Recharge éclair et autonomie boostée, l’un des derniers remparts des batteries solides vient de sauter
Les batteries solides promettent depuis des années des voitures électriques plus endurantes et plus rapides à recharger. Un défaut tenace freinait pourtant leur arrivée sur nos routes. Des chercheurs viennent d'en identifier la cause et proposent déjà une solution.

La voiture électrique attend depuis longtemps une rupture majeure du côté de ses batteries. Les modèles actuels reposent sur un électrolyte liquide, plus lourd, plus lent à recharger et parfois sensible aux départs de feu. La version solide rebat les cartes, avec une meilleure autonomie et une recharge bien plus rapide. Pourtant, cette technologie qui doit doubler l'autonomie des voitures électriques n'est toujours pas disponible dans nos véhicules. Un obstacle technique la retient encore loin des lignes de production.
Cet obstacle porte un nom, les dendrites. Ces minuscules pointes de lithium métallique poussent à l'intérieur de la batterie solide et finissent par la court-circuiter. Le phénomène abîme la cellule et rend la technologie difficile à industrialiser, alors même que la Chine se dit prête à produire des batteries solides en masse. Comprendre pourquoi ces excroissances se forment restait un mystère depuis des années. Une équipe de scientifiques vient d'apporter une réponse claire.
Les batteries solides butaient sur un mal caché que des chercheurs viennent d'élucider
Des chercheurs du MIT et de l'Université technique de Munich ont percé l'origine du mal qui ronge les batteries solides. Selon l'étude publiée dans Nature Nanotechnology, l'électrolyte solide est fait d'innombrables grains microscopiques, séparés par des frontières appelées joints. Ces zones portent un déséquilibre électrique caché qui bloque le passage des ions lithium. Les électrons s'y accumulent alors et déclenchent la formation des dendrites. En ajustant la fabrication du matériau, l'équipe a fait circuler le courant plus de 300 % mieux qu'un échantillon de référence.
Ce gain se traduit par une charge et une décharge plus rapides, avec une durée de vie allongée pour la cellule. Le résultat provient toutefois d'un essai de laboratoire, encore loin d'une production en série. D'autres verrous demeurent, notamment le coût élevé et la fabrication à grande échelle sans défaut. Les industriels développent leurs propres méthodes pour éliminer ces excroissances avant d'équiper de vraies voitures. Cette découverte leur offre au moins une piste vraiment précieuse pour y parvenir.