Nvidia RTX Spark : malgré les apparences, la nouvelle puce surpuissante ne s’adresse pas aux joueurs
Ça y est, après des jours de teasing intense, Nvidia a levé le voile sur ce qu'il promet être la prochaine grande révolution du marché PC : sa puce RTX Spark. La promesse : des performances similaires à ses cartes graphiques mobiles récentes, pour une consommation bien moindre. De quoi attirer les joueurs sur PC portable ? Pas exactement. On vous explique.
C'était l'annonce que tout le monde attendait à cette dernière édition du Computex. Nvidia et Microsoft s'étaient alliés pour teaser ce qu'ils annonçaient déjà comme une grande révolution du marché PC. Hier, Jensen Huang a donc ouvert le bal de l'événement avec la dernière innovation du constructeur. Voici RTX Spark, le premier processeur de l'entreprise. Pour l'occasion, celle-ci a vu les choses en grand. En très grand, même, si l'on en croit ses promesses.
En effet, Nvidia ambitionne ni plus ni moins que de faire entrer le marché des PC portables dans une nouvelle ère. Une puce flambant neuve, d'accord, mais pas n'importe comment. Contrairement à ce que l'on aurait pu attendre de la part de la firme, pas question ici de carte graphique mobile, avec sa propre VRAM dédiée. Ici, tout est compris dans une seule et même puce. Et, paraît-il, beaucoup plus efficace que ses comparses.
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Le RTX Spark, c'est quoi ?
Voyons donc ce qu'embarque ce fameux processeur. Pour commencer, Nvidia fait le choix de la radicalité en basant son processeur l'architecture ARM, contrairement au x86 beaucoup plus répandu aujourd'hui. Un choix loin d'être anodin, puisque cela signifie que tous les PC Windows qui seront équipés de la puce seront des PC Windows ARM. La puce est gravée en 3 nm par TSMC et comporte pas moins de 70 milliards de transistors sur deux chiplets.
Concrètement, la puce intègre à la fois une partie CPU, une partie GPU et une mémoire unifiée (à savoir un combo RAM classique et VRAM). On retrouve donc un CPU Grace de 20 cœurs — bien connu d'un certain type d'utilisateurs, mais on y reviendra. La partie GPU est assurée par un Blackwell de 6144 cœurs CUDA, a priori aussi puissant qu'une GeForce RTX 5070 son petaFLOP de puissance de calcul. Le tout bénéficie de jusqu'à 128 Go de RAM (tout de même) LPDDR5X à la bande-passante de 300 Go/s.
C'est du côté des performances que les choses deviennent vraiment intéressantes. Si Nvidia reste pour le moment très discret sur la puissance du CPU, évoquant simplement des performances similaires à la concurrence haut de gamme sur Windows, le constructeur promet une bande-passante totale cinq fois supérieure à celle du PCIe de 5e génération, rien que ça. Mais surtout, celle-ci ne se fait pas au détriment de la consommation, puisque Nvidia assure qu'elle ne dépassera pas les 80 watts, contre les 100 et quelques watts de la plupart des RTX 5000 mobiles actuelles. Mieux encore, les performances seraient similaires lorsque le PC est branché sur secteur et lorsqu'il ne l'est pas.
Tout cela est donc bien alléchant pour les gamers qui souhaitent rester sur une machine portable. Nvidia en a bien conscience et annonce d'ores et déjà du 100 FPS stable en 1440p sur Fortnite, Cyberpunk et Doom, le tout sans les ventilateurs qui donnent l'impression que son PC s'élance sur une piste d'atterrissage. Pas de doute, tout cela a bel et bien des allures de révolution. Mais pour qui, exactement ?
Non, le RTX Spark ne se destine pas aux gamers
A fortiori, puisqu'il s'agit de Nvidia et au vu des performances annoncées, il semble évident qu'une telle puce profitera avant tout aux joueurs PC. Mais, on aurait presque envie de dire que puisqu'il s'agit de Nvidia et au vu des performances annoncées, les joueurs ne sont pas vraiment la priorité. En effet, cela fait un certain temps maintenant que le cœur de l'activité de Nvidia n'est plus la gaming, mais bien l'intelligence artificielle. C'est en tout cas cette dernière qui a propulsé l'entreprise au rang de société la mieux cotée en Bourse du moment, avec presque 5000 milliards de dollars de capitalisation boursière au compteur.
Autant dire que ce sont bien les utilisateurs d'IA que Nvidia a d'abord en tête en imaginant son RTX Spark. Et pour cause, la puce a surtout un objectif en tête : faire tourner des LLM en local, sans devoir passer par un service cloud (et donc payer les tokens associés). La firme précise d'ailleurs que la puce est capable de faire tourner des agents avec 120 milliards de paramètres. Ajoutons à cela l'architecture ARM, pas vraiment la plus populaire auprès des gamers à cause de soucis de compatibilité avec de nombreux jeux. En vérité, Nvidia se positionne plutôt en face des récentes M5 Pro et M5 Max d'Apple, prisées pour leurs performances graphiques.
Faut-il pour autant bouder la RTX Spark pour le gaming ? Encore difficile à dire. Nvidia ne semble pas pour autant oublier ses premiers clients et, si ses promesses sont tenues, force est de constater que la puce sera on ne peut plus compétente dans le domaine. Mieux vaudra en revanche bien se renseigner sur la compatibilité des jeux auxquels vous comptez jouer, et surtout sur les différents modèles (notamment en termes de quantité de mémoire) qui seront disponibles.
Pour l'heure, quelques modèles de PC qui embarqueront la puce ont déjà été annoncés :
- ASUS ProArt P14 et P16
- Dell XPS
- HP Omnibook X14 et Omnibook Ultra 16
- Lenovo Yoga Pro 9N
- Microsoft Surface Laptop Ultra
- MSI Prestige N16 Flip AI+


