Successeur du Mate X6, le Mate X7 reprend les acquis de la série de smartphones pliants de Huawei. Au programme de cette mouture annuelle, quelques optimisations sur les écrans, les modules photo ou encore la batterie. Est-ce suffisant pour faire oublier l’augmentation tarifaire qu’il subit en plus de l’absence des services Google ? Réponse dans ce test.
Il y a un quinze mois, nous avons publié le test du Mate X6 de Huawei, un smartphone pliant de très bonne qualité qui se démarquait de la concurrence de l’époque par une proposition photographique très qualitative. À cela s’ajoutait un positionnement tarifaire plus agressif que le Mate X3, le précédent modèle lancé par Huawei en France. Donc, malgré l’absence d’écosystème Google, ce téléphone méritait une bonne note.
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Un an plus tard, Huawei remet le couvert. La marque chinoise a présenté le Mate X7 en janvier dernier, lors de son officialisation en France. À cette occasion, nous avons été relativement surpris par certains choix, notamment au niveau du tarif : la moitié des efforts commerciaux consentis sur le Mate X6 ont été annulés. À quelques mois de l’arrivée d’un smartphone pliant chez Apple, cette stratégie est-elle opportune ? Quels sont les arguments du Mate X7 pour compenser cette hausse ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce test complet.
Prix et date de disponibilité
Le prix public conseillé du Mate X7 est de 2099 euros. Cela représente une augmentation de 100 euros par rapport à son prédécesseur. Notez cependant que le Mate X7 est vendu par Huawei à un prix bien moins élevé : 1899 euros, le rendant beaucoup plus attractif. Il n’existe qu’une seule configuration pour le Mate X7, avec 16 Go de RAM et 512 Go de stockage.
Face à ses concurrents, le Mate X7 redevient donc assez cher, même s’il n’est pas le plus cher. Au-dessus, nous retrouvons le Galaxy Z Fold 7 (à partir de 2100 euros) et le Razr Fold de Motorola (2199 euros). En dessous, vous retrouvez le Pixel 10 Pro Fold (1899) et le Magic V5 (1999 euros). Ce dernier a déjà un successeur en Chine. Mais il n’est toujours pas arrivé en Europe à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Le Mate X7 est disponible en France depuis début 2026. Il reprend les deux coloris de son prédécesseur : noir et rouge (les bleu, violet et blanc n’étant pas proposés en Europe). Dans la boîte, le smartphone est accompagné d’une coque de protection avec un support escamotable intégré, d’un outil pour le tiroir de la carte SIM et d’un câble USB-C vers USB-C.
Design et interface
Commençons ce test par un tour du propriétaire. Le Mate X7 reprend en grande partie le design de son prédécesseur. Nous retrouvons donc les finitions du Mate X6 en cuir végan ou en fibres de nylon selon le coloris. Le module photo est toujours élégamment intégré à la coque grâce à une courbure qui épouse la protubérance. C’est très élégant.
Vous retrouvez également le châssis en aluminium et la charnière en acier et en titane. La finition des tranches est similaire : convexes, elles sont brillantes et sensibles aux traces de doigt. Vous retrouvez enfin le verre minéral Kunlun Glass pour protéger l’écran externe, ce dernier étant, une fois encore, protégé par un film anti-rayure posé en usine.
Il y a bien sûr quelques différences. Tout d’abord, le module photo est toujours très imposant, mais son design se veut plus proche du carré dont deux bords sont arrondis, que du carré aux coins coupés de l’an dernier. En outre, le contour, toujours en métal, est moins arrondi et circulaire et plus anguleux. Le module reste centré quand le téléphone est fermé, offrant une bonne stabilité. En revanche, quand il est ouvert, il devient vraiment bancal.
Enfin, les dimensions changent légèrement : 0,2 mm de plus en hauteur ; 0,1 mm de plus en largeur quand il est fermé ; 0,1 mm de moins en épaisseur quand il est ouvert et 0,4 mm de moins en épaisseur quand il est fermé. Huawei parvient donc à réduire encore un peu l’épaisseur. Le poids aussi change, passant de 239 grammes à 236 grammes. Toutes ces optimisations ne modifient pas d’une once la prise en main du produit. Il gagne en outre une protection contre la poussière, en plus de son étanchéité (IP58/59).
Côté interface, la version européenne du Mate X7 conserve EMUI, la surcouche historique de Huawei (en Chine, elle est remplacée par HarmonyOS). La version présente ici est numérotée 15.0. Elle est basée sur la version open source d’Android 15. Grâce à cette compatibilité, EMUI reste compatible avec l’ensemble des APK que vous pourriez retrouver sur les alternatives au Play Store, notamment Aurora Store.
