Les lunes glacées pourraient abriter la vie même après avoir été brisées en millions de morceaux
Des simulations montrent qu’après une collision entre une lune glacée et d’autres astres, elle parvient à recréer son océan souterrain. Autrement dit, ce qui lui permet de potentiellement voir la vie émerger en son sein.

Là où il y a de l’eau, il y a possiblement de la vie. Cette phrase, vous l’avez probablement entendu au moins une fois au détour d’une conversation à propos de l’espace. Si la Terre est aujourd’hui peuplée de végétaux et d’animaux, c’est en grande partie grâce à la présence des océans. C’est pourquoi les astronomes s’intéressent tout particulièrement aux astres glacés, généralement des lunes. Par exemple Europe, celle de Jupiter.
Et ce n’est pas uniquement parce que la glace est de l’eau à l’état solide. Sous la surface de ces lunes, on peut trouver des océans souterrains, protégés des rayonnements et potentiellement riches en éléments chimiques susceptibles de lancer la machine de la vie. Mais dans l’espace, il n’est pas rare que des planètes entrent en collision, éparpillant leurs morceaux aux quatre vents. La question est donc de savoir si même après un tel événement, une lune glacée peut conserver son océan caché. La réponse est oui.
Une lune glacée pulvérisée après une collision cosmique peut recréer son océan souterrain
Vous vous en doutez, les scientifiques ne vont pas attendre d’observer un tel phénomène et ses conséquences pour vérifier ce qui arrive. Ils ont donc procédé à des simulations. Et selon l’adage « qui peut le plus peut le moins », les équipes de Marc Neveu de l’Université du Maryland n’y sont pas allées de main morte. « Ces simulations correspondaient aux collisions les plus violentes que nous pouvions imaginer. Si celles-ci n’ont eu aucune incidence, il est peu probable que des collisions de moindre ampleur en aient une », explique le directeur de la recherche.
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Deux simulations distinctes ont eu lieu en réalité. La première reproduit une collision cosmique, où un astre se fracasse contre un autre. Il s’agit d’observer comment les innombrables fragments de roche et de glace brisés vont chauffer et se rassembler à nouveau. Pour rappel, c’est ainsi que notre Lune se serait formée, selon la théorie la plus communément admise. Après l’impact entre la proto-Terre et une protoplanète de la taille de Mars appelée Théia, des débris se seraient amalgamés en quelques heures en orbite autour de notre planète. La Lune.
La deuxième simulation reproduit l’évolution thermique de l’intérieur d’une lune sur plusieurs milliards d’années. Elle permet d’étudier, entre autres, si la glace a la possibilité de fondre pour former un océan sous la surface. En combinant ces deux approches, les équipes ont créé deux lunes, de 500 et 1 000 kilomètres de rayon respectivement, les ont fait entrer en collision avec des roches plus petites, puis ont fait passer l’équivalent de 4,5 milliards d’années. Il s’avère que la taille de la lune initiale joue un rôle dans ce qui se passe après.
Des résultats encourageants pour des missions à venir de la NASA
« Pour les lunes de grande taille, l’énergie de la collision se transforme en un surplus de chaleur susceptible d’épaissir un océan existant pendant quelques milliards d’années. Pour les lunes plus petites, la situation s’inverse. Avant une collision, ces petites lunes possèdent une couche externe hétérogène, composée d’un mélange de glace et de roche, qui agit comme une couverture isolante en retenant la chaleur nécessaire au maintien d’un océan », précise Neveu.
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Mais « l’impact disloque l’ensemble. Lors de la reformation de la lune, la roche sombre vers le centre tandis que la glace remonte en surface. Il devient alors plus difficile pour la petite lune de conserver un océan, car la couverture isolante a disparu ». En revanche, que la lune soit grande ou petite, « dans aucun des deux cas une collision n’a créé un océan qui, autrement, serait resté gelé ». De quoi conforter la NASA dans ses choix d’étudier prochainement plusieurs lunes glacées de Saturne ou Neptune.
Source : University of Maryland