Ce jeu Sherlock Holmes a été créé par IA : ses dialogues sont générés en direct par Gemini et ChatGPT
Vibe codé du début à la fin, le jeu vidéo Detective Sherlock Traqueur de l’Ombre propose une expérience d’IA personnalisée alimentée en temps réel par des modèles tels que Gemini et GPT.

Le vibe coding, pratique consistant à créer un programme informatique entièrement par prompts IA, est déjà très répandue dans le domaine du développement d’applications. Il l’est bien moins pour la création de A à Z d’un jeu vidéo, même si de nombreux studios peuvent avoir recours à l’IA générative de manière isolée à certaines étapes du développement. Tout juste sorti en accès anticipé sur PC, le titre Detective Sherlock Traqueur de l’Ombre est un exemple de titre issu du vibe coding. Et l’exploitation de l’IA par ses développeurs de Gamercury, société basée à Shanghai, ne s’arrête pas là.
Tout le principe du jeu repose sur l’usage de l’IA générative. Il n’y a pas de dialogues prédéfinis dans ce jeu d’enquête, on dialogue avec les PNJ comme on le ferait avec un chatbot IA. “Vous pouvez parler librement aux PNJ comme vous le souhaitez : discuter, interroger, tromper, complimenter, menacer, soudoyer — tout ce que vous pouvez imaginer”, apprend-on sur la page Steam. Le joueur peut demander ce qu’il souhaite aux autres personnages, dont les réponses seront adaptées à la situation. Les graphismes et le level design ne pouvant eux pas être adaptés en temps réel aux actions du joueur, on imagine tout de même que les possibilités offertes par le jeu hors dialogue sont très limitées.
La limite des dialogues générés par Gemini et GPT
Mais le problème principal du titre est la manière dont fonctionne l’IA. Celle-ci n’est pas vraiment intégrée nativement au jeu. Elle repose sur des modèles d’IA tiers bien connus : Gemini, GPT, DeepSeek, GLM ou encore MiniMax, auxquels elle se connecte en-dehors du jeu. Ceux-ci fonctionnent avec un système de tokens : chaque interaction avec l’IA consomme des tokens, cette monnaie qui permet de financer le fonctionnement des serveurs. Quand le joueur achète le jeu (20,49 euros, ou 16,39 euros actuellement avec l’offre d’accès anticipé), il a accès à un volume limité de tokens. Au bout d’un moment, quand ils sont épuisés, le titre devient injouable, à moins d’acheter des crédits pour recharger ses tokens.
Gamercury, qui fait aussi office d’éditeur, ne s’était pas montré transparent à ce sujet. Et logiquement, ce modèle économique fait grincer des dents. Il n’est pas non plus possible de lier le jeu à sa propre IA tournant en local sur le PC. Pour ne rien arranger, la qualité des graphismes n’est pas au rendez-vous par rapport au trailer de présentation publié par le studio. Étrangement, les évaluation Steam sont pour l’instant “très positives”, alors que les joueurs ont normalement tendance à pénaliser les titres utilisant l’IA, même dans des proportions bien moindres.