L’Europe s’inquiète pour les sites web que les résumés IA de Google font oublier
Google affirme proposer aux sites web une option empêchant l’exploitation de leurs contenus dans ses synthèses IA. Les éditeurs estiment pourtant qu’utiliser ce droit entraîne une pénalité importante. Bruxelles cherche maintenant à vérifier cette accusation.

Depuis deux ans, une réponse automatisée précède souvent l’affichage habituel proposé par les moteurs de recherche. Cet encadré occupe le sommet de l’écran, avant tout résultat classique. L’utilisateur obtient ainsi l’information recherchée sans ouvrir la page d’origine. Une telle évolution pénalise durement ceux qui produisent l’information. Aux États-Unis, plusieurs médias enregistrent une perte de trafic liée aux résumés IA de Google, comprise entre 20 % et plus de 80 % sur douze mois. Le modèle économique de la presse numérique s’en trouve fragilisé.
Google cherche à calmer la fronde éditoriale en multipliant les concessions. Au printemps, chacun pouvait choisir ses références favorites parmi les réponses affichées par le groupe. Fin août, son système permettant de sortir des synthèses automatiques a terminé son déploiement. Un site peut maintenant empêcher ses publications de servir à produire ces réponses. Cette faculté répond toutefois à une exigence extérieure. Quelques mois plus tôt, l’autorité britannique chargée de la concurrence avait exigé ce mécanisme.
L’Europe demande aux sites de presse si refuser les résumés IA de Google leur coûte cher
La Commission européenne considère toutefois cette protection potentiellement insuffisante. D’après un questionnaire obtenu par Reuters, ses services de concurrence cherchent à savoir si écarter les résumés IA dégrade la visibilité dans la recherche traditionnelle. Derrière ce détail technique apparaît un enjeu majeur. Si un média doit autoriser gratuitement la reprise de ses articles afin de rester visible, son choix n’est plus véritablement libre. Le document interroge aussi les éditeurs sur l’usage envisagé de l’outil Google ainsi que sur les facteurs économiques guidant leur décision.
La consultation couvre également la refonte de mai, lorsque Google a regroupé résumés IA et Mode IA au sein d’une interface unique. Après cette modification, les liens menant vers des pages extérieures disposent d’encore moins d’espace. Les réponses recueillies détermineront si Bruxelles ouvre une procédure formelle contre le moteur de recherche. Google n’a livré aucun commentaire et renvoie vers son billet de juin consacré aux options de retrait. En vingt ans, le groupe a déjà versé plus de 10 milliards d’euros d’amendes antitrust en Europe. La facture pourrait donc continuer de grimper.