2026, l’année d’ARM chez Windows aussi ? C’est bien ce que veut prouver l’Asus Zenbook A16, propulsé par le Snapdragon X2 Elite Extreme, que nous avons pu tester.
ARM a le vent en poupe. Et si les acteurs x86 comme Intel ou AMD ont fini par prouver que les bienfaits de l’architecture des smartphones et tablettes peuvent tout à fait être reproduits à l’équivalent sur leurs processeurs, il n’empêche que la philosophie d’Apple donne l’impression – fausse ou non – d’un renouveau. Et si Qualcomm pouvait être cet acteur dans l’univers Windows, bien plus libre ? C’est essentiellement la proposition du Asus Zenbook A16, qui s’équipe fièrement du Snapdragon X2 Elite Extreme, le SoC se voulant être la preuve par A+B du potentiel après une première année d’existence qui n’a pas fait de vagues.
Prix et disponibilité
L’Asus Zenbook A16 est vendu en France au prix de 1 999 euros pour cette version intégrant le Snapdragon X2 Elite Extreme. Il est à noter que sur notre territoire, il sera le seul PC portable à intégrer ce SoC novateur, qui semble-t-il n’a pas droit à une large production. Le constructeur taïwanais a réussi à s’en dégoter l’exclusivité totale, bien qu’il est important de noter ici qu’il ne s’agit pas du X2 Elite Extreme tel qu’il nous a été présenté à Hawaï en fin d’année 2025.
Cette version de la puce n’est en vérité pas capable d’atteindre les 5 GHZ de boost sur un cœur comme on nous l’avait promis à l’origine. Chez Asus, nous avons la version juste avant celle-ci, le X2-E94-100 qui atteint tout de même le respectable 4,7 GHz. Il conserve malgré tout 18 cœurs et sa partie graphique Adreno X2 à pleine puissance. Sur une année où la plupart des PC portables de premier ordre dépassent allégrement les 2000 euros, son prix et sa configuration paraissent “honnêtes” sans épater.
Design, clavier, connectique
L’Asus Zenbook A16 de 2026 est un ordinateur portable indubitablement élégant. Le choix de couleur de base, qui s’éloigne très doucement, mais sûrement du noir/argent/blanc en offrant un rendu proche de la pierre, va très bien avec le châssis en “céraluminium”. Le “céraluminum”, c’est l’alliage créé exclusivement par Asus pour certains de ses ordinateurs portables, qui est censé avoir l’avantage de la légèreté de l’aluminium, une résistance supérieure malgré tout, et le toucher de la céramique.
Cette alliance du toucher et de la couleur fonctionne superbement bien, surtout en considérant comme le PC en lui-même est léger et fin. Gardez en tête que nous sommes sur un format 16 pouces, souvent plus dédié à la productivité, et que le Zenbook A16 ne pèse que 1,2 kilogramme pour une épaisseur maximale de 1,65 centimètre. Des scores que rares sont les PC de cette diagonale à atteindre, et qui ont tendance à être réservés à ces configurations n’hésitant pas à faire un maximum de sacrifice sur la rigidité ou la puissance pour arriver à leurs fins.
Pourtant, l’Asus ne semble rien sacrifier. Côté clavier, nous retrouvons les switchs habituels de la marque qui n’ont fait que s’améliorer sur ces dernières années pour offrir une rigidité et une stabilité bienvenue, ce tout en gardant une distance d’activation très agréable. La diagonale du pavé tactile est immense, mais hélas, celui-ci n’a pas encore adopté les retours haptiques qui font la joie des utilisateurs de MacBook depuis quelques générations à présent. Sur le marché Windows, le haut de gamme s’en empare petit à petit, et Asus a loupé la notification.
Au moins, la connectique est excellente. Nous retrouvons deux ports USB-C 4.0 (compatible Thunderbolt 3) à 40 Gbps, un port USB A 3.2 Gen 2 10 Gbps, un port HDMI 2.1, un lecteur de cartes SD plein format et un combo jack. Côté sans-fil, nous avons le droit au Wi-Fi 7 et au Bluetooth 5.4, soit tout ce qu’il faut. Essentiellement, la seule “faiblesse” de cette configuration est de ne pas avoir de port de charge sur la droite, l’USB-C étant uniquement sur la gauche.
