Nous avons essayé les Vive Eagle, voici notre avis sur les lunettes connectées de HTC
Le 3 septembre dernier, HTC dévoilait ses lunettes connectées pour concurrencer les Ray-Ban Meta. Se déclinant en deux montures et avec verre solaires ou standards, cet accessoire arrive progressivement chez les opticiens français. Mais faut-il craquer pour ces lunettes ? Nous les avons essayés. Voici notre avis à chaud.
Si le concept date d’il y a plus de dix ans grâce aux Google Glass, les Ray-Ban Meta ont clairement démocratisé le concept de lunettes connectées. Notamment grâce au soutien des influenceurs qui trouvent cela bien pratique de pouvoir filmer tout en ayant les mains libres. Mais ce n’est clairement pas la seule initiative du genre.
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En attendant l’arrivée du fruit du partenariat entre Google, Samsung, Gentle Monster et Warby Parker, voici un outsider qui n’est pas non plus un nouveau venu : HTC. La marque taïwanaise, que nous connaissons bien pour ses smartphones (avec un souvenir ému du One M9) et son casque de réalité virtuelle, revient avec deux paires de lunettes connectées appelées Vive Eagle.
Les Vive Eagle de HTC arrivent en France à partir de 469 euros
Elles ont été officialisées le 3 septembre dernier, date à partir de laquelle vous pouvez, théoriquement, les commander chez votre opticien (pour des livraisons prévues avant la fin du mois). Il y a deux modèles : Pantos et Square avec plusieurs coloris pour chaque modèle.
Les caractéristiques techniques ne diffèrent pas d’un modèle à l’autre. Voici tout ce que vous devez savoir :
- Poids inférieur à 50 grammes avec les verres
- Processeur Snapdragon AR1 Gen 1
- 4 Go de RAM et 32 Go de stockage
- Connectivité WiFi 6E et Bluetooth 5.3
- Capteur photo 12 mégapixels et captation vidéo jusqu’en 3K
- Quatre microphones, dont 1 directionnel
- Deux haut-parleurs
- Batterie de 235 mAh offrant une autonomie de 6 heures en continu
- Charge rapide offrant 50 % de batterie en 10 minutes
- Certification IP54
- Deux boutons mécaniques et pavé tactile
Le prix démarre à 469 euros et n’augmente qu’en fonction des options sur les verres : correction, réduction de la lumière bleue, filtre solaire, antireflet, antirayure, etc. Comme les verres ne servent pas à afficher des informations, toutes les possibilités sont offertes. HTC préconise des verres Zeiss, mais il est certainement possible d’y adapter des verres d’autres fabricants.
Nous avons essayé les Vive Eagle de HTC
À l’occasion de ce lancement, nous avons l’opportunité d’essayer une paire de Vive Eagle (modèle Square, précisément). Le but est simple, éprouver la proposition de HTC et comprendre ce que ces lunettes connectées peuvent apporter comme service au quotidien. Nous avons donc chaussé les lunettes et nous nous sommes aventurés avec ce nouveau compagnon nourri à l’IA.
Pour tous ceux qui n’ont jamais porté de lunettes connectées, le premier démarrage est ici très intuitif. L’application guide l’utilisateur lors du paramétrage, que ce soit l’appairage en Bluetooth, les autorisations système et le réglage des commandes vocales. Durant cette phase, elle détaille aussi l’utilisation des boutons matériels et de la surface tactile. L’objectif est simple : que l’utilisateur ne soit pas perdu.
L’application est d’ailleurs bien faite et très complète, puisqu’elle permet de rapatrier les contenus capturés par les lunettes, d’organiser ces derniers sous forme de “mémoires” et de naviguer dans l’historique des interactions. Elle sert aussi aux réglages des lunettes. Elle permet de localiser les lunettes si vous les égarez. Enfin, l’application intègre un lien vers les formules d’abonnement à Vive AI : “Plus” et “Pro”. La principale différence entre elles est le nombre de sollicitations autorisées par mois, sachant qu’aucune des deux n’inclut un usage illimité. Notez qu’il est aussi possible d’utiliser les lunettes avec les IA installés dans iOS et Android.
Les Vive Eagle de HTC sont pertinentes, mais pas partout
La première impression est plutôt bonne. Les lunettes ne sont pas si lourdes, malgré toute l’électronique embarquée. Elles tiennent bien en place. Et les boutons sont faciles à localiser. Celui à droite prend des photos ou des vidéos. Celui à gauche active l’intelligence artificielle (par défaut Vive AI). La branche tactile sert à toutes les commandes musicales et téléphoniques, puisque les lunettes peuvent servir d’écouteur et de kit mains libres. Les commandes sont assez intuitives.
Avec ces quatre micros, dont un directionnel, les Vive Eagle sont plutôt faites pour les commandes vocales. Elles s’activent avec une phrase clé « Hey Vive » (à prononcer à l’anglaise, pour l’instant). Et elles permettent de prendre une photo, d’enclencher une captation vidéo ou encore d’analyser ce que le capteur peut percevoir. Décrire un tableau ou une œuvre. Traduire un texte. Ça marche relativement bien, mais si cela dépend de la pertinence du prompt et de l’IA utilisée.
Dans un environnement assez calme, les Vive Eagle fonctionnent assez bien. La reconnaissance vocale est plutôt bonne. Et le son émis par les haut-parleurs est généralement suffisant (il faut tout de même passer à plus 50% du volume). Dans un environnement bruyant, le constat n’est pas identique : il faut hausser la voix pour activer les commandes vocales et le son des haut-parleurs est moins facile à entendre. Et la puissance des haut-parleurs nous parait un peu juste. Nous n’avons pas testé les lunettes dans la rue ou dans les transports, mais nous pensons que l’expérience doit être similaire.
Les Vive Eagle sont faites pour le partage sur les réseaux sociaux
Comme les Ray-Ban Meta et toutes les autres lunettes connectées, les Vive Eagle prennent des photos et des vidéos, HTC mettant l’accent sur le respect de la vie privée en bloquant la prise de vue si la LED de notification d’enregistrement est cachée ou si une personne dans le champ dit « arrête de filmer ». C’est une bonne idée qui n’a pas été adoptée par Ray-Ban et Meta.
Pour filmer ou prendre une photo, HTC dédie un bouton matériel (sans oublier les commandes vocales). Retrouvez ci-dessous une photo prise avec les Vive Eagle. Les couleurs sont bonnes. La lumière est bien maitrisée. Et les rendus sont assez naturels. En vidéo, il y a un peu de grain, mais rien de choquant.
Deux remarques importantes. D’abord, le format de la photo est vertical. Cela sous-entend que HTC privilégie ici le partage sur les réseaux sociaux. Ensuite, la netteté n’est pas toujours au rendez-vous. En cause ? Selon nous, c’est le délai de prise de vue, notamment en environnement sombre, les mouvements parasites de la tête et les performances de l’autofocus. C’est clairement un coup à prendre.
Voilà donc les conclusions de notre rencontre avec les Vive Eagle de HTC : ce n’est pas parfait, mais c’est prometteur. Et l’usage permettrait de se reconnecter à la réalité et de réduire l’usage du smartphone, tout en continuant de profiter de l’intelligence et la connectivité nécessaires à notre quotidien. Nous avons hâte de poursuivre ce test sur une plus longue période et de les comparer avec les futures lunettes de Samsung et Google.








