue période.
Le boitier du ventilateur est en aluminium. Mais à l’intérieur, vous retrouvez une structure en aluminium qui va jouer les dissipateurs thermiques, ainsi que le ventilateur avec ses 11 pales et son rotor pour le faire tourner. Au-dessus du ventilateur, vous retrouvez le logo de RedMagic, ainsi qu’une partie circulaire qui cache des LED RGB. Par défaut, ces dernières s’allument quand le ventilateur est sous tension. Mais il est possible de les éteindre manuellement.
Sur les tranches se trouvent un port USB-C pour alimenter l’accessoire et un bouton physique pour l’allumer ou l’éteindre. Sous le ventilateur, vous retrouvez du silicone pour protéger le téléphone, derrière lequel est caché l’aimant qui va fixer le ventilateur au téléphone. Il s’agit d’un aimant N52, suffisamment puissant pour supporter le poids d’un gros téléphone gaming.
Certains téléphones sont nativement magnétiques, comme notre iPhone 17 Pro Max de test. Mais d’autres ont un dos en verre minéral, comme le Galaxy S26 Ultra ou le RedMagic 11 Pro. Pour eux, il faut utiliser le sticker magnétique. L’avantage est qu’il accroche parfaitement le ventilateur. L’inconvénient c’est qu’il laisse des traces et qu’il ne collera plus aussi bien si vous changez de téléphone.
L’autre solution est d’utiliser une coque magnétique. C’est le cas de RedMagic qui propose une coque métallique adaptée à ce ventilateur. Elle vaut 20 euros, mais elle a le double avantage de positionner le ventilateur de façon précise et d’améliorer la dissipation thermique. D’autres marques en proposent aussi pour les iPhone ou les Galaxy S. Elles sont généralement faites pour la charge sans fil Qi2. Donc elles ne garantissent pas que le ventilateur sera positionné de façon optimale.
C’est d’ailleurs l’un des points faibles de ce ventilateur : il a été développé spécifiquement pour les téléphones dont le processeur est en position centrale, proche de l’aimant. Notamment les RedMagic. Pour un Galaxy S26, par exemple, l'accessoire a moins d’intérêt, puisque l’Exynos 2600 est placé à droite du module photo. Bien sûr, le ventilateur y a quand même un effet, mais il est moindre.
L'autre point faible du concept est l'incompatibilité du ventilateur avec une manette, même avec les modèles fournis par RedMagic. Une fois que le ventilateur est installé, il n'y a pas la place pour un contrôleur. Et inversement. Seule solution dans ce cas : utiliser une manette Bluetooth (ou filaire connectée au port USB-C du téléphone) et poser le smartphone sur une table. Ce n'est évidemment pas le plus pratique.
Connectivité, interactivité et interface
Une fois le ventilateur bien arrimé à son téléphone, il faut l’activer. D’abord, il faut le brancher à une source d’alimentation pour l’allumer. Puis il faut installer l’application « Goper », développée par Nubia. Cette appli sert à gérer les accessoires connectés de l’écosystème RedMagic. Elle est compatible iOS et Android. Et elle est installée par défaut dans RedMagic OS. Une fois l’application lancée, il suffit de connecter le ventilateur grâce à sa connexion Bluetooth. C’est très simple.
L’application est assez complète. Elle permet de gérer la baisse de température souhaitée. Il y a un mode « adaptatif » qui va dynamiquement augmenter ou réduire la vitesse de rotation du ventilateur. Il y a un curseur qui permet de choisir finement la puissance de refroidissement. Et il y a un mode appelé « Dieu de la destruction » qui pousse tous les curseurs à fond. L’application a trois autres objectifs : afficher les informations importantes sur le ventilateur (température en surface, vitesse de rotation et consommation d’énergie) ; changer le mode d’éclairage des LED et mettre à jour le firmware.
La connexion entre le ventilateur et le smartphone est Bluetooth uniquement. Il n’est pas possible de gérer l’accessoire avec une connexion filaire par USB. Connecter le ventilateur à l’application n’est pas une obligation : il active par les derniers réglages qu’il a utilisés. Mais c’est tout de même plus pratique. Il est également possible de gérer le ventilateur avec un autre téléphone équipé de l’application (si jamais l’appareil à refroidir n’a pas de connexion Bluetooth).