Écran, puissance, batterie
Le dernier d’Asus intègre, comme on en parlait côté châssis, une belle dalle OLED de 16 pouces de diagonale. Celle-ci nous offre une définition de 2880 x 1800 pixels, soit “3K” selon les normes actuelles, pour un ratio 16:10 très classique de nos jours. Le taux de rafraîchissement maximum de la dalle est à 120 Hz, bien que celle-ci soit plutôt réglée en 60 Hz par défaut, certainement pour optimiser la durée de vie de la batterie. Enfin, notez que le revêtement est glossy quand bien même l’écran n’est pas tactile, ce qui est bien dommage d’autant plus que le traitement antireflet n’est pas particulièrement puissant ici. On aurait espéré mieux.
Côté mesures de la dalle, nous retrouvons une couverture de 114% de l’espace DCI-P3 pour 170% sur l’espace sRGB. Le delta e00 moyen est mesuré à 2,61 cd/m², excellent, pour une température de couleurs moyenne de 6268K très proche de la norme NTSC à 6500K recherchée. La luminosité maximale en SDR est mesurée à 468 cd/m², proche d’un 500 agréable, mais pas tout à fait suffisante pour compenser ces reflets marqués en plein soleil. En HDR, le pic lumineux est mesuré à 1065 cd/m², très haut. On aurait tout de même aimé un traitement antireflet, mais la dalle est de très bonne qualité autrement.
Côté puissance, nous pouvons donc compter sur le fameux Qualcomm Snapdragon X2 Elite Extreme en exclusivité sur cette machine, bien qu’en version 4,7 GHz. Il s’agit donc d’un SoC ARM Qualcomm de 18 cœurs (record !) pouvant turbo sur un cœur à 4,7 GHz et en multi cœur jusqu’à 4,4 GHz. Il est couplé ici à 48 Go de RAM LPDDR5X à 9523 MT/s, et 1 To de stockage en PCie 4.0.
Côté processeur, c’est assez simple : il s’agit tout simplement du plus puissant disponible partie ultrabook dans l’univers Windows, avec des scores de 6284 points en multi pour 629 points en single sur Cinebench 2026 qui le fait surpasser facilement le Panther Lake d’Intel plutôt cantonné aux 500 points en single. Sous Geekbench 6.6.0, nous retrouvons des scores de 3824 points en single core pour 22 793 points en multi core qui nous rappelle tout de même que les Apple M5 gardent la tête du marché, et de loin. Reste qu’il s’agit d’une belle victoire, d’autant que le NPU intégré à 80 TOPS est lui aussi bien supérieur aux concurrents, notamment le 50 TOPS chez Intel.
C’est sur la partie graphique que la claque est redonnée. La génération Intel Core 300 “Panther Lake” a mis tout le monde d’accord sur ce point, et l’Adreno X2-90 intégré n’est pas à la hauteur avec des scores de 462 sur Speed Way, 1256 sur Steel Nomad et 5479 points sur Steel Nomad Light. Ce dernier est naturellement le plus important, et montre aussi comme la configuration réussit à être supérieure à la Radeon 890M proposée par AMD, aujourd’hui au centre des “PC consoles portables”. Dans cet ordre d’idée, Qualcomm pourrait être le “second du marché” s’il n’affrontait pas le manque de compatibilité de la plateforme ARM avec les jeux vidéo, qui s’avère toujours être un triste problème.
Au moins, pour les créatifs, la plateforme assure un minimum de service avec des scores de 7142 points sur Procyon Photo pour 9883 points sur Procyon Video. Certes, on aurait aimé avoir mieux partie vidéo, mais restons sur un profil de performance qui offrira de quoi monter en 4K des petites vidéos sur Premiere sans trop de soucis, en plus d’une partie photo hyper simple à utiliser. C’est d’autant plus intéressant que, comme c’est le cas sur Panther Lake, la configuration offre les mêmes performances qu’elle soit branchée sur secteur ou non. La vitesse du SSD intégré ne déçoit pas non plus, fort heureusement.
