Un peu moins d’un an après le Magic V5, Honor revient avec un nouveau smartphone pliant, le Magic V6. Doté d’une fiche technique sans concession et d’un design encore plus abouti, le smartphone affiche un prix hors norme, calé sur celui du Galaxy Z Fold 7. A-t-il les épaules pour assumer un tel positionnement ? Réponse dans ce test complet.
Vous le savez et vous en subissez certainement déjà les conséquences : nous traversons une crise sur le marché des composants, notamment sur la mémoire. Celle-ci est devenue rare et chère, parce que les besoins ont explosé, notamment suite à l’avènement de l’IA générative. Si certaines marques préfèrent faire des concessions sur les fiches techniques, optant pour des composants moins prestigieux ou moins récents, d’autres n’ont d’autres choix que d’augmenter leurs prix.
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Il y a moins d’une semaine, nous avons publié le test complet du Mate X7 de Huawei. Dans ce test, nous regrettions que la marque chinoise choisisse d’augmenter à nouveau le tarif de son smartphone haut de gamme pliant, sans justification au niveau de l’usage. Une remarque que nous pourrions faire aussi à propos de Samsung, avec les récents Galaxy A57 et Galaxy A37, ou encore à propos de Motorola, avec le Motorola Signature ou le Razr Fold. Tous subissent une augmentation de tarif qui va forcément impacter leurs chiffres de vente respectifs.
C’est dans ce contexte que Honor vient d’annoncer l’arrivée du Magic V6. Ce proche cousin (pour ne pas dire plus) du Mate X7 est une autre victime de la crise des composants et affiche un prix qui explose les compteurs. Peut-il vraiment convaincre ? A-t-il les arguments pour se démarquer et justifier sa différence de prix ? Réponse dans ce test complet.
Prix et date de lancement
Le prix public conseillé du Magic V6 est de 2299,90 euros. Jamais un smartphone de Honor n’a été vendu à ce prix, même dans la gamme V. Et rares sont les smartphones à avoir atteint ce montant en France. Son prédécesseur, le Magic V5, a été lancé à 1999 euros. La différence est donc de 300 euros. Soit une augmentation de 15 % en un an. C’est énorme. Il n’existe qu’une seule configuration avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage.
La concurrence du Magic V6 est aujourd’hui constituée de smartphones vendus à 2000 euros ou plus : Mate X7 à 2099 euros, Razr Fold à 2199 euros, Galaxy Z Fold 7 à partir de 2100 euros (mais il faut compter 2200 euros pour avoir autant de stockage). Seule exception : le Pixel 10 Pro Fold, proposé à 1899 euros par Google. Mais celui-ci sera certainement remplacé durant l’été. Et son prix va certainement augmenter. Et ce ne sera pas le seul : Samsung et Apple préparent aussi leurs concurrents pour l’été ou la rentrée.
Le Magic V6 est disponible dès aujourd’hui avec une offre de lancement très attractive, mêlant réduction de prix et accessoires offerts. Le téléphone se décline en quatre couleurs : noir, doré, blanc et ce beau rouge que vous pouvez découvrir ci-contre. C’est la première fois qu’une version rouge d’un Magic V arrive en France. Dans la boite, le Magic V6 est accompagné d’un câble USB-C vers USB-C et d’une coque de protection assortie avec un pied intégré pour tenir le smartphone incliné.
Design et interface
Démarrons ce test avec un tour du propriétaire. Le Magic V6 ressemble beaucoup à son prédécesseur. Mais il ressemble aussi beaucoup à son cousin, le Mate X7 de Huawei. Hasard du calendrier, les deux téléphones se sont croisés à la rédaction, tous deux habillés d’une coque rouge. L’occasion de prendre une photo que vous retrouvez ci-dessous. La ressemblance est frappante, même si des différences sont visibles que ce soit sur les tranches, le design du module photo ou le dos. Moins classique que celui du Mate X7, le design du dos du Magic V6 est sublime à regarder et agréable à toucher. Une réussite.
Ici, le module photo est toujours centré au dos du téléphone (quand il est fermé). Son format est toujours arrondi, avec une couronne crantée et un contour légèrement anguleux. En comparaison du Magic V5, la couronne est un peu plus large et le module est un peu moins protubérant. Mais un néophyte n’y verrait pas la différence. De même pour les tranches, toujours plates et mates, et la charnière dont la partie externe est toujours texturée. Les points communs sont nombreux.
