Cette annonce de Huawei montre que les sanctions américaines sur les puces ont échoué
Les sanctions américaines devaient stopper Huawei dans la course aux semi-conducteurs. Le géant chinois vient de dévoiler sa réponse, et elle est ambitieuse. Cette stratégie lui permettrait de concevoir des puces de pointe sans les équipements interdits par Washington.

Depuis 2019, les États-Unis ont progressivement coupé Huawei de ses principaux fournisseurs de composants. L'objectif était d'empêcher le géant chinois de fabriquer des puces avancées. Malgré cela, le constructeur a récemment conçu un SSD de 122 To sans aucune technologie américaine. La bataille des semi-conducteurs entre Washington et Pékin ne faiblit pas.
Côté puces, Huawei n'a pas non plus renoncé à ses ambitions. Le géant chinois travaille sur des processeurs pour concurrencer Nvidia bien au-delà du marché de l'intelligence artificielle. Sur ce front, la marque vient de dévoiler une méthode inédite pour repousser les limites sans dépendre des technologies interdites.
Huawei présente la technologie qui doit rendre ses puces Kirin plus rapides que jamais d'ici 2029
He Tingbo, directrice de la division semi-conducteurs de Huawei, a présenté une nouvelle théorie lors du symposium IEEE ISCAS 2026. Elle l'a baptisée loi Tau. Cette approche mesure le progrès des puces non plus par leur taille, mais par la vitesse de propagation d'un signal. La miniaturisation classique atteint ses limites, avec des coûts de conception proches du milliard d'euros par puce. La technologie centrale se nomme LogicFolding. Elle consiste à empiler verticalement des circuits numériques, analogiques et de mémoire. Résultat, la densité de transistors grimpe de 55 % et l'efficacité énergétique de 41 %. Ces gains s'obtiennent sans équipements de gravure ultra-avancés, ceux-là mêmes que les sanctions américaines rendent inaccessibles.
Ces résultats débouchent sur un calendrier ambitieux pour les futurs processeurs Kirin. Les premières puces intégrant LogicFolding arriveront cette année à 3,1 GHz. Huawei vise 4 GHz dès 2029, soit des performances proches des meilleures puces du marché. D'ici 2031, les puces Kirin pourraient rivaliser avec les plus avancées au monde. La directrice a précisé que la marque a déjà fabriqué 381 puces en s'appuyant sur ces principes, en six ans. Pour finir, elle a invité les ingénieurs du monde entier à rejoindre ce projet. Une ouverture inattendue, de la part d'une entreprise que Washington voulait mettre à l'écart.