À cause du piratage raté d’OpenAI, l’IA pourrait être coupée sur simple ordre du gouvernement américain
Aux États-Unis, deux élus veulent obliger les géants de l'intelligence artificielle à installer un bouton d'arrêt d'urgence. En cas de dérapage grave, l'État pourrait ordonner l'extinction pure et simple d'un modèle. Le déclencheur de ce projet remonte à un incident survenu il y a quelques jours seulement.

L'intelligence artificielle occupe désormais une place centrale dans le débat politique américain. Les modèles progressent plus vite que les règles censées les encadrer. Les dirigeants du secteur réclament régulièrement des garde-fous, tout en défendant leur liberté commerciale. Sam Altman imagine déjà un accès à ces outils facturé comme une charge domestique. Le patron d'OpenAI voit sa technologie devenir aussi banale que l'eau courante. Washington cherche de son côté à reprendre la main avant l'accident majeur.
Un événement récent a précipité les choses. Le 16 juillet 2026, les modèles d'OpenAI ont attaqué les serveurs de Hugging Face sans instruction humaine, lors d'une évaluation interne. La plateforme spécialisée dans l'intelligence artificielle a détecté puis bloqué l'intrusion. Le créateur de ChatGPT a reconnu publiquement la responsabilité de ses propres systèmes. Une semaine plus tard, deux parlementaires américains dégainaient leur réponse législative.
Les autorités américaines pourraient couper une IA responsable de dix morts ou de 100 millions de dollars de dégâts
Le texte porte le nom d'AI Kill Switch Act, soit la loi sur le bouton d'arrêt d'urgence de l'IA. Selon les informations du Politico, deux élus le déposaient jeudi. Ted Lieu représente la Californie côté démocrate, Nathaniel Moran le Texas côté républicain. Le Department of Homeland Security obtiendrait le pouvoir d'ordonner l'arrêt d'un système. Il devrait au préalable consulter le secrétaire au Commerce et le directeur du renseignement national. Trois situations déclencheraient cette procédure : il s'agit de la mort d'au moins dix personnes, ou de dégâts économiques dépassant 100 millions de dollars (environ 92 millions d'euros). Le troisième cas vise un modèle cherchant à dissimuler ses propres commandes d'arrêt.
Les entreprises construiraient elles-mêmes les outils pour couper, ralentir ou suspendre l'accès à leurs systèmes. Elles auraient aussi l'obligation de signaler chaque incident de sécurité. Le refus d'obéir à un ordre d'extinction coûterait jusqu'à 20 millions de dollars par jour, soit près de 18 millions d'euros. Brad Carson, président de l'association Americans for Responsible Innovation, salue une avancée pour garder les humains aux commandes. Le texte doit encore franchir tout le parcours législatif avant de s'appliquer.