Des chercheurs ont conçu une montre connectée à moins de 100 € qui détecte les microplastiques à travers votre peau
Les microplastiques étant omniprésents, il est indispensable de suivre notre exposition à ces particules afin de déterminer si elles sont dangereuses pour la santé et en quelles quantités. Des chercheurs ont développé une alternative aux prises de sang invasives et onéreuses : voici ses avantages.

Les microplastiques. Vaste sujet de santé publique tant ils sont aujourd’hui omniprésents au sein de notre environnement : eau, air et même sachets de thé qui « polluent » cette boisson et par extension notre corps. Les scientifiques ont établi que nous absorbons ces particules de plastiques majoritairement invisibles à l’œil nu principalement en les respirant et en les ingérant.
Si, en 2022, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé estimait que l’on manquait de données pour affirmer – ou infirmer – que ces microplastiques sont dangereux pour la santé, une récente étude a démontré pour la première fois que ces particules peuvent pénétrer jusqu’au noyau de nos cellules intestinales, mais également atteindre notre système sanguin et ainsi se répandre dans l’ensemble de notre organisme.
Il est donc urgent d’approfondir nos connaissances sur les conséquences d’une exposition prolongée à ces microplastiques. Pour détecter leur présence dans le corps humain, des chercheurs ont développé un dispositif semblable à une montre connectée qui présente plusieurs avantages. Voici de quoi il s’agit.
Ce prototype de montre connectée a plusieurs atouts pour surveiller notre exposition aux microplastiques
Actuellement, suivre l’exposition aux microplastiques requiert des prises de sang coûteuses. Mais des chercheurs de l'Université de Tartu en Estonie ont conçu SWAN : un prototype s’apparentant à une montre connectée permettant de détecter ces particules directement à travers la peau. Ce dispositif, non invasif donc et c’est son premier avantage, repose sur la spectrométrie, une technique permettant d’analyser comment les matériaux interagissent avec la lumière.
Ce format « montre connectée » est intéressant : ces accessoires se présentent aujourd’hui majoritairement comme des alliés santé – bien que tous ne se valent pas, il n’existe par exemple aucun moyen fiable et non invasif de mesurer la glycémie actuellement. Voici comment fonctionne SWAN concrètement : l’appareil projette des longueurs d’onde précises et les capteurs mesurent les signatures optiques uniques des plastiques communs grâce à la réflexion de la lumière. Il est ainsi capable de détecter de manière fiable des particules de la taille d’un grain de sel sans perturber les moniteurs de santé classiques.
Autre avantage : il est uniquement fabriqué à partir de composants du commerce, à savoir trois LED, un microcontrôleur ESP32-WROOM-32E et un spectromètre miniature AS7265X. Cela rend son coût de production très abordable : 105 $ (soit environ 90 €). Pour le moment, nous ne sommes qu’aux balbutiements du dispositif qui n’en est qu’à sa phase de test sur peau artificielle.
Cette précaution est indispensable pour étudier les potentiels effets néfastes sur la santé du dispositif, qui « utilise un spectre de différentes longueurs d'onde, y compris des parties du spectre UV » selon les propos de Kevin Post relayés par nos confrères de Notebookcheck. Mais dans un futur plus ou moins lointain, SWAN pourrait être intégré à nos wearables afin de surveiller notre exposition aux microplastiques – ce qui pourrait enrichir la recherche à leur sujet.