Enfin, la batterie de 70 Wh intégrée peut se recharger par le biais d’un bloc d’alimentation de 130W fourni. Celui-ci paraît plus large que la moyenne, et c’est bien vrai, mais il faut aussi prendre en compte que le PC pourra se charger facilement avec un minimum de 45W. Il apparaît sur nos mesures que l’écran est responsable d’une bonne partie de cette consommation additionnelle, bien que le SoC lui-même peut atteindre 80W au total dans certains usages poussés au maximum.
Sur l’autonomie, pas de mauvaise surprise : nous retrouvons toujours un usage d’un peu plus de 20 heures comme c’était le cas sur la première génération ARM. Bien que l’avantage soit aussi repris par Intel de nos jours, on ne peut également nier la veille qui ne consomme quasiment rien sur ces appareils ARM, un grand plus surtout pour un Windows qui a historiquement rencontré bien des problèmes sur ce point. En plus d’un autre bon point : la chauffe, qui ne dépasse pas les 44°C au châssis avec des ventilateurs qui ne s’activent presque jamais.
Interface et logiciels
Nous retrouvons ici le bon vieux Windows 11, dans sa version 26H1 qui est essentiellement une “exclusivité” pour les plateformes ARM actuellement. Rien de terriblement étonnant de la part de Microsoft, puisque ses dernières mises à jour majeures n’ont pas été déployées sans heurts ; que la plateforme ARM soit plus ou moins utilisée comme bêta-testeuse paraît cohérent. Au programme comme toujours, le label Copilot+ qui n’offre pas grand-chose de très intéressant pour le moment.
Reste à noter que plateforme ARM oblige, tout n’est pas forcément compatible avec ce PC portable. Mais voilà : la situation par rapport au lancement des Qualcomm Snapdragon X Elite de première génération a bien évolué. Qu’il s’agisse des logiciels du quotidien, comme Google Chrome pour ne citer que lui, ou de gros logiciels de production audio et vidéo comme la suite Adobe, presque rien ne manque à l’appel en versions natives ARM dans l’univers Windows de nos jours.
Reste le problème de compatibilité majeur : le jeu vidéo. Si l’anti-cheat d’Epic Games est désormais compatible, permettant à la plateforme de jouer sans problème à Fortnite, tous les jeux n’apprécient pas nécessairement la conversion du code x86 vers ARM. Et si les exemples sont toujours plus rares, il n’empêche qu’il s’agit de quelque chose à méditer. Vanguard, l’anti-cheat de RIOT Games derrière Valorant, empêche le lancement de ses jeux par exemple, quand celui de Valve s’en fiche éperdument et vous permettra de profiter de Counter Strike 2 sans aucun problème.
Dans l’absolu, mieux vaut pour le moment considérer la compatibilité de la plateforme comme celle d’un Steam Deck sous Linux de nos jours : la grande majorité fonctionnera (si la puissance est suffisante bien sûr), mais mieux vaut se renseigner avant achat sur ce qui ne fonctionnera pas pour éviter les déceptions une fois l’appareil en main. Nous vous conseillons le site “worksonwoa.com” pour un aperçu.
On achète ?
Si le manque de compatibilité était un point majeur de la première version des SoC Qualcomm Snapdragon X Elite, il faut admettre que de nos jours, seuls certains usages très précis seront véritablement bloqués. Les jeux vidéo font partie des plus sensibles, particulièrement ceux compétitifs qui demandent l’installation d’un programme anti-triche, quand la grande majorité des programmes de production et de création sont aujourd’hui parfaitement compatibles.
Que reste-t-il alors ? Un Asus Zenbook A16 terriblement séduisant, qui intègre ce qui est à ce jour le processeur le plus puissant disponible pour les ultrabooks sur le marché. Et côté circuit graphique intégré, l’Adreno X2-90 se place bon second, très honorable sur ses performances si l’on ferme les yeux sur la compatibilité.
Pour quiconque cherche un PC très facilement transportable, léger et puissant à la fois, qui offre un très haut niveau de qualité de fabrication, l’Asus Zenbook A16 se place comme l’une des stars de l’univers des ultraportables de cette année 2026. Son prix face à la crise de la RAM est d’ailleurs assez contenu, dans le contexte. Attention par contre : si vous travaillez beaucoup en extérieur, les reflets sur l’écran pourront fortement vous gêner.















