Avec le Milton ANC, Marshall veut combler l’écart entre le Major et le Monitor. L’idée est simple : s’appuyer sur le design du premier et lui ajouter certaines fonctions premium du second, notamment la réduction de bruit active. La différence de prix se justifie-t-elle face au Major V ? Le Milton vaut-il le coup quand le Monitor III ANC a fortement baissé de prix ? Réponse dans ce test complet.
En mai 2026, Marshall faisait évoluer son catalogue de casque audio. Avant cette date, la marque suédoise n’avait que deux références : Major et Monitor. D’un côté, vous avez le Major, un casque supra-auriculaire abordable, champion de l’autonomie et doté d’un design devenu iconique. La dernière itération, le Major V, vient de souffler sa seconde bougie. De l’autre côté, vous retrouvez le Monitor, un casque haut de gamme, développé pour concurrencer les QuietComfort de Bose et WH1000-XM de Sony. La dernière version, la Monitor III ANC, aura deux ans dans quelques mois.
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Quand l’un est commercialisé à 149 euros, le second est lancé à 349 euros. Et entre les deux, vous n’avez rien. Mais ça, c’était avant. En mai 2026, Marshall a dévoilé un nouveau casque audio « milieu de gamme » : le Milton ANC. Commercialisé à 199 euros, celui-ci veut être le trait d’union entre Major et Monitor. En reprenant certains attributs de ces derniers, le Milton ANC veut proposer des services modernes, comme l’ANC, au plus grand nombre. Un peu comme Nothing avec ses Headphone. Un pari osé, d’autant que le Monitor et Major ont baissé de prix entre temps. Le Milton mérite-t-il notre attention ? Réponse dans ce test.
Prix et date de disponibilité
Le prix public conseillé du Milton ANC s’élève à 199 euros. C’est 150 euros de moins que le Monitor III ANC et 50 euros de plus que le Major V, tous deux lancés en 2024. Cependant, depuis leurs lancements respectifs, les versions noires classiques des Monitor et Major ont baissé de prix sur la boutique officielle. Elles sont proposées à 249 euros et 119 euros, respectivement.
La concurrence autour de 200 euros est constituée de casques supra-auriculaires comme le Milton, mais aussi de casque circumauriculaire. Et beaucoup proposent aujourd’hui la réduction de bruit active. Dans la première catégorie, vous retrouvez le Headphone (a) de Nothing, le JBL 680NC, le Beats Solo 4 et même l’étonnant Fairbuds XL de Fairphone. Dans la seconde, vous retrouvez l’Accentum Plus de Sennheiser, le 780NC de JBL, le QuietComfort SC de Bose ou encore le ULT Wear 900N de Sony. Ajoutons à cette liste deux anciens produits haut de gamme faciles à trouver autour des 200 euros : le Momentum 4 de Sennheiser et le XM4 de Sony.
Le Milton ANC ne se décline qu’en une seule couleur : noir. Mais il est possible qu’il sorte en d’autres couleurs durant sa carrière commerciale, à l’image du Major V que vous retrouvez en noir, noir absolu, bleu, crème et brun. Dans la boite, le casque est accompagné d’une pochette de transport, d’un câble USB-C vers USB-C assez petit (et peu pratique) et d’un câble jack 3,5 mm vers USB-C dont une partie est en accordéon.
Design et contrôle
En déballant le produit à la rédaction, la première remarque a été unanime : le Milton ANC est incontestablement un casque Marshall, tant il ressemble à une version modernisée du Major. L’effet faux cuir de la coque des écouteurs et de l’habillage de l’arceau. Le bouton multifonctions doré. Les câbles de connexion apparents. Les oreilles carrées avec les coins arrondis. Ou encore le design pliable pour trouver une place confortable dans tous les sacs à dos. D’autant que le format reste relativement compact et léger : 200 grammes (contre 186 grammes pour le Major V).
Il y a tout de même quelques différences notables. La plus visible est la forme des branches de réglages, entre l’arceau et les écouteurs. Marshall abandonne ici les deux tiges en métal symbolique pour une seule tige beaucoup plus large et plate. Cette unique pièce est attachée à l’écouteur à qui il apporte l’articulation nécessaire pour s’adapter à la forme de toutes les têtes. Cette pièce est plus rigide que les deux tiges du Major. Et pour cause : elle assure l’isolation passive avec les coussinets.
Les coussinets sont le deuxième changement. Toujours en mousse à mémoire de forme, ils sont plus épais afin de s’adapter à toutes les morphologies. Ils se détachent facilement de l’écouteur grâce à une petite rotation et peuvent donc être remplacés. Le troisième changement concerne la coque des écouteurs : un peu plus épaisse, elle opte aussi pour des lignes un peu plus arrondies. Elle est convexe et non concave. Et le logo de la marque est doré et non blanc. En outre, nous pouvons y voir 6 micros, positionnés de façon stratégique.