Performance, consommation et alimentation
Une fois le ventilateur allumé et connecté, passons aux tests d’endurance. Premier constat : le ventilateur est extrêmement efficace. Sa surface peut descendre en dessous de zéro avec le mode « Dieu de la destruction » (-21°C). Et en utilisant un mode plus modeste, la température du ventilateur tourne autour de 0°C. C’est assez impressionnant.
Pour les besoins de ce test, nous avons utilisé l’iPhone 17 Pro Max. Son processeur n’est pas situé au milieu de son châssis. Mais son dos est principalement constitué d’aluminium. Et grâce à l’aimant MagSafe, le ventilateur est bien fixé. Nous avons ensuite lancé plusieurs sessions du stress test Steel Nomad Light de 3DMark. La première sans le ventilateur. La deuxième avec le ventilateur et la gestion adaptative de la température. Et la troisième avec le ventilateur en mode « Dieu de la destruction ».
Quand le ventilateur est débranché, le téléphone obtient un score de stabilité de 58,8%. Quand le ventilateur est en mode adaptatif, l’iPhone 17 Pro Max obtient un score de 84,9%. Et quand le mode Dieu de la destruction est actif, le même téléphone obtient un score de 86,8%. Le ventilateur a donc, par défaut, une influence flagrante. Et le mode adaptatif est déjà une excellente alternative.
Côté température dû sur la coque, là aussi, l’influence est bonne, même si nous pensons qu’elle pourrait être encore meilleure (toujours parce que le SoC n’est pas juste en dessous du ventilateur). Lors de la première session, l’iPhone 17 Pro Max a atteint 46°C sur son point le plus chaud. Avec le ventilateur, le dos n’a pas dépassé les 35°C même au point le plus chaud. Et au point le plus froid, il est descendu à 19°C. Notez que l’écran, lui, est resté à 45°C à son point le plus chaud. Là encore, l’action de l’accessoire est considérable.
Le ventilateur tourne généralement autour de 3500 tours par minute, voire 4000 tours par minutes avec le mode adaptatif. Il peut monter à 6500 tours par minute en mode Dieu de la destruction. La consommation d’énergie est de 5 watts minimum et peut monter jusqu’à 36 watts maximum. Avec le mode adaptatif, cela se stabilise généralement entre 5 watts et 10 watts.
Contrairement à certains concurrents, le Cooler Pro 8 n’est pas équipé d’une batterie. Pour s’allumer, l’accessoire doit obligatoirement être branché en USB-C à une source d’énergie. Attention à cette dernière : la charge inversée d’un smartphone n’est pas suffisante pour les modes de refroidissement extrêmes et ne sera capable que de maintenir une rotation modérée. Il est plutôt conseillé d’utiliser un chargeur mural, une batterie externe ou le port USB-C d’un PC. C’est l’un des points faibles du Cooler Pro 8 : soit vous avez une batterie externe offrant une puissance de 45 watts, soit vous êtes coincé à côté d’une prise.
Alors, on achète ?
Le Cooler Pro 8 est aussi incroyable qu’il est frustrant. D’un côté, il est extrêmement efficace. Il peut baisser la température externe d’un smartphone de plusieurs dizaines de degrés et maintenir la puissance à bloc. Grâce à son application, il s’adapte dynamiquement pour éviter l’excès de bruit tout en assurant des performances stables, même en cas de pic d’activité. Jusque là, il est parfait.
Mais il a des défauts. D’une part, il ne s’adapte pas à tous les designs des téléphones, qu’il s’agisse des éléments internes ou de la coque. En outre, il nécessite sa propre alimentation qui ne peut être le téléphone lui-même. Enfin, il ne peut être utilisé en même temps qu’une manette physique, comme une Razer Kishi ou une Backbone One. Rares sont les gamers qui ont donc la configuration idéale et l’usage pour un tel accessoire. Mais si vous en faites partie, le Cooler Pro 8 est un achat vivement recommandé.
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Red Magic59€















