YouTube va durement sanctionner les vidéos niant les résultats de l’élection américaine

 

YouTube va prendre des mesures drastiques contre certains discours politiques. Alors que Twitter et Facebook ont déjà Donald Trump dans le collimateur suite à l’attaque du Capitole, la plateforme vidéo a annoncé bannir à vue toute chaîne niant les résultats de l’élection américaine.

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L’attaque du Capitole de Washington par des militants pro-Trump a changé beaucoup de choses pour les géants de la tech. Ils ont ainsi pris la décision de revoir en profondeur leur politique. Alors que Twitter et Facebook ont suspendu le compte du président américain, YouTube va encore plus loin en bannissant tout auteur de vidéo niant les résultats de l’élection de novembre.

Dans un tweet, la plate-forme vidéo a annoncé prendre une mesure drastique. Après l’attaque du Capitole, l’élection de Joe Biden en tant que nouveau président des Etats-Unis a été certifiée. De ce fait, YouTube annonce que n’importe quelle vidéo niant sa victoire recevra un « strike ». Cela signifie que la chaîne qui l’a publiée sera bannie pendant une semaine. Pour le reste, les règles ne changent pas. Au bout de trois strikes, la chaîne est définitivement bannie. Toutes ses vidéos seront alors supprimées du réseau et il ne lui sera plus possible d'en poster de nouvelles.

YouTube prend ainsi les devants, visant particulièrement les chaînes complotistes, mais pas que. Donald Trump pourrait être concerné. Le président américain -pour encore douze jours- a en effet publié plusieurs vidéos criant à la fraude ces derniers mois. Après l’attaque du Capitole, ses dernières ont tout simplement été supprimées, car incitant à la violence selon les règles de YouTube.

Twitter et Facebook s’attaquent aussi à Donald Trump

YouTube n’est pas la seule plate-forme à s’être réveillée après les événements de mardi. Twitter a lui aussi pris des mesures contre le président américain en suspendant son compte pour une durée de douze heures, une grande première. De plus, le réseau n’a pas hésité à supprimer trois messages publiés par Donald Trump, un fait là encore inédit. Depuis, l'intéressé est revenu sur la plateforme, publiant une vidéo appelant à la réconciliation.

Mais c’est Facebook qui a agi de manière la plus sévère. Le réseau social a d’abord supprimé les derniers messages de Donald Trump et a banni son compte pendant une durée de 24 heures. A la fin de cette période, Mark Zuckerberg en personne a publié un long texte indiquant que le compte officiel du président serait banni pour une durée minimum de deux semaines, soit le reste de son mandat. La raison évoquée ici est que le risque de laisser le président s’exprimer est trop grand pour l’intégrité de la démocratie américaine.

Les réseaux sociaux face à leurs responsabilités

L’attaque du Capitole a changé énormément de choses dans la manière de penser des géants de la tech. Facebook, Twitter et Instagram s’attaquent de front au président américain, tandis que YouTube veut aller encore plus loin en sanctionnant n’importe qui allant dans son sens en ce qui concerne l’appréciation des résultats de l’élection. Un virage à 180 degrés qui, selon beaucoup, arrive trop tard.

Ces plateformes ont en effet laissé faire pendant trop longtemps, ignorant les messages de haine et la diffusion de fausses informations. On se souvient du scandale Cambridge Analytica, fuite de données personnelles de plusieurs millions d’utilisateurs qui aurait influencé l’élection de 2016. Zuckerberg s'est depuis caché derrière la neutralité du réseau. Sur YouTube, on ne compte plus les vidéos complotistes, que ce soit concernant l’élection de 2020 ou sur des sujets beaucoup plus farfelus. Elles sont en accès libre et faciles à trouver.

Un retournement de situation pour des plateformes accusées d’avoir du sang sur les mains (les émeutes ayant provoqué cinq morts) et qui se doivent maintenant de réfléchir à une nouvelle manière de procéder. On peut également prendre le problème à l’envers en se demandant si c’est aux entreprises privées de réguler des discours qui ne tombent pas sous le coup de la loi américaine, très permissive en matière de liberté d’expression.

Que ce soit chez Facebook, YouTube ou encore Twitter, une grande réflexion se devra d’être menée pour tirer les conséquences de cet événement dramatique et sur les conditions qui ont permis d’en arriver là.



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