Tesla veut filmer ses ouvriers au travail, le robot Optimus copiera ensuite chacun de leurs gestes
Tesla veut équiper certains ouvriers de son usine allemande d'un sac à dos muni de caméras. Chaque geste effectué sur la chaîne serait enregistré pendant toute la journée de travail. Les salariés concernés n'ont pourtant pas encore été consultés sur ce dispositif.

Les constructeurs automobiles investissent massivement dans les robots à forme humaine. Ces machines prennent en charge les tâches répétitives et physiquement pénibles des chaînes de montage. Renault emploie déjà des humanoïdes sur ses lignes d'assemblage françaises, développés par la société Wandercraft. Hyundai vise de son côté une production annuelle de 30 000 unités à partir de 2028. Le principal obstacle reste ailleurs. Reproduire un geste humain précis dans un environnement réel demande des milliers d'heures d'observation.
Le robot Optimus de Tesla incarne parfaitement cette difficulté. Elon Musk a admis en janvier dernier que son humanoïde n'accomplissait encore aucune tâche utile dans les usines du constructeur. Le projet reste à un stade expérimental malgré des promesses répétées depuis plusieurs années. Pour combler ce retard, le fabricant américain cherche des données d'entraînement au plus près du terrain. Ses propres salariés allemands deviendraient la source principale de cet apprentissage.
Tesla transformerait ses ouvriers allemands en professeurs particuliers du robot Optimus
L'usine de Grünheide, près de Berlin, servirait de terrain d'expérimentation. Selon le quotidien économique Handelsblatt, Tesla équiperait certains ouvriers d'un sac à dos muni de caméras pendant leur journée de travail. Les appareils enregistreraient la manière de saisir un outil, de manipuler une pièce ou d'enchaîner les étapes d'assemblage. Ces séquences alimenteraient ensuite les modèles d'intelligence artificielle du constructeur. La méthode fonctionne déjà aux États-Unis. Des employés recrutés spécialement pour cette mission, les Data Collection Operators, exécutent en continu des mouvements destinés à nourrir l'apprentissage de la machine.
En Allemagne, la procédure bloque encore. Le dispositif n'a pas été soumis au comité d'entreprise de Grünheide, alors que tout système capable de surveiller les performances des employés exige leur accord. Tesla assemble aujourd'hui son robot humanoïde sur une ligne pilote à Fremont, en Californie, sans jamais communiquer de volumes. Le constructeur revendique pourtant un objectif d'un million d'unités par an. André Thierig, directeur du site allemand, a déjà reconnu qu'une automatisation renforcée pourrait réduire les effectifs nécessaires. Les salariés allemands formeraient donc le robot appelé à les rendre superflus.