Pour un casque supra-auriculaire qui a tendance à écraser les oreilles, le Milton ANC fait partie des plus confortables. Il ne sera jamais aussi agréable à utiliser qu’un Monitor par exemple, même si le poids et le bon équilibre du Milton jouent clairement en sa faveur. En revanche, il est plus respirant et moins chaud qu’un casque circumauriculaire. Il y a donc certains avantages, même face au Monitor.
Nous retrouvons un seul port sur ce casque : il s’agit d’un connecteur USB-C qui a deux fonctions : la charge et la connexion audio (avec les deux câbles cités précédemment). À côté du port, nous avons une LED de notification assez classique. Enfin, nous retrouvons deux boutons : le joystick de contrôle doré à droite et la touche M à gauche. Le premier sert à contrôler la musique (lecture, sélection de morceaux, volume sonore) et les appels. La seconde permet, par défaut, d’activer l’ANC. Cette touche est personnalisable, mais il n’est possible de lui assigner qu’une seule action. C’est un peu dommage.
Qualité audio et réduction de bruit
Parlons maintenant audio, en commençant par un tour d’horizon des principaux détails techniques. Nous retrouvons ici deux transducteurs de 32 mm, une taille assez classique pour ce type de casque. Si Marshall affirme qu’il s’agit de nouveaux composants, les matériaux de la membrane ou la nature des aimants ne sont pas annoncés officiellement. Mais l’ensemble est contrôlé par un SoC capable de gérer de l’audio hi-res.
Le Milton ANC est typique de Marshall, surpondérant les hauts médiums pour un résultat percutant et flatteur. Le son est très dynamique avec des impulsions précises de la membrane. Toutes les fréquences sont bien représentées, même les plus extrêmes. Les aigus sont aisément perceptibles jusqu’à 15 kHz. Et les basses sont bien présentes, même à 20 Hz, ce qui a parfois un impact sur le bas médium qui peut manquer de panache et sur les voix qui peuvent manquer d’homogénéité.
Grâce à ce beau travail sur les extrêmes, le Milton a moins peur des morceaux complexes que d’autres casques de la marque, même si le punch de sa signature audio le préconise aussi à la pop et au rock. La scène sonore est très ample et la spatialisation est bonne. Côté audio spatial, Marshall offre si sa propre vision appelée « Sounstage », avec une stéréo amplifiée sans suivi de la tête. Le but ici est d’émuler une salle de concert ou une pièce ample avec un système audio, l’utilisateur pouvant choisir son amplitude et son intensité.
Les codecs proposés par le Milton ANC sont assez variés. Nous retrouvons les basiques AAC et SBC, ainsi que le LC3 qui intègre le standard LE Audio. À cela, Marshall ajoute le support du LDAC qui permet d’étendre la finesse de reproduction du son vers les basses et les aigus.
Le Milton ANC peut être ajusté grâce à un égaliseur que vous retrouvez dans l’application pour smartphone. Cet égaliseur est assez chiche, puisqu’il n’est réglable que sur 5 bandes de fréquences, de 160 Hz à 6,25 kHz. Très grand public, cet égaliseur offre trois profils audio, dont deux sont personnalisables (le troisième étant consacré au profil Marshall par défaut). Un profil peut être personnalisé en jouant sur les bandes de fréquence ou en sélectionnant un réglage tel que « plus de basses », « moins de médiums », etc.
Le plus gros avantage du Milton ANC face au Major tient dans son nom : la réduction de bruit active, soutenue par six micros. Grâce à ses coussinets plus épais offrant une isolation passive performante, l’ANC est d’une bonne qualité, malgré les limitations du format supra-auriculaire. Le casque peut annuler jusqu’à 35 décibels environ. Certains bruits urbains ne sont pas effacés, pour la sécurité des utilisateurs. Nous remarquons une certaine latence à réagir face aux bruits soudains, ce qui impacte le mode adaptatif. Le mode transparence est correct, sans plus.
Les différents micros ne servent pas qu’à la réduction active du bruit, mais aussi au volume sonore adaptatif et du kit mains libres. Ce dernier est plutôt de bonne qualité. L’isolation de votre voix est bien gérée, permettant des échanges téléphoniques clairs. Nous notons cependant quelques microcoupures en milieu dense et une sensibilité élevée au vent.
Interactivité et application
Le Milton ANC est accompagné d’une application de contrôle qui est identique sur Android ou iOS. Dotée d’une interface élégante à l’esprit « rock », elle est assez complète. Elle permet de personnaliser le bouton « M », de contrôler la force de l’ANC, de créer des profils avec l’égaliseur, de personnaliser « Soundstage », de régler les paramètres de charge et, bien sûr, de mettre à jour le casque.
Le Milton ANC est le premier casque audio de Marshall à bénéficier, dès sa sortie de boite, d’une compatibilité Bluetooth 6.0, permettant de réduire un peu plus encore la consommation d’énergie et la stabilité des connexions, notamment dans des lieux très fréquentés. Grâce à sa compatibilité LE Audio, le Milton ANC devient compatible Auracast et offre une latente très limitée, comprise entre 0,2 et 0,3 seconde. C’est suffisant pour jouer à la plupart des jeux.
