Votre casque audio contient des substances toxiques, cette étude fait froid dans le dos
Une analyse menée sur plus de 80 modèles de casques audio montrent que ces derniers contiennent des composés chimiques nuisibles à l'Homme. Lesquels et peut-on agir à notre niveau ?

Il y a des tas de situations dans lesquelles on aime enfiler son casque audio. Pendant un trajet quelconque, en balade urbaine pour s'isoler des bruits de la ville, lors de sa séance de sport pour se donner un peu de motivation via une playlist rythmée… Certains vont même s'en servir au travail, ça les aide à se concentrer. En résumé : ces appareils sont en contact fréquent avec notre peau, parfois sur de longues périodes ininterrompues.
Partant de ce constat, on se doute que leur composition répond à des critères stricts dont, entre autres, l'absence de composants susceptibles de poser un risque pour la santé. C'est ce point qu'ont voulu vérifier les équipes du projet ToxFree, financé par l'Union Européenne. Il s'avère que la réalité va à l'encontre de ce à quoi l'on pensait spontanément. Le pire étant qu'aucune marque ne s'en tire mieux qu'une autre.
Tous les casques audio testés dans cette étude contiennent des substances nocives
Au total, 81 casques audio ont été testés. Aussi bien des modèles haut de gamme de chez Bose, Sony, Sennheiser ou encore Samsung que des autres plus bon marché. Les achats se sont fait en boutique dans plusieurs pays d'Europe (Autriche, Slovaquie, République tchèque, Hongrie et Slovénie), ainsi qu'en ligne sur différents sites comme Temu ou Shein. La conclusion est sans appel : 100 % des produits testés contiennent des substances dangereuses.
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Dans 98 % des cas, le casque contient du bisphénol A. Son substitut, le bisphénol S, est présent dans plus de 75 % des appareils testés. Or, on sait qu'ils ont des effets nocifs sur la santé en provoquant des dérèglements hormonaux ou en favorisant l'apparition de cancer par exemple. D'autres éléments nocifs ont été trouvés à l'état de traces : des phtalates, des paraffines chlorées et des retardateurs de flamme bromés et organophosphorés.
Les premiers peuvent causer des problèmes de fertilité, les seconds sont associés à l'émergence de lésions hépatiques et rénales, tandis que les derniers sont des perturbateurs endocriniens similaires aux bisphénols. Cela étant dit, quels sont les risques réels ?
Porter un casque audio est-il dangereux pour votre santé ?
La première chose à savoir, c'est que les bisphénols peuvent passer d'un matériau synthétique à la sueur avant d'être absorbés par la peau. Si vous portez un casque pendant votre séance de sport, vous comprenez le problème. En revanche, ce n'est pas l'utilisation de l'appareil en soi qui inquiète, mais le fait qu'il participe à un “effet cocktail“. Autrement dit : la multiplication des expositions à ce genre de composés chimiques tout au long de la journée.
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Comme le précise ToxFree : “Bien que ces produits ne présentent pas de danger aigu ou « imminent », les effets cumulatifs et synergiques d'une exposition chronique à ces classes de produits chimiques constituent un risque à long terme pour la santé publique“.
Pour Karolína Brabcová, chimiste chez Arnika, qui fait partie du projet ToxFree, cette situation est “très préoccupante“, surtout “pour les groupes vulnérables comme les adolescents. Il n’existe pas de seuil « sans danger » pour les perturbateurs endocriniens qui imitent nos hormones naturelles“.
Les équipes en appellent désormais aux pouvoirs publiques, rappelant qu'il n'y pas grand chose qu'une personne seule puisse faire à son niveau. “La protection des consommateurs est un problème systémique qui ne peut être résolu par un choix individuel ; il doit être abordé au niveau institutionnel“. Au moment de publier cet article, les marques citées par l'étude n'ont pas réagi aux résultats publiés sur le site d'Arnika.