Google est toujours absent de ce produit, Huawei offrant une alternative crédible à pratiquement tout ce qu’un smartphone sous Android « classique » peut offrir. Petal Search. Petal Maps. GameCenter, AppGallery, Huawei Santé, etc. Comme pour HarmonyOS, EMUI s’appuie sur les HMS pour remplacer les Google Play Services. Et, dans l’ensemble, tout marche bien. Mais comme toujours, l’expérience est moins fluide, moins intuitive et certainement un peu moins sécurisée que sur Android, notamment avec les applications qui ne sont pas sur l’AppGallery. Nous vous conseillons la lecture du test du Pura 70 Ultra pour plus de détails sur ce point.
Côté IA, EMUI n’offre pas d’outils comparables à la concurrence. En Europe, la firme chinoise se contente de fournir Célia, son assistante virtuelle un peu démodée. De même, dans l’AppGallery, vous ne retrouvez aucune des applications IA habituelles (Mistral, ChatGPT, Perplexity, Claude, Gemini), mais DeepSeek, leur concurrent chinois. Enfin, les applications commerciales préinstallées sont peu nombreuses ici : Snapchat et Bing. En revanche, cette bonne action est contre-balancée par une forte pression publicitaire dans l’interface (qui nous rappelle celle de Honor avec certains téléphones abordables).
Écrans, performances et batterie
Côté affichage, le Mate X7 profite de deux écrans légèrement différents de ceux du Mate X6. À l’extérieur tout d’abord, la dalle OLED LTPO passe de 6,45 à 6,49 pouces. Le ratio reste pratiquement le même (il gagne très légèrement en hauteur). La définition, toujours Full HD+, s’adapte à ce nouvel écran pour une résolution identique (412 pixels par pouce).
À l’intérieur, la dalle OLED LTPO passe de 7,93 pouces à 8 pouces. Ici, la définition baisse très légèrement, mais reste équivalente au Full HD+ dans un format presque carré. De même pour la résolution qui passe de 418 à 412 pixels par pouce. Visuellement, ça ne change rien.
Les deux dalles conservent leur taux de rafraichissement à 120 Hz maximum. Dalles LTPO oblige, cette fréquence s’adapte au contenu avec une excellente granularité et elle peut baisser jusqu’à 1 Hz. Il est possible de fixer ce taux à 120 Hz ou 60 Hz. Mais il est évidemment préférable de rester en mode dynamique, notamment si vous activez l’option Always-On.
La colorimétrie des deux dalles est excellente, notamment avec l’écran interne. La température moyenne est de 6750° et le delta E moyen est incroyablement bas, à 0,9. Avec l’écran externe, la température moyenne est meilleure (6680°), mais le delta E moyen est un peu plus élevé, à 1,3. Avec les deux dalles, le gamma moyen est à 2,2, avec une courbe très homogène. Côté HDR, Huawei choisit de se passer de tous les standards occidentaux et se contente du format HDR Vivid, très populaire en Chine, mais dont nous avons assez peu l’utilité en Europe.
Enfin, la luminosité des deux écrans a été améliorée. Officiellement, la dalle interne peut monter à 2500 nits en pointe locale et la dalle externe jusqu’à 3000 nits (contre 1800 nits et 2500 nits respectivement pour le Mate X6). En mode manuel, la luminosité maximale des deux écrans dépasse les 500 nits. Étrangement, c’est en couleurs normales que la luminosité est la plus élevée, puisqu’elle frôle alors les 600 nits (contre 540 nits en mode couleurs vives).
Sous le capot, Huawei a intégré un processeur maison, comme en 2025. Il s’agit ici du Kirin 9030 Pro, un nona-core gravé en 6 nm et cadencé jusqu’à 2,75 GHz. Huawei l’utilise déjà dans certaines versions du Mate 80. Notre version de test est équipée de 16 Go de RAM, soit 4 Go de plus que son prédécesseur. Grâce à cette plate-forme, le smartphone fonctionne bien au quotidien.
En revanche, les benchmarks nous indiquent que Huawei a fait le pari d’améliorer le GPU et non le CPU. Dans les tests dédiés à ce dernier, le Mate X7 fait guère mieux que le Mate X6. En revanche, dans les tests graphiques, la progression entre les deux générations est bien plus importante. À l’usage, le smartphone parvient à lancer des jeux et à afficher de beaux graphismes. Mais nous avons un doute quant à sa capacité à proposer à courts ou moyens termes des services liés à l’intelligence artificielle.

