Refuser les cookies ne sert à rien, voici comment Google, Meta et Microsoft continuent de vous pister
Un audit indépendant vient de révéler une pratique massive. Google, Meta et Microsoft continuent de déposer des cookies publicitaires même quand les utilisateurs refusent explicitement. Un ancien responsable de Google tire la sonnette d'alarme.
La protection de la vie privée en ligne est au cœur des débats depuis plusieurs années. Les bannières de cookies promettent aux utilisateurs un contrôle sur leurs données. Pourtant, Meta a déjà été épinglée pour avoir exploité des informations sensibles à l'insu de ses utilisateurs. Ces pratiques alimentent une méfiance croissante envers les géants de la tech.
Dans ce contexte, Google a abandonné son projet censé remplacer les cookies publicitaires dans Chrome, laissant le pistage traditionnel en place. Un moteur de recherche axé sur la vie privée, webXray, a décidé d'aller plus loin. Son fondateur Timothy Libert est un ancien responsable de la politique cookies chez Google, qu'il a quitté en 2023. Il a mené un audit sur plus de 7 000 sites populaires en Californie en mars 2025, en analysant le trafic réseau pour vérifier si les refus de cookies étaient bien respectés.
Google ignore vos refus de cookies 87 % du temps, Meta et Microsoft ne font pas mieux
Les résultats de webXray sont sans appel. Sur les sites analysés, 55 % déposaient des cookies publicitaires malgré un refus de l'utilisateur. Google affiche le taux d'échec le plus élevé, avec 87 % de non-respect des refus. Meta suit avec 69 %, et Microsoft avec 50 %.
L'audit soulève aussi un conflit d'intérêts. Google certifie les plateformes de gestion du consentement censées faire respecter ces refus. Or, aucune des trois plateformes testées ne fonctionne correctement, avec des taux d'échec allant de 77 % à 91 %.
Les trois entreprises contestent les conclusions. Google parle d'une incompréhension fondamentale de son fonctionnement. Meta et Microsoft avancent des arguments techniques pour justifier le dépôt de certains cookies. Timothy Libert balaie ces explications. Pour lui, la correction ne nécessite qu'une seule ligne de code supplémentaire côté serveur. Il dénonce surtout l'inefficacité des régulateurs, qui infligent des amendes que les géants absorbent sans modifier leurs pratiques. Ces sanctions sont, selon lui, devenues une simple ligne budgétaire. L'audit a été transmis aux autorités de régulation californiennes, qui n'ont pas encore réagi.