Les matériaux ne changent pas : verre minéral, aluminium, polycarbonate, titane. Côté dimension, Honor a réussi à optimiser encore les bordures et l’épaisseur du produit, sans toucher à la taille d’affichage. Quand il est ouvert, il perd 0,1 mm en hauteur, 0,3 mm en largeur et 0,1 mm en épaisseur. Au regard du port USB-C, il est clairement difficile de faire plus fin que cela. Il prend en revanche deux grammes sur la balance.
Honor affirme que la charnière a subi quelques changements. D’abord, elle est plus solide, supportant une pression beaucoup plus forte. Et elle est étudiée pour réduire la pliure de 44 %. Et, visuellement, elle est effectivement moins présente. Mais pour combien de temps ? Autres légers changements à noter, la protection contre la poussière est renforcée (passage de l’IP58/59 à l’IP68/69) et un filtre antireflet a été ajouté à l’écran interne, pour améliorer la visibilité en extérieur.
Côté logiciel, le Magic V6 est animé par Android 16 et MagicOS 10. Il s’agit peu ou prou de la même version testée avec le Honor 600 Pro au printemps 2026. L’organisation des éléments de navigation reste la même, avec une légère adaptation liée au form factor du smartphone. D’ailleurs, une fois le téléphone plié, les différences sont anecdotiques. Les deux écrans d’accueil sont présents. Les volets pour les réglages rapides et les notifications sont séparés. Et le tiroir des applications est désactivé par défaut.
Nous remarquons aussi un bel effort sur les applications commerciales installées par défaut avec seulement Facebook et Instagram. Compte tenu du prix du Magic V6, le contraire aurait été de mauvais gout. Côté IA, vous retrouvez « Honor AI », une boite à outils où vous retrouvez Magic Portal, Souvenirs IA (une ersatz de Notebook LM ou de Essential Space), ainsi que les outils habituels (traduction, transcription, retouche photo dans la galerie, etc.). C’est très complet. Et cela le restera, puisque Honor promet ici 6 ans de mise à jour d’Android et 7 ans de patch de sécurité.
L’une des principales nouveautés apportées par MagicOS 10 est son intégration à l’écosystème Apple. Il est non seulement possible de jumeler un Magic V6 avec un iPhone. Mais il est aussi possible d’utiliser le Magic V6 comme écran additionnel d’un Mac, de se connecter nativement à un compte iCloud ou d’envoyer des fichiers avec AirDrop. Le Magic V6 va même plus que les Honor 600 et 600 Pro, avec l’affichage des notifications sur une Apple Watch et d’utiliser des AirPods comme si les écouteurs fonctionnaient avec un iPhone. Nous n’avons pas pu tester toutes ces fonctions lors de notre test. Mais celles que nous avons pu essayer fonctionnaient bien.
Écrans, performances et batterie
Côté écran, le Magic V6 s’appuie beaucoup sur le Magic V5, notamment leurs dalles internes qui sont pratiquement identiques. Même taille (7,95 pouces). Même définition et même résolution (403 pixels par pouce). Même nature (AMOLED LTPO). Même taux de rafraichissement maximal (120 Hz), avec une gestion fine jusqu’à 1 Hz en fonction des contenus affichés. Et même compatibilité avec les stylets tactiles, ce que Samsung ne propose plus pour des raisons inexplicables.
Honor annonce également la même luminosité en pointe locale avec un contenu HDR : 5000 nits. Ce qui est très élevé. À l’usage, l’écran offre une excellente visibilité dans toutes les situations. Avec un contenu SDR et en mode manuel, la luminosité monte à 672 nits, ce qui est largement suffisant. La colorimétrie de cet écran est très bonne. En mode professionnel, la température moyenne est à 6656°, le delta E moyen à 1,6 seulement et le gamma moyen à 2,2.
La dalle externe quant à elle change davantage. L’affichage est plus grand. Il passe de 6,42 pouces à 6,53 pouces. Le ratio est quasiment identique à 20,2/9e environ. La définition est adaptée à ce nouveau format, pour une résolution quasiment identique à 406 pixels par pouce. Il s’agit ici aussi d’une dalle AMOLED LTPO2 dont le taux de rafraichissement maximal atteint 120 Hz, avec la possibilité de réduire à 1 Hz en mode automatique.
La luminosité de cet écran a été renforcée, passant de 5000 nits à 6000 nits en pointe et en mode automatique avec du contenu HDR. En mode manuel, la luminosité de l’écran externe est très élevée, puisqu’elle dépasse les 800 nits selon notre sonde. Cette dernière nous indique aussi que le calibrage de l’écran externe est encore meilleur que celui de l’écran interne. Le delta E moyen est toujours à 1,6 en mode professionnel. Mais la température moyenne est presque parfaite, à 6561° et le gamma moyen est à 2,2.