Le Kirin 9030 Pro est un processeur qui chauffe. La température atteinte par le Mate X7 lors de nos benchmarks d’endurance atteint les 44°C sur l’écran externe, 53°C sur l’écran interne, 50°C sur la coque autour du module photo et 45°C sur la partie la plus chaude des tranches. Bien sûr, il chauffera plus vite et plus fort s’il est fermé que s’il est ouvert. Cette température a un impact direct sur les performances du smartphone sur la durée. La stabilité du smartphone ne dépasse pas les 50%. Le Mate X7, malgré les améliorations apportées à son GPU, n’est donc pas un bon smartphone pour jouer. Dommage.
En revanche, le Mate X7 s’avère être un bon smartphone pour travailler et regarder des contenus vidéo. Même durant de longues heures, grâce à une bonne maitrise de la consommation d’énergie et une batterie plus généreuse qu’avant. Le Mate X7 profite d’une double cellule dont la capacité totale atteint 5600 mAh, soit 400 mAh de mieux que le Mate X6. Une augmentation qui compense le gain de performance du SoC.
Ainsi, sur PC Mark, le Mate X7 atteint le score très honorable de 21 heures et 23 minutes en utilisant uniquement l’écran externe et 14 heures et 30 minutes en utilisant uniquement l’écran interne. Cela correspond donc à une autonomie de 2 jours et demi en usage standard en utilisant uniquement l’écran externe et de pratiquement deux jours avec l’écran interne. Des chiffres qui sont très proches de ceux du Mate X6. De même pour les joueurs qui peuvent compter sur une autonomie comprise entre 3 heures et 6 heures en fonction du jeu et de l’écran utilisé.
Quand la batterie est déchargée, il faut passer à la recharge. Dans ce domaine, le Mate X7 reprend les acquis de son prédécesseur : charge rapide filaire 66 watts et charge rapide sans fil 50 watts. Avec notre fidèle chargeur 88 watts Huawei et le câble fourni avec le téléphone, nous avons rechargé le Mate X7 en 52 minutes exactement. C’est très légèrement plus long qu’avec le Mate X6, mais cela s’explique par l’augmentation de la capacité. Voici quelques mesures intermédiaires :
- 10 min : 30 %
- 20 min : 51 %
- 30 min : 70 %
- 50 min : 99 %
Pour éviter les surcharges, EMUI propose plusieurs paramètres : la charge intelligente qui va se caler sur vos habitudes pour passer de 80 % à 100 % au moment où vous en avez besoin ; et la limite de charge que vous pouvez fixer de 70 % à 90 % (avec une granularité de 10 % entre chaque palier).
Photo, vidéo et audio
En photo, le Mate X7 reprend en grande partie la configuration de son prédécesseur, à une exception près : le téléobjectif. Huawei a en effet profité de l’occasion pour moderniser ce module qui en avait besoin. En effet, le zoom périscopique du Mate X6 était assez sombre, occasionnant un bruit considérable en vidéo, notamment la nuit. Ce nouveau module est donc bien plus lumineux avec un objectif qui ouvre à f/2.2. En contrepartie, on perd aussi en profondeur de zoom optique, passant de 4x à 3,5x. Une autre retouche est à observer sur l’ouverture du module principal, qui varie désormais de f/1.5 à f/4.0. Voici tous les détails de cette configuration :
- Principal : capteur 50 MP mesurant 1/1.28″ pouce, objectif ouvrant à f/1.5-4.0, autofocus à détection de phase, stabilisateur optique
- Téléobjectif : capteur 50 MP, objectif ouvrant à f/2.2, autofocus à détection de phase, stabilisateur optique, zoom optique 3.5x
- Panorama : capteur 40 MP, objectif ouvrant à f/2.2, autofocus à détection de phase, angle de vue 120˚
- Selfie interne : capteur 8 MP, objectif ouvrant à f/2.2
- Selfie externe : capteur 8 MP, objectif ouvrant à f/2.4
Les modules à l’arrière sont toujours accompagnés d’un capteur colorimétrique et d’un autofocus laser. Et cet ensemble fournit des résultats très satisfaisants. Le capteur principal propose des photos parfaitement détaillées en journée ou en soirée. La mise au point est rapide et très précise dans pratiquement toutes les situations. La lumière est bien maitrisée. Et les couleurs sont naturelles. La plage dynamique est assez large, même si les contre-jours ne sont pas tous très lumineux.
En soirée, le module principal va garder ces belles qualités : du piqué, de la netteté, de belles couleurs et une bonne maitrise de la lumière. Le mode nuit va être utile ici pour apporter du contraste et plus de contrôle. En revanche, nous perdons un peu en netteté à cause du temps de pause. Notez aussi une sensibilité aux reflets de cet objectif.
