Cette étude prouve qu’une conversation téléphonique triple le risque d’accident, même avec les mains libres
Les conducteurs pensent bien faire en branchant leur téléphone au système de la voiture. Le regard reste sur la route, les mains sur le volant, tout semble sous contrôle. Une étude française démonte pourtant cette fausse impression de sécurité.

Les voitures modernes multiplient les équipements connectés pour rendre les trajets plus confortables. Passer un appel sans lâcher le volant fait aujourd'hui partie des gestes les plus banals. Android Auto s'impose comme un compagnon de route précieux à condition de désactiver quelques fonctions du smartphone, tant l'accumulation d'options finit par détourner l'attention. Le conducteur croit garder le contrôle alors que son esprit se disperse peu à peu.
Une nouvelle étude française vient chiffrer précisément ce phénomène. Android Auto a récemment gagné deux fonctions pour mieux filtrer et gérer les appels au volant, preuve que les constructeurs cherchent à sécuriser ces échanges. Pourtant, le simple fait de discuter pèse déjà lourd sur la conduite. L'usage du téléphone tenu en main et des oreillettes reste interdit en France, seuls les dispositifs intégrés au véhicule étant autorisés. Ce cadre légal entretient une fausse impression de sûreté. Les résultats de l'étude viennent brutalement la bousculer.
Téléphoner au volant expose deux fois plus les conducteurs à un flash radar
L'étude menée par Assurance Prévention a suivi vingt-six conducteurs sur simulateur, avec un système de suivi du regard. Chaque participant a parcouru deux trajets de trente-sept kilomètres, l'un en silence, l'autre en pleine conversation téléphonique. Résultat, les freinages brutaux grimpent de 24 % pendant l'appel, et le nombre d'accidents se trouve carrément multiplié par trois. Les excès de vitesse progressent de 20 %, tandis que les flashs radar bondissent de 107 %. Les erreurs de navigation, elles, augmentent de 84 %. Discuter au téléphone suffit donc à faire basculer un trajet ordinaire dans la zone rouge.
Le plus troublant reste ce paradoxe relevé par Assurance Prévention. Les conducteurs regardent autant la route qu'en temps normal, mais leur cerveau décroche. Le nombre de clignements des yeux progresse de 57 %, signe classique d'une vigilance en berne. La charge mentale de la conversation mobilise l'attention, si bien que les informations perçues sont moins bien analysées. Le regard se pose sur la chaussée, mais le danger n'est plus vraiment vu. À la veille des grands départs, ce constat rappelle qu'un trajet monotone amplifie encore le risque.