Sous le capot, nous retrouvons un gros moteur. Le plus gros moteur actuellement disponible : le Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm. Le Magic V6 est le premier smartphone pliant à opter pour ce composant (nous ne comptons pas le Find N6 d’Oppo, testé dans nos colonnes, mais indisponible officiellement en France). Il sera logiquement rejoint par le Galaxy Z Fold 8 de Samsung dans quelques semaines. Mais, en attendant, le Magic V6 peut se targuer d’être le seul.
Nous avons testé à plusieurs reprises cette plate-forme. Il y a cependant quelques différences avec nos benchmarks précédents : ils sont ici plutôt moyens. Les scores Geekbench et Antutu sont décevants. Les scores 3DMark sont corrects, mais loin d’être à la hauteur. Seul le score PCMark est proche de ce que nous avons l’habitude d’obtenir avec ce SoC. Nous pensons que Honor a bridé le SoC. Et cela pourrait en décevoir certains : pourquoi payer le prix fort pour un composant qui est sous-exploité ?
Il y a quatre arguments en faveur de cette décision. D’abord, un Snapdragon 8 Elite Gen 5 recevra plus de mises à jour qu’un SoC moins de Qualcomm moins onéreux. Ensuite, Honor joue la prudence avec la chauffe du processeur : nous avons relevé 51°C à l’endroit le plus chaud de l’écran interne dans les benchmarks, quand un Mate X7 monte à 53°C dans les mêmes conditions avec une plate-forme moins puissante. Conséquence, la stabilité est meilleure : autour de 60%. Troisième argument, malgré la bride, les capacités du SoC sont suffisantes pour les besoins standards, voire même pour le gaming.
Enfin, dernier argument, Honor limite la consommation et optimise l’autonomie du Magic V6. Transition idéale pour évoquer la batterie et l’autonomie. La capacité proposée par la double batterie du Magic V6 atteint 6660 mAh. Soit 840 mAh de plus que le Magic V5. Il s’agit de la capacité la plus importante dans un smartphone pliant vendu en France. Et de loin. Il est suivi par le Razr Fold de Motorola, avec 6000 mAh. Avec cette batterie et les verrous sur le SoC, nous nous attendions à une autonomie de compétition.

Ce n’est malheureusement pas. PCMark l’évalue à quasiment 19 heures avec l’écran externe uniquement et 13 heures avec l’écran interne. Certes, c’est bien parce que l’autonomie est meilleure qu’avec le Magic V5 et que le Magic V6 peut tenir deux jours en usage standard (en mixant les deux écrans). Mais c’est moins que le Mate X7 (dont la capacité ne dépasse pas les 6000 mAh). Et c’est équivalent au Find N6, doté d’une batterie de 6000 mAh et d’un Snapdragon 8 Elite Gen 5 qui n’est pas aussi bridé.
Une fois la batterie déchargée, il faut passer par la case recharge. Le Magic V6 améliore ici aussi les caractéristiques de son prédécesseur. La charge filaire passe à 80 watts et la charge sans fil passe à 66 watts (contre respectivement 66 watts et 50 précédemment). Avec un chargeur Huawei ou Honor adapté et le câble fourni, nous rechargeons le Magic V6 en 61 minutes. Soit une bonne performance. Voici nos mesures intermédiaires :
- 10 min : 20 %
- 20 min : 42 %
- 30 min : 62 %
- 40 min : 80 %
- 50 min : 92 %
Pour éviter à la batterie d’être trop longtemps en surcharge, le Magic V6 propose plusieurs outils liés à la charge et l’alimentation : la charge limitée (entre 80 % et 90 %), la charge intelligente, la charge sécurisée, ainsi que le contournement de charge.
Photos, vidéo et audio
Passons à la photo. Dans ce domaine, le Magic V6 reprend à l’identique la configuration de son prédécesseur, avec un léger changement sur l’objectif ultra grand-angle dont l’ouverture passe de f/2.0 à f/2.2. Un très léger recul en arrière donc, qui n’aura d’incidence qu’à la nuit tombée. Voici tous les détails de cette configuration :
- Principal : capteur 50 MP, objectif ouvrant à f/1.6, autofocus à détection de phase et laser
- Panorama : capteur 50 MP, objectif ouvrant à f/2.2, autofocus à détection de phase
- Téléobjectif : capteur 64 MP, objectif ouvrant à f/2.5, autofocus à détection de phase, zoom optique 3x (et 100x en numérique)
- Selfie (externe et interne) : capteur 20 MP, objectif ouvrant à f/2.2
Notez aussi que Honor ajoute quelques outils, parfois alimentés à l’IA, pour adapter la colorimétrie des photos. L’un d’entre eux s’appelle Couleurs Magiques : il permet de changer totalement l’ambiance d’une scène.
