Ces cratères lunaires vieux de 3 milliards d’années cachent un secret que les scientifiques viennent de percer
On sait depuis longtemps que la Lune cache de la glace dans ses cratères les plus sombres. Ce qu'on ignorait, c'est pourquoi certains en contiennent bien plus que d'autres. Une nouvelle étude apporte enfin la réponse.

La Lune est redevenue le centre de toutes les attentions. Début avril, la mission Artemis II a pulvérisé le record de distance humaine dans l'espace en atteignant 407 000 kilomètres de la Terre. Ses astronautes ont photographié sa face cachée avec des technologies modernes. Dans ce contexte de renouveau lunaire, chaque nouvelle découverte scientifique prend une résonance particulière.
La question de la glace lunaire intéresse les chercheurs depuis des décennies. On sait qu'elle se concentre dans les cratères du pôle sud, là où l'ombre est permanente et les températures glaciales. Mais sa répartition très inégale restait inexpliquée. Une étude publiée dans Nature Astronomy le 7 avril 2026 apporte enfin une réponse inattendue.
Les cratères lunaires les plus vieux seraient ceux qui renferment le plus de glace
Selon les travaux de Paul Hayne, chercheur à l'université du Colorado, les cratères les plus longtemps dans l'ombre sont ceux qui contiennent le plus de glace. Le cratère Haworth, plongé dans l'obscurité depuis plus de 3 milliards d'années, affiche les signaux radar les plus forts. Cette corrélation suggère que la Lune accumule de la glace en continu depuis au moins 3 milliards d'années. Un seul grand impact cométaire ne peut donc pas expliquer ces réserves.
Les chercheurs évoquent plusieurs sources possibles. De multiples impacts d'astéroïdes et de comètes, le volcanisme ancien ou le vent solaire auraient alimenté ces dépôts progressivement. Le vent solaire projette des atomes d'hydrogène sur la surface lunaire. Ces atomes peuvent se combiner avec de l'oxygène pour former de l'eau. Une récente étude a d'ailleurs montré que de l'oxygène terrestre migre vers la Lune depuis des milliards d'années.
Ces résultats tombent au bon moment. La glace lunaire représente une ressource précieuse pour les futures missions habitées. Elle pourrait produire de l'eau potable, de l'oxygène et du carburant sur place. Paul Hayne développe un instrument thermique, le L-CIRiS, prévu sur la Lune fin 2027 pour cartographier ces réserves avec encore plus de précision.