Netflix révèle combien de ses programmes ont déjà eu recours à l’IA générative
Netflix vient de communiquer ses résultats trimestriels, et un chiffre y détonne. La plateforme quantifie pour la première fois l'usage de l'IA générative dans ses productions. Ses films et ses séries en sont désormais truffés bien plus qu'on ne le pense.

L'intelligence artificielle générative s'installe peu à peu dans les studios de cinéma et de télévision. Les producteurs y voient un moyen de créer des décors ou des foules à moindre coût. Les syndicats d'acteurs et de techniciens redoutent au contraire une vague de suppressions de postes. Netflix avance sans complexe sur ce terrain. La plateforme a publié en avril son modèle VOID, capable de supprimer un objet d'une vidéo et de reconstituer le décor derrière lui.
Le géant du streaming ne s'arrête pas aux outils techniques. Un studio interne baptisé INKubator planche sur des courts-métrages d'animation fabriqués avec l'IA générative. Netflix a également racheté InterPositive en mars, une société fondée par l'acteur Ben Affleck, pour un montant pouvant atteindre 600 millions de dollars (environ 550 M€). L'équipe rachetée compte seize personnes seulement, et le ratio donne le vertige. La plateforme vient maintenant de chiffrer l'usage réel de la technologie dans son catalogue.
Netflix a produit 17 minutes d'images assistées par IA dans une seule docusérie
Le chiffre figure noir sur blanc dans un document financier. Selon la lettre aux actionnaires de Netflix, environ 300 programmes ont eu recours à l'IA générative depuis le début de l'année. La technologie intervient à toutes les étapes, de la conception à la prévisualisation, jusqu'à la post-production et la livraison. L'essentiel du travail se concentre sur cette phase finale. La plateforme cite la série indienne Glory, la mini-série brésilienne Brasil 70 et la docusérie The American Experiment. Cette dernière contient 17 minutes d'images retouchées par intelligence artificielle.
Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, défend cette stratégie avec des arguments concrets. Une séquence documentaire aurait été produite deux fois plus vite et pour moitié moins cher qu'avec les méthodes traditionnelles. Le dirigeant assure que les films restent fabriqués par des humains. Les économies dégagées seront réinvesties dans de nouveaux programmes plutôt que retirées du budget. Reste que 300 titres en six mois représentent près d'un tiers du catalogue actif, et Hollywood observe ce basculement avec une inquiétude grandissante.