Avec cette configuration très complète, le Magic V6 fait de bonne photo. Le capteur principal est très lumineux et très contrasté au niveau des couleurs. La mise au point est bonne. L’autofocus est rapide et précis. Cela manque parfois de détail dans les ombres. En soirée, les contrastes sont moins fort. La netteté est bonne, mais la mise au point n’est pas systématiquement précise. Le mode nuit peut apporter un peu d’éclat supplémentaire.



L’ultra grand-angle est très correct avec une bonne netteté et des couleurs vives. Les distorsions sont bien redressées. Et l’autofocus permet à ce module de produire de bonnes macros. En soirée, le module reste bon, même s’il est parfois un peu sombre. Le mode nuit va largement l’aider à retrouver de l’éclat. En revanche, de nuit, les macros sont souvent floues.


Le téléobjectif est également bon en journée, avec un excellent piqué et une colorimétrie contrastée. Les textures sont naturelles. Jusqu’au rapport 20x, le bruit n’est pas omniprésent. En soirée, la netteté sera déjà plus approximative, mais les couleurs sont toujours bonnes. Le bruit reste maitrisé jusqu’au rapport 10x. En revanche, le téléobjectif est extrêmement sombre en soirée. L’aide du mode nuit est presque obligatoire.




Côté portrait, le Magic V6 s’appuie sur le capteur principal, le téléobjectif et ses deux capteurs selfies pour produire de bonnes photos. Le détourage est précis. Les détails sont préservés, les couleurs sont fidèles et les textures sont préservées, surtout en journée. En effet, en soirée, les portraits perdent légèrement en naturel. Comme toujours, les capteurs selfies sont moins contrastés. Et ils perdent en netteté en soirée.





En vidéo, le Magic V6 se débrouille également bien, notamment en journée avec de belles couleurs et beaucoup de lumière sur l’ensemble des capteurs. L’ultra grand-angle manque légèrement de netteté. Le zoom optique est excellent. Et le zoom numérique reste bon jusqu’au rapport 10x. En soirée, le Magic V6 perd en pertinence : reflets sur les lentilles, mise au point hésitante, ultra grand-angle flou, téléobjectif très sombre et bruité. En revanche, la colorimétrie est bonne.
La captation du son est également bonne, grâce aux différents micros positionnés sur les tranches. Le Magic V6 propose en outre une fonction de réduction de bruit active qui marche très bien. Elle annule parfaitement les bruits ambiants. Mais elle dénature aussi le son de la voix. Cependant, le bénéfice est tel que nous en oublions la concession.
Finissons avec l’audio. Le Magic V6 est équipé de deux haut-parleurs quasiment symétriques pour une configuration stéréo assez bien équilibrée. Le son est puissant. Et la scène sonore est très large, avec une belle présence des basses et des aigus qui sont perceptibles jusqu’à 50 Hz pour les premières et un peu au-dessus des 10 kHz pour les seconds. Ces haut-parleurs sont parfaits pour regarder une série, un film ou une vidéo sur YouTube.
Pour les mélomanes, il faut passer par un accessoire externe. Le Magic V6 est compatible Bluetooth 6.0, incluant Auracast et LE Audio. Les codecs SBC, AAC et LC3 sont pris en charge. À cela s’ajoute la suite aptX HD de Qualcomm, le LDAC et le LHDC. Une brochette très complète. Et si vous avez une aide auditive, le smartphone prend en charge le protocole ASHA. Vous retrouvez également l’égaliseur complet habituel de MagicOS avec ses 10 bandes de fréquences personnalisables et ses profils préenregistrés.
Alors, on achète ?
Dans l’absolu, le Magic V6 est un très bon smartphone pliant. Le design est bon. La charnière est solide. Les écrans sont très bien calibrés. L’autonomie a été améliorée. L’expérience audio est solide. L’interface est complète. Et les photos sont globalement bonnes. En outre, si vous avez quelques appareils Apple, le Magic V6 est l’un des rares à vous proposer quelques interactions. Le bilan est donc positif… si on n’évoque pas son prix.
Mais justement, le prix est une composante importante : à 2300 euros, nous sommes très exigeants. Les imperfections en photo et en vidéo et les benchmarks moins bons qu’un Find N6 (performance et autonomie) nous chagrinent. Heureusement, il y a l’offre promotionnelle : si le Magic V6 vous a séduit, nous ne saurions trop vous conseiller de l’acheter rapidement. Ou d’attendre les prochaines promos.





























