Huawei accusé d’avoir des liens avec l’armée : et Google et Microsoft alors ?

Huawei est accusé d’être proche de l’armée et des services de renseignements chinois. De nombreux employés du groupe auraient en effet collaboré avec l’Armée populaire chinoise dans le cadre de différents projets. Selon une étude, plus d’une centaine d'employés de la firme ont déjà travaillé dans une agence militaire ou dans un ministère chinois. Sans surprise, de nombreux médias relaient ces accusations sur le ton du scandale. Pourtant, de nombreux géants de la tech, comme Google et Microsoft, admettent publiquement travailler avec l’armée américaine sur des projets militaires. 

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Accusé d’espionnage pour le compte de Pékin, Huawei a été banni des Etats-Unis en mai dernier. Malgré la détente annoncée par Donald Trump, la firme n’est pas libre de commercer sans entrave avec des firmes américaines. Washington accuse en effet le constructeur de placer des backdoors dans ses équipements et ses produits pour faciliter la tâche des espions chinois. Une loi de 2017 contraint en effet légalement les entreprises basées en Chine à collaborer avec les services de renseignement du pays. Á de multiples reprises, Huawei a fermement démenti les accusations d’espionnage.

Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, assure même qu’il préférerait mourir plutôt que de communiquer des données aux services chinois. Malgré tout, les détracteurs du constructeur pointent aussi du doigt le passé de Ren Zhengfei. Le fondateur de Huawei est en effet un ancien ingénieur civil de l’Armée populaire chinoise. De même, l’homme est officiellement membre du Parti Communiste. « J’aime mon pays, je soutiens le Parti communiste » déclarait Ren Zhengfei en janvier 2019.

Huawei est accusé d’entretenir des liens étroits avec l’armée chinoise…

Récemment, de nouveaux rapports sont venus accuser Huawei d’entretenir des liens étroits avec l’armée populaire de Chine. Le 27 juin dernier, un rapport de Bloomberg accusait des employés Huawei d’avoir travaillé sur une dizaine de projets de recherche chapeautés par l’armée populaire. Ces projets allaient de l’intelligence artificielle aux communications radio, note le média, qui a épluché les rapports publics de nombreuses études menées par des organismes militaires chinois.

Peu après, le Daily Caller, un média conservateur américain, a partagé une étude réalisée par la Henry Jackson Society, une groupe de réflexion néoconservateur britannique. Le rapport soutient que plus de 100 employés Huawei affirment sur leur CV avoir travaillé sur des projets de l’armée chinoise. Ces accusations se basent sur la fuite des CV de 590 millions de travailleurs chinois en 2018. Dans certains cas, les employés auraient même participé à des recherches militaires en plus de leur temps plein chez Huawei. L’étude dresse le portait de plusieurs cadres ou chercheurs dont l'emploi du temps se partage entre les locaux de Huawei et un complexe militaire.

Au vu de l’orientation politique de la Henry Jackson Society, on veillera à prendre ces conclusions avec un peu de recul. Par le passé, le groupe de réflexion s’est déjà fait remarqué pour ses prises de position plutôt radicale concernant la politique étrangère du Royaume-Uni notamment. Ses détracteurs n’hésitent d’ailleurs pas à taxer le groupe de xénophobie et d’impérialisme.

Lire également : Huawei attend l’accord des États-Unis pour récupérer sa licence Android

« Huawei n’a aucune collaboration en matière de R & D ni de partenariat avec les institutions affiliées à l’Armée populaire de Chine. Huawei développe et fabrique uniquement des produits de communication conformes aux normes civiles du monde entier et ne personnalise pas les produits de R & D pour les forces armées » rassure un porte parole à Bloomberg. « Peut-être leur vendons-nous une petite quantité d’équipement civil » admet le porte parole Huawei.« Les informations contenues dans l’étude de Henry Jackson Society ne sont pas nouvelles et ne sont pas secrètes, elle sont même accessibles publiquement sur Linkedin » tacle un autre porte parole, interrogé par nos confrères du Telegraph. « Il n’est pas rare que Huawei, comme d’autres entreprises de technologie dans le monde entier, emploie des personnes issues de la fonction publique et ayant travaillé pour le gouvernement » conclut-il.

Alors que Google et Microsoft collaborent officiellement avec l’armée américaine

Il n’est pas rare que des géants de la technologie travaillent étroitement avec l’armée de leur pays. Pour exemple, Google collaborait avec le Pentagone dans le cadre du projet Maven, un programme de drones capable d’identifier un être humain avec précision grâce à l’intelligence artificielle. Après les protestations de milliers de salariés, Google a préféré abandonner le projet. Malgré tout, les algorithmes de Maven seraient déjà mis à profit par l’armée dans certaines zones de guerre du Moyen-Orient.

Même son de cloche du côté de Microsoft. Le géant de l’informatique a notamment mis au point une version « US Army » de l’Hololens, son casque de réalité augmentée. Le casque permet d’afficher en temps réel devant les yeux des soldats leur position et celle de leur escadron sur une carte virtuelle. D’autres données, comme la proximité d’une cible, sont aussi affichées dans le champs de vision des combattants.

Vous l’aurez compris : les partenariats entre un géant de la technologie et les militaires ne sont pas neufs ni rares. Dans ces conditions, même si la proximité de Huawei avec l’armée populaire de Chine était avérée (ce qui est encore loin d’être le cas), il n’y aurait pas lieu de crier au scandale. Que pensez-vous de ces accusations ? Craignez-vous la proximité des firmes de la tech avec les militaires ? On attend votre avis dans les commentaires.

Sources : Bloomberg, Daily Caller, Telegraph

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