Pour nourrir l’IA, l’Europe vous prépare une mesure qui va faire grincer des dents
L'intelligence artificielle réclame des quantités d'électricité de plus en plus folles. Pour éviter la saturation du réseau, l'Europe se tourne vers une cible inattendue. Ce sont les ménages qu'on appelle à faire l'effort.

La course à l'intelligence artificielle bouleverse les équilibres énergétiques du continent. Partout, les centres de données se multiplient pour soutenir cette technologie gourmande. Leur soif de ressources crée des tensions de plus en plus visibles. Aux États-Unis, un data center vidait en secret le réseau d'eau d'un quartier pendant que les habitants étaient priés d'économiser. Le même genre de conflit gagne désormais l'Europe, où l'électricité devient une ressource disputée.
L'appétit de ces infrastructures atteint des sommets vertigineux. Pour alimenter son IA la nuit, Meta a récemment signé un accord énergétique présenté comme le plus fou de son histoire. Ces besoins colossaux pèsent directement sur les réseaux nationaux. La Commission européenne a donc décidé de réagir. Sa mesure vise les particuliers plutôt que les géants du numérique.
Pour nourrir l'IA, l'Europe demande aux foyers de réduire leur consommation d'électricité aux heures de pointe
La Commission européenne a lancé cet appel le 3 juin, dans un paquet officiel dédié à l'efficacité énergétique des centres de données. Elle invite les ménages du continent à diminuer leur usage de l'électricité pendant les pics de demande. La cause avancée reste claire. Les centres de données liés à l'IA, combinés à l'électrification rapide, saturent les réseaux européens. Le texte introduit aussi un système de notation des installations. Il prépare de futures normes minimales de performance pour les opérateurs. L'objectif est de séparer les exploitants efficaces des plus gaspilleurs.
L'Irlande offre l'exemple le plus frappant de ce déséquilibre. Ses centres de données engloutissent désormais plus de 22 % de l'électricité nationale, un record mondial par habitant. Dublin a même refusé un projet de Google, faute de capacité réseau suffisante. Les factures des particuliers pourraient grimper de 20 à 40 % dans les zones très concentrées, comme Paris en France ou Slough au Royaume-Uni. Le programme de gigafactories de l'Union prévoit pourtant cinq sites d'un gigawatt chacun. Chaque installation engloutira l'équivalent de plus de 700 000 logements. Difficile de demander aux citoyens des économies quand on bâtit de tels monstres énergétiques.