Si vous voulez réduire encore cette latence, le Milton ANC peut fonctionner avec une connexion filaire. Il suffit d’utiliser le câble jack 3,5 mm fourni ou un câble USB-C vers USB-C standard. Dans ce dernier cas, il est possible de charger le casque tout en écoutant (si la source est compatible avec la charge inversée). En outre, quel que soit le câble utilisé, il faut allumer le casque. Si vous connectez le casque en filaire, tout en gardant la connexion Bluetooth active, vous pouvez même utiliser le casque avec deux sources en même temps. C’est pratique pour passer de l’un à l’autre.
S’il est capable de se connecter à plusieurs appareils en même temps, le Milton ANC fait l’impasse sur Fast Pair et Swift Pair qui offre une plus grande facilité de connexion à un nouvel appareil. En revanche, le Milton ANC est compatible avec les services de positionnement Apple Localiser et Google Localiser. Et grâce au support du Bluetooth 6.0, il n’a pas besoin d’une puce UWB (Ultra Wide Band) pour bénéficier d’un positionnement précis.
Comme les autres casques et écouteurs de Marshall, le Milton ANC est compatible Spotify Tap. Il est donc possible de lancer un morceau à partir de la plate-forme suédoise. Pour tous ceux qui préfèrent Apple Music, Deezer, Amazon Music ou YouTube Music, cela ne vous sera d’aucune utilité. On apprécierait une compatibilité plus large.
Le Milton ANC n’est pas équipé d’un capteur de proximité, contrairement à d’autres casques audio proposés au même prix. Cela veut dire que le Milton est incapable de se mettre en pause automatiquement si vous le retirez. Il n’est pas si rare de l’enlever, de le poser sur une table et de l’oublier. En quelques heures, sa batterie sera vide, ainsi que celle de votre téléphone…
Autonomie et recharge
Parlons justement de l’autonomie du casque. Marshall a choisi ici une batterie de 830 mAh, un chiffre dans la bonne moyenne du format supra-auriculaire. À titre de comparaison, le JBL 680NC intègre une batterie de 850 mAh et le Fairphone Fairbuds XL une batterie de 800 mAh seulement. Les promesses de Marshall sont alléchantes : 50 heures avec ANC et 80 heures sans ANC. Soit autant que JBL et deux fois plus que Fairphone.
La marque parviendrait à ce chiffre en partie grâce à ces transducteurs dont l’impédance atteint 32 ohms. Traduction : il faut moins d’énergie pour animer les aimants et les membranes et produire le son. En outre, la puce Bluetooth 6.0 consomme moins d’énergie pour des performances audio similaires à une puce Bluetooth 5.3 ou 5.4.
Ainsi, le casque peut effectivement atteindre les 50 heures d’écoute musicale en une seule charge (ANC adaptative activée, codec SBC et 40 % du volume sonore). Sans ANC, nous avons consommé environ 2 % de batterie en 2 heures d’écoute dans les mêmes conditions.
Une fois la batterie déchargée, il faut passer par la case recharge. Marshall promet dans ce domaine une charge complète en 2 heures. Et pour les plus pressés, Marshall annonce quasiment 10 heures d’écoute en 15 minutes de charge. Nos mesures sont conformes à la promesse puisque nous avons rechargé entièrement le casque en 115 minutes à l’aide d’un chargeur de smartphone et du câble USB fourni. Et nous avons atteint les 15 % en 15 minutes. Voici quelques mesures intermédiaires :
- 15 min : 15 %
- 30 min : 33 %
- 45 min : 54 %
- 60 min : 70 %
- 90 min : 89 %
Si le casque n’est pas en mesure de mettre automatiquement en pause la musique quand vous retirez le casque, il est capable de s’éteindre s’il ne reçoit aucun flux pendant un laps de temps. Et ce délai est personnalisable dans l’application. Autre réglage intéressant à retrouver dans l’application : la protection de la batterie. Une jauge permet d’activer ou non certaines fonctions qui vont limiter à 90 % la charge, voire la ralentir en fonction de la température de la batterie. Des fonctions courantes pour un téléphone, mais encore rares pour un casque audio.
Alors, on achète ?
Le Milton ANC est un casque audio qui ne manque pas d’intérêt. Le design est proche des codes de la marque, tout en étant plus moderne. Le port est agréable. La signature audio ne manque pas de panache, comme toujours avec Marshall. Et l’expérience proposée est très correcte. Parfait pour tous ceux qui ne supportent pas les casques circumauriculaires. Cependant, le Milton ANC n’a pas que des qualités : il aussi quelques défauts sur l’interactivité ou le son.
En outre, avec son positionnement tarifaire, il s’intercale entre deux casques, les Major V et Monitor III ANC, qui ont baissé de prix. Pour 50 euros de plus, vous avez le nec plus ultra de Marshall, surtout si vous supportez bien le format circumauriculaire. Et pour la moitié du prix, vous faites certes l’impasse sur la réduction de bruit et l’isolation passive améliorée, mais pas sur le reste de l’expérience. Selon vos besoins, le Milton n’est donc pas forcément la bonne réponse.
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