Atteindre l’océan de cette lune de Jupiter serait bien plus difficile que prévu, voici pourquoi
L’océan enfoui sous la glace d’Europe reste la piste la plus sérieuse pour trouver de la vie ailleurs. Deux sondes filent déjà vers cette lune de Jupiter pour l’examiner de plus près. De nouvelles simulations montrent pourtant que cette eau ne monte jamais là où elles pourront l’observer.

Plusieurs lunes du système solaire cachent de vastes réserves d’eau liquide sous une épaisse couche de glace. Ces mondes retiennent bien plus l’attention que les cailloux stériles peuplant le voisinage de la Terre. Les geysers d’Encelade perturbent le champ magnétique de Saturne. Ces panaches offrent un avantage précieux aux astronomes, puisqu’ils projettent dans l’espace des échantillons venus des profondeurs. Une sonde peut les analyser sans jamais toucher le sol de ces astres.
La recherche de vie mobilise aussi les astronomes bien au-delà de Jupiter. Une exoplanète proche du Système solaire réunit presque toutes les conditions nécessaires à la vie. Europe reste pourtant la cible la plus accessible, avec une réserve d’eau contenant plus du double de tous les océans terrestres. Aucun panache n’a jamais été confirmé au-dessus de cette lune glacée. Les chercheurs comptaient donc sur des poches liquides peu profondes, piégées dans la croûte et alimentées par le bas.
Les fractures de la banquise d’Europe se referment en quelques heures sous l’effet du gel
Europe garde son eau bien plus efficacement que prévu. Selon une étude publiée dans Nature Astronomy, l’eau remonte le long des fractures en tourbillonnant contre les parois gelées. Elle perd alors sa chaleur en très peu de temps. Sa température descend sous le point de congélation sans qu’elle se solidifie aussitôt. Les scientifiques parlent de surfusion. De minuscules cristaux se forment ensuite et bouchent le passage, parfois en quelques heures seulement.
Les simulations menées par Lujendra Ojha, planétologue à l’université Rutgers, écartent aussi la piste des fractures très larges. Ces canaux devraient être irréalistement longs ou extrêmement nombreux pour éviter le gel. Europa Clipper arrivera près de Jupiter en avril 2030 et effectuera 49 survols rapprochés. La sonde européenne JUICE suivra en juillet 2031. Si ces engins repèrent des poches liquides près de la surface d’Europe, elles viendront sans doute d’une fonte locale survenue dans la croûte, et non de l’océan profond. La communauté scientifique devra donc interpréter ces signaux avec beaucoup plus de prudence.