Le module ultra grand-angle est plus lumineux que certains congénères. Ses distorsions sont bien redressées. Le module est bien lumineux en journée et reste très efficace en soirée, avec ou sans aide du mode nuit, comme pour le module principal.
Le téléobjectif est globalement bon. Il propose un piqué élevé et une bonne maitrise de la lumière. Sa colorimétrie montre un léger décalage avec le capteur principal, mais rien d’important. Il monte à 3x en optique, 6x en lossless et jusqu’à 100x en numérique. En journée, le zoom 10x est bon, avec une bonne maitrise du bruit. En revanche, le zoom 20x est déjà moins pertinent. En soirée, mieux vaut ne pas dépasser le rapport 6x.





Les photos en mode macro, prises en charge par le téléobjectif, sont excellentes, notamment en journée. La nuit, le Mate X7 perd légèrement en vitesse de mise au point, ce qui peut engendrer de légers flous de mouvement.

Le mode portrait est pris en charge par le capteur principal, le téléobjectif et les deux capteurs selfies. Les deux premiers proposent des portraits de bonne qualité de jour ou de nuit. Le détourage est précis. Les teintes sont naturelles. Et les détails sont bien préservés. Les outils d’embellissement sont désactivés par défaut. Les deux capteurs selfies proposent un résultat similaire, malgré la différence d’ouverture. Les résultats sont précis en journée, mais manquent de piqué en soirée. En outre leur colorimétrie est un peu plus froide.



En vidéo, le Mate X7 se débrouille également très bien avec le capteur principal, avec de nombreux détails et une bonne maitrise de la couleur et une bonne luminosité. En revanche, le zoom lossless 2x est un peu brouillon. En soirée, la colorimétrie est très bien maitrisée. Mais nous retrouvons les reflets observés en photo et nous voyons du bruit. L’ultra grand-angle est étonnement plus lumineux, notamment en journée. Il est sombre en soirée et il est moins net.
Le téléobjectif est également très correct en vidéo. La stabilisation est bonne. Le zoom numérique monte à 20x. Jusqu’à 10x, le bruit est parfaitement maitrisé en journée. À 20x, le bruit est présent, mais moins qu’avec de nombreux concurrents. En soirée, le téléobjectif est bien moins pertinent. Le bruit s’installe plus rapidement et la luminosité est moins maitrisée. La captation audio, stéréo, est très correcte. La réduction des bruits ambiants et du vent est efficace.
Côté audio, le Mate X7 est équipé de deux haut-parleurs quasi symétriques. Ils sont pratiquement face à face quand le téléphone est fermé, mais se trouvent décalés quand il est ouvert. Ces deux haut-parleurs sont assez puissants. Inutile donc de passer au-dessus des 50 % pour bien profiter de tous les contenus. La scène sonore est très ample. Toutes les fréquences sont bien représentées. Les basses sont audibles jusqu’à 25 Hz, les fréquences plus basses faisant grésiller les haut-parleurs. Et les aigus sont perceptibles jusqu’à 15 kHz. C’est très bien pour regarder des films et des séries.
Pour la musique, nous ne saurions trop vous conseiller de passer sur des écouteurs ou un casque audio. Le Mate X7 est compatible Bluetooth 6.0, avec prise en charge du standard LE Audio (avec Auracast et LC3), en plus des codecs standard SBC et AAC. Huawei rajoute à cette brochette son codec maison L2HC, format que vous ne retrouvez que dans l’écosystème de la marque. EMUI 15 inclut également la suite audio Histen qui propose un égaliseur complet avec des profils par type de musique et un contrôleur pour l’audio spatial.
Alors, on achète ?
À l’usage, le Mate X7 n’apporte pas grand-chose de plus que le Mate X6. Certes, la batterie est plus généreuse, mais cette amélioration est contre-balancée par la consommation du processeur. Certes le processeur est plus puissant et les écrans sont plus grands. Mais cela ne change rien au quotidien. Et certes le téléobjectif a été fortement modernisé, améliorant considérablement les photos de détail. Mais certains soucis en vidéo et en photo de son prédécesseur n’ont pas été résolus.
Doit-on donc craquer pour ce téléphone pliant, sachant que ses problèmes d’incompatibilité logicielle chronique sont toujours d’actualité ? Si vous n’êtes pas trop attachés aux services Google et que vous cherchez l’un des meilleurs, sinon le meilleur photophone pliant, alors oui. Le Mate X7 est un bon candidat. Mais seulement à son prix promotionnel. Quand il est proposé à son prix public conseillé, les concessions le rendent bien moins intéressant, malgré ses atouts techniques.
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