Cette ville veut interdire les vélos électriques aux livreurs pour leur conduite jugée dangereuse
Les livreurs à vélo électrique sont dans le viseur d’une nouvelle mesure radicale. Dans une grande ville américaine, leur conduite est jugée trop risquée pour rester tolérée. Les autorités veulent désormais les forcer à livrer autrement, au risque de bouleverser tout un secteur.

La place des vélos électriques dans les grandes villes fait l’objet de nombreux débats. Leur succès repose sur leur facilité d’usage, leur coût réduit et leur rapidité. En Europe, la Commission européenne envisage de reclasser certains modèles puissants dans la catégorie des deux-roues motorisés, ce qui impliquerait permis, assurance et immatriculation. En Australie, un programme pilote prévoit même un permis éducatif pour les jeunes utilisateurs. Ces évolutions montrent que l’encadrement de ces engins devient un enjeu de sécurité.
Aux États-Unis, certains États prennent déjà des décisions strictes. Le New Jersey a récemment adopté une loi imposant les mêmes obligations à tous les vélos électriques, quelle que soit leur puissance. Désormais, une nouvelle initiative vise plus précisément les livreurs. À Boston, une proposition de loi souhaite leur interdire l’usage de vélos électriques pour effectuer leurs livraisons, en raison de comportements jugés dangereux.
Boston veut interdire les vélos électriques aux livreurs à cause de leur conduite risquée
Le débat sur la sécurité des vélos électriques prend une tournure particulière à Boston. Selon Electrek, un conseiller municipal a déposé un projet d’ordonnance visant à interdire leur usage aux livreurs opérant via des applications. Cette proposition fait suite à plusieurs mois de plaintes de résidents, qui dénoncent des circulations à contre-sens, sur les trottoirs, des excès de vitesse ou encore des feux rouges grillés. L’interdiction ne concernerait que les professionnels de la livraison, tandis que les particuliers pourraient continuer à utiliser leurs vélos électriques librement. Une distinction qui interroge, car les comportements dangereux ne sont pas l’apanage des seuls livreurs.
Cette interdiction soulève de nombreuses critiques. Elle pourrait pénaliser des travailleurs qui n’ont ni permis ni voiture, et pour qui le vélo est la seule option viable. La livraison en voiture, en ville, serait non seulement plus lente mais aussi plus polluante. De nombreux observateurs estiment que le véritable problème vient du manque d’application des règles existantes, pas du type de véhicule utilisé. Mieux encadrer, former et sanctionner les comportements dangereux pourrait être une solution plus efficace qu’une